LEONE TETE
AR Ve
Christ, nous raconteraient sa politique et ses guerres. De: foules attentives seraient suspendues aux lèvres des moines vêtus de bure : d'autres défileraient en portant de saintes bannières et en chantant des psaumes. Des hommes qui n'ont pas laissé de noms, parce qu'ils ‘“aimaient trop Dieu pour aimer la gloire”, élèveraient dans l'espace un gigantesque reliquaire qui serait, à votre choix, la cathédrale de Cologne, de Strasbourg, de Fribourg, de Chartres, de Reims, d'Auxerre, d'Amiens. de Beauvais, la sainte Chapelle, Saint-Denis, la façade de Notre-Dame et tant d'autres encore; du granit des portails naitraient des rangées d'anges et dé saints peuplant les niches et les ogive: ‘ans l'élancement dn gothique, à travers à tte splendide végctation de la pierre, toute l'âme du siècle semblerait monter vers le ciel.
Plus haut, dans la scène supérieure qui serait le Parnasse chrétien, à la place d'Homère et de Dante, de Virgile et de Pétrarque, quelle lumineuse pléiade de génies auréolés
de sainteté il faudrait placer, assis sur des
chaires portées Par des nuages, dans une immuable sérénité !
Îl y aurait Vincent de Beauvais, vêtu de la robe blanche du frère prêcieur, dont saint Louis s'était fait le moniteur, Pour que nulle de ses heures ne fût perdue Pour la postérité. Il tiendrait sur Ses genoux un livre Ouvert, Sur lequel on lirait ce titre : Specr/ume Majus. Dans ce livre, appelé le Grand Miroir, se reflètent tous les aspects de la création, toutes les sciences humaines et toutes les sciences divines, si bien que ce miroir est un réflecteur de la pensée de Dieu.
Îl y aurait Alexandre de Halès, vêtu de la robe brune de saint François, un doigt levé dans un geste de docteur, la bouche entr'ouverte pour parler, Alexandre reprend cette philosophie aristotélicienne qu'un concile de Paris avait interdite, Parce qu'Avicenne et, après lui, Simon de Tournay et d’autres l'avaient tournée contre la religion, et de cette philosophie il s'empare et en fait un instru. ment de démonstration chrétienne qui terrasse d'admiration ses auditeurs.
Il y aurait Roger Bacon, vêtu de la robe du frère mineur, avec des yeux de prophète plongeant sur l'avenir. Théologien, philosophe, helléniste, orientaliste, mathématicien, astronome, physicien, chimiste, il est la gloire di demain. La main appuyée su- un globe terrestre, il dit aux hommes : Touchez la nature, on la connaît mieux en la palpant une heure qu'en spéculant sur elle un siècle ; il apprend aux savants de demain la méthode expérimentale dont ils ont tant abusé. Dans sa tête puissante toutes les découvertes de la science moderne serment mystérieusement, Tout ce qu'il n'a pas vérifié, il l'a entrevu ; tout ce qu'il n'a pas démontré, il l'a soupçonné : la réfraction de la lumière, la densité des corps, la sphéricité du globe, la nature du feu, la grandeur du soleil, le centre de gravité, la lumière sidérale. JT découvre les détonants, indique les erreurs du calendrier Julien trois siècles avant sa correction, devine la boussole, pro phétise l'électricité et la locomotion indépendante des forces vitales. Tont ce qu'ont
réalisé les sciences et les siècles flotte dans D
RATS Po
son génial cerveau; tout est moyen à cette âme géante pour chanter Dieu : Pexedicite omnia opera Domini Domino.
Il y aurait Albert le Grand, vêtu de la robe du frère prêcheur, wagnus in maçia natural, major tn philosophia, maximus in lheologta.
Il enseignait sur les places publiques, parce
que nulle salle ne pouvait contenir ses audi-
teurs enthousiasmés. Son regard d'aigle devina parmi eux nn disciple dont il prédit les destinées glorieuses et dont le génie devait dominer le sien, dominer le siècle, dominer le monde.
[y aurait saint Bonaventure, vêtu de la robe du franciscain, avec des yeux d'extase perdus dans l'infini. Sur ses lèvres la mystique éclôt comme une fleur nouvelle dont les âges seront embaumés. Candide génie, dont son maître, Alexandre de Halès. disait qu'il semblait que “le péché d'Adam n'avait point passé à travers le cœur de frère Bonaventure”
Enfin, dominant tout, dans une gloire, il y aurait saint Thomas d'Aquin, vêtu de la robe
des frères prêcheurs. Comme Apollon rythme
avec son archet tous les mouvements du Parnasse, la pensée de saint Thomas bat la mesure à la pensée universelle. Pour le grand monument de la science sacrée, tous les autres ont réuni des matériaux ; il est le Salomon, l'architecte et le constructeur du temple. Il joint la plus puissante raison que peut-être le monde ait connue, à la foi la plus sincère et la plus forte; à une persévérance que rien ne lasse il unit une intuition d'une extraordinaire profondeur. De ce formidable cerveau jaillit sur le monde la plus vaste synthèse de toutes les sciences. Il réalise le rêve de toutes les antiques philosophies. Il réunit tout ce qu'on peut savoir de Dieu et de l'homme, et des rapports entre l'homme et Dieu. Le monde de la nature et le monde de la grâce sont sa conquête ; les deux clartés se mélent en son âme sans se confondre, s'expliquant l'une l'autre. Pas un instant, dans l'immense exploration qu'il fait à travers la science de Dieu, 1l n'oublie l'homme, et pas un isstant il n'oublie Celui qui est son principe et sa fin. Son œuvre
est un resplendissement de tous les deux, et
jusqu'à la fin des âges, cet homme sera un soleil au firmament de l'Église,
Le voilà le Parnasse du xur siècle. Et sur toutes les lèvres vibre un mot qui règle et éclaire leur génie : Credo ut intelligam. Croire pour comprendre ; être un grand croyant, pour être un grand chercheur : c'est la vérité mère dont notre siècle absolument n'a pas voulu.
I a dit que la foi était une pétrification intellectuelle. Il faut s'entendre sur les mots: ce n'est pas une pétrification, c'est une pierre, et cette pierre est un point d'appui, et on ne soulève rien sans point d'appui. Archimède en voulait tn pour soulever le monde. Le voilà, Messieurs, il est de Dieu, et s'appelle la foi : mais le levier est de vous, il s'appelle la science : Credo ut intelligam.
J'espère, Messieurs, que vous ne me demanderez pas quel rapport il y a entre les deux scènes du tableau que je viens de vous peindre ; en bas l'action, en haut des physionomies sereines qui semblent y rester étrangères. Tous les bruits du monde meurent au
pied de leur chaire ou sur le seuil de leur cou-
vent. Dans la forêt des «œuvres de saint Bonaventure et de saint Thomas, il est rare de rencontrer un écho des événements dont ils furent contemporains, et il en est de formidables. Les empires s':ffondrent, Constantinople suit Jérusalem, ic colosse germanique tremble sur ses bases, la barbarie s'étale lentement sur l'Europe, les papes prennent la route de l'exil, les croisades se continuent, l'Orient et l'Occident sont en feu, et savants, rien ne les détourne de leurs recherches patientes ; philosophes, rien ne trouble leurs spéculations sereines ; théologiens, leur enseignement tranquille ; mystiques, leurs contemplations célestes. Si saint Bernard nous apparait dans l'action, remuant les peuples et les rois, ceux-là, au contraire, à cette distance de sept siècles, nous les voyo::5, dans leurs chaires de docteurs, n'émettant que des doctrines.
Hors de l’action, croyez-vous qu'ils aient été sansaction? Messieurs,ils l'ont toute créée l'ac. tion, parce qu'ils ont créé l'idée du siècle. C'est par leurs cerveaux que pensaient les
peuples et les rois. C'est leur pensée qui était
au bout de l'épée des soldats, du pinceau des peintres de vitraux, de la truelle des constructeurs de cathédrales. De leurs chaires, l'idée descendait, rigans de superioribus, dominant les réalités, et c'était l’idée dont ils em-
plissaient l'âme sociale, safiabitur lerra, qui
jugeait sous le chêne de Vincennes, qui com-
battait sous l'armure des croisés, qui montait
ciel avec les cathédrales. Ils ont fait le x siècle,
Messieurs, conclue. Les conclusions sortent de l'histoire. Toutefois, laissez-moi vous dire le regret que j'éprouve à ne pouvoir les développer comme je l'aurais voulu. Hélas !
la précipitation que j'ai dû mettre à réunir ces pensées m'a enlevé le loisir de songer à la mesure.
En face de ce xim° siècle, si brillant et si saint, mettez le nôtr:, si vous pouvez. Comme dans le xuni', la foule se crée un Parnasse, sur lequel son admiration place des hommes
qu'elle croit les géants de la pensée. Regar-
dez ceux qu'elle à déifiés et nommez-les dans votre for intime. OQuelques-uns ont disparu dans une mort sonore et lamentable : les survivants ne valent pas mieux que les morts.
Jamais époque vit-elle ce que nous avons la désolation de voir? Ceux qui passent pour les plus beaux joueurs de lyre, pour les plus beaux remueurs d'idées, pour les plus perspicaces psychoiovues, les plus habiles manieurs de plume, de cornue, de loupe, de scalpel, tous, sauf de très-rares exceptions, ont tourné le dos à l'autel.
Comment voulez-vous qu'un peuple résiste à cela? C'est toujours le même phénomène d'infiltration : rioans de superioribus. Les doctrines de la négation s'épandent de ces haute... ,usque dans le piètre feuilleton du journal; et l'âme populaire envahie se trouve matérialiste, sans avoir lu Littré : incrédule, sans avoir lu Renan; positiviste, sans avoir lu Comte. Elle tombe d'admiration devant cette science qui apprivoise la foudre, pèse de l'impondérable, mesure de l'infini, nie Dieu et
l'âme, parce que Dieu et l'âme ne se peuvent
ranger au chapitre des gaz. Quand elle la voit en état de tout dompter, elle la croit en état de tout expliquer, Elle subit la fascina tion de ces hommes, de ces noms, du bruit qu'on fait autour d'eux. Dernièrement encore j'ai rencontré un homme à l'âme aussi droite qu'un autre. I ne fait pas baptiser ses enfants parce qu'Alexandre Dumas ne faisait pas baptiser les siens. Il est si puissant cet homme moderne qui jette sa pensée par delà les océans en pressant sur un bouton, que l'orgueil humain s'est enivré. Il proclame que le monde est sans mystère, puis que bientôt il saura tout, et que, sachant tout, il pourra tout se promettre et tout se permettre. C'est une loi d'équilibre qu'affirmait Cousin, que les grands Espries ‘“entrainent après eux tout le
reste ”.
Quelques indépendants, au regard serein, comme celui dont le nom flotte sur vos lèvres, vient bien que de nouveaux mystères sur gissent sous les pas à mesure qu'on en dévoile quelques-uns ; que le rideau recule à mesure
que la science avance, et que derrière, le
redoutable inconnu se trouve toujours : que nos désirs croissent à mesure que nous créons des merveilles pour les satisfaire, et ils ont le loyal courage de parler de la faille de la science, Ah! Messieurs, il faut s'entendre.
Sans doute elle à fait faillite, si son entreprise était de détrôner Dieu; mais en se précipitant contre Lui comme une avalanche qui dévale de nos Alpes, combien elle à déraciné de principes, culbuté de croyances, ravagé d'espoirs !
Cette catastrophe à ému les âmes qui sont restées sur les hauteurs, et par réaction elles sont retournées au spiritualisme, à un état d'esprit indéfinissable qu'on a appelé le néochristianisme, le néo-mysticisme, Ce mouvement là, vers ce que l'homme dont je parle appelle l'idéal, il faut l'empêcher de s'égarer, le régler, le conduire au pied du crucifix.
Le voilà, jeunes gens, votre rôle : est-il assez urand? Travaillez, escaladez les hauteurs qu'occupe l'incrédulité, délogez de leur trôre les rois de la négation, prenez leur place, sovez les poètes, les philosophes, les historiens,
les physiologistes, les orientalistes, les physi-
eee mme ; vemmeme.
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dééénséniéséenssss métiers
ciens, les chimistes, soyez la pensée du siècle qui va venir. Forcez les portes des grandes assemblées scientifiques. Je sais bien qu'on fera autour de vous la conspiration du silence, comme ils font entre eux la conspiration de la gloire, mais si c'est vous le génie, vous forcerez tout. Ce que vous voyez, saint Thomas le vit. Guillaume de Saint-Amour fit un livre retentissant pour prouver que tout était perdu si on laissait les moines envahir l’université. Que voyez-vous de changé, sinon que sont traités de moines tous ceux qui savent faire et font leur signe de croix? Le moine dont parlait Guillaume, était saint Thomas. La lutte fut chaude, on alla à Rome.
Thomas revint à Paris, son génie eut raison de tous les obstacles. Les académies ont beau se barricader ; quand on s'appelle saint Thomas, le génie enfonce les portes. Sa thèse fut un triomphe. Il avait pour texte celui que je lui ai emprunté : Aigans montes de superioribus. 11 l'appliquait à l'Église; la postérité l'a appliqué à lui-même, et aujourd'hui je l’applique à vous.
À l'assaut, jeunes gens, de cette montagne d'où l'idée descend et sur laquelle d'autres tiennent un drapeau qui vous appartient et qu'il faut reprendre !
Que s'il vous faut un encouragement tombé d'une bouche plus autorisée que la mienne, tournez-vous vers le vieux Pontife qui manœuvre d'une main si ferme encore l'aviron de l'Église. La pensée queje viens de vous développer n'est-elle pas “la pensée du règne”"? N'a-t-il pas profondément compris, le Pape, que l'œuvre maîtresse doit être de ressaisir le sceptre intellectuel ? N'est-ce point l'intention de l'immortelle encyclique qui vous poussait à retourner au docteur angélique ?
Vous pourrez changer de méthode, puisqu'on dit que celle de saint Thomas n'est pas appareillée à notre temps. Lui, il a fait la géométrie de la vérité divine. Vous ferez, si vous voulez, passer votre enthousiasme dans les tt “èmes, mais le fond restera le même.
ce am sil? c'est le problème à démontrer.
Vaidetur quod non, répond l'erreur; sed con-
tra respondeo dienduis, et vous affirmerez la
pren itniatannrnprmisemminnie rpm ee ne ne anne to meme
arms ere remis
vérité. N'est-ce point encore mu par ce dessein que Léon XIII à fondé sous ses yeux des cours de paléographie et d'orientalisme, ouvert à deux battants les portes de la bibliothèque et des archives vaticanes ? Et n'y avons-nous pas vu parfois même des ennemis de l'Église y puiser des armes contre elle ?
Saint Thomas, Messieurs, Albert le Grand.
Alexandre de Halès, Vincent de Beauvais, Roger Bacon, saint Bonaventure, ont fait le XIH° siècle, parce qu'ils en ont été la pensée : soyez la pensée du xx°, et le xx° sera un xurr°. Que Dieu m'entende !
Jeunes gens, vous n'êtes pas de ceux qui grossiront l'armée élégante et fade des parasites bien vêtus qui s’interdisent toute pensée, tout enthousiasme et toute action, pour n'être que des viveurs. Dans l'armée de ceux qui servent vous prendrez position, Dans le grand tableau que J'ai essayé de vous peindre, vous vous placerez les uns dans la scène supérieure, parmi ceux dont la fonction est d’arroser le siècle de leur pensée :
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Rigans de superioribus ; les autres dans la scène d'en bas, pour conduire l'action, Messieurs, j'ai fini. La pensée que je viens de développer comme j'ai pu, je la trouve condensée par Lamartine en deux strophes merveilleuses que je vous demande la permission
de lire :
Ainsi quand le navire aux épaisses murailles,
Qui porte un peuple entier bercé dans ses entrailles, Sillonne au point du jour l'océan sans chemin, L'astronome chargé d'orienter la voile
Monte au sommet des mât: où palpite la toile,
Et promenant les yeux de la vague à l'étoile,
[ dit : ‘° Nous serons là demain ”,
Puis, quand il a tracé la route sur la dune,
Et de ses compagnons présagé la fortune, Voyant dans sa pensée un rivage surgir,
Il descend sur le pont où l'équipage roule, Met la main au cordags et lutte avec la houle, Il faut se séparer, pour penser, de la foule
Et s'y confondre pour agir.
Jeunes gens qui avez l'ambition sublime d'être l'astronome qui monte au sommet des mâts pour orienter le navire qui dans ses entrailles berce un peuple entier, jeunes gens qui
penserez pour la foule et lui fournirez votre
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pensée; en promenant vos yeux “ de la vague à l'étoile” pour chercher la terre où il faut amarrer, n'oubliez jamais que cette terre s'appelle le ciel et que le ciel s'appelle Dieu. Au bout de toutes vos spéculations, voyez Dieu; mais souvenez-vous que le meilleur moyen de voir Dieu très-clair, c'est de rester très-purs; que le Maître a bien dit : “ Bienheureux les cœurs purs”; que, si vous ignoriez la conclusion du mot du Maître et si je vous priais de l’achever, vous diriez : “ Bienheureux les cœurs purs...” ils aimerort mieux, ils aimeront plus profondément, ils aimeront plus longtemps, parce que la fonction du cœur est d'aimer; mais que le Maître n'a pas dit : “ Bienheureux les cœurs purs, ils aimeront ”, mais : ‘“ Bienheureux les cœurs purs, ils verront ”, videbunt ; que dans ce mot de Jésus il y a toute une philosophie ; que Dieu, dès ce monde, se laisse percevoir, mais seulement à travers un objectif qui s'appelle le cœur; que l'objectif doit être limpide pour qu'on puisse voir très-clair ; que Rousseau ne savait pas dire comme l'Evangile lorsqu'il donnait ce conseil: “ Mon fils, tenez
du —
votre âme en état de souhaiter ardemment qu'il y ait un Dieu et ja nais vous n'en douterez”; que Malebranche à avancé un mot profond quand il disait à son disciple : “ Le meilleur précepte de logique que je te puisse donner, c'est de vivre en honnête homme”; et que le meilleur moyen de vivre en honnûte homme, c'est de vivre en grand chrétien, et qu'enfin il n'est pas difficile de montrer, avec les leçons de notre nature et de l'histoire, que sans cela nous ne sornmes pas logiques, parce que nous ne sommes par impartiaux.
Enfin, de temps en temps, quittez la grande hune où vous êtes perchés et d'où vous apercevez bien ; descendez au milieu de l'équipage
‘ Il faut se séparer, pour penser, de la foule # Et s'y confondre pour agir ”, Quand l'heure est à la tempête, a 1 à la manœuvre et conduisez-la ; et quand l'heure est à la bataille, soyez en tête et menez l'action pour que les soldats n'aillent pas de droite et de gauche, brûlant leur poudre sans mettre de balle dans le fusil, se contentant
du bruit que fait la fusillade sans remporter de
ES vu
succès. Nous nous débandons trop, jeunes gens, c'est le malheur de notre génération ; sur ce terrain ne nous imitez pas. Les unsetles autres, sachons marcher en rang et tirer ensemble au commandement de : Feu !
Enfin, Mesdames Messieurs, bien que nous soyons dans un théâtre, je n'oublie pas que je suis prêtre, et pour un instant, je vais faire de ce théâtre une église en adressant à Dieu une prière : Qu'Il fasse surgir pour le xx‘ siècle des cerveaux et des cœurs qui aient le génie et la sainteté des grands hommes du xur' siècle et que les peuples, en les regardant, se repren-
nent à dire: La lyre, le savoir, la vertu, le
génie, tout est à la religion de Jésus-Christ.
Ce jour-là mon rêve sera une réalité : St-Louis et Frère Æpgidius se seront de nouveau em-
brassés.
La ©
De