‹ Le xylose ou sucre de boisChapitre 2 sur 14 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

L’histoire du xylose trouve son origine dans l’étude de la composition chimique des tissus végétaux.

Jusqu’en 1838, on admettait avec Fourcroy, que le hois était formé par un principe immédiat spécial : le ligneux. Payen, le premier, porta une atteinte sérieuse à cette manière de voir, en démontrant que le bois contient, à côté de la cellulose fondamentale, une série de corps qu’il désigna, en bloc, sous le nom de matières incrustantes. Malheureusement, les résultats qu’il obtint, basés sur l’action de la potasse fondante sur la sciure de bois, ne pouvaient compter comme bien précis. Partant de cette idée, Poumarède et Figuier (1)* opérèrent à froid, avec une solution aqueuse de soude à 40%. Ils observèrent, dans ces conditions, que le bois cédait à la liqueur alcaline, une sorte de gomme, de même composition centésimale que la cellulose, et probablement analogue à la pectine de Braconnot.

Un peu plus tard, en 1879, Th. Thomson (2), reprenant les expériences des chimistes français, remarqua que cette gomme de bois {llolzgummi) se transformait, par ébullition avec les acides dilués, en

* Les chiflres entre parenthèses correspondent à l’inde-x bibliogra- ^phique qui est à la fln de cette thèse.

un sucre réducteur et infermentescible. Koch (3) prépara ce nouveau sucre à l’état de pureté et l’appela sucre de bois, pour en rappeler l’origine. Dans son mémoire, publié en 1886, il en donne, avec le mode de préparation, l’analyse et ([uelques propriétés (point de fusion, forme cristalline, pouvoirs rotatoire et réducteur, infermentescibilité, osazone) et conclue pour ce corps, qu’il rapproche de l’arabinose, à la formule C®ID'W; on ne connaissait alors que des glucoses de cette composition.

. C’est en se basant sur les observations de Koch, que Wheeler et Tollens soupçonnèrent au sucre de bois, ou mjlose, une parenté étroite avec l’arabinose dont Kiliani venait de fixer la véritable nature. Ils en déterminèrent le poids moléculaire par la méthode de Raoult, analysèrent son osazone, et purent se convaincre que le xylose devait vraiment se représenter par la formule vérifiée par la forma¬

tion du furfurol et de l’acide trioxyglutarique.

A partir de cette époque un grand nombre de recherches ont été publiées sur le xylose; sans distinguer si elles me sont personnelles ou non, elles seront rapportées à leur place respective dans le cours de cette thèse et groupées, à la fin, dans un index bibliographique. J’y ai ajouté, comme complément, un grand nombre d’observations inédites, la préparation de nouveaux composés (xylose tétracétique, xyloshydrazone, etc.),: et la détermination cristallographique que M. Wyroubofï a eu la bonté de faire à mon intention.

Avant d’aborder l’étude proprement dite du xylose, je consacrerai quelques pages à la gomme de bois.

dont la connaissance est étroitement liée à celle du sucre qu’elle engendre. Je donnerai ensuite la préparation du xylose, la description de ses propriétés physiques et chimiques, sa constitution et sa structure moléculaire, puis ses méthodes de recherche et de dosage. Un appendice sur la physiologie encore mal connue du xylose terminera l’exposé aussi complet que possible de tout ce qui a été publié sur ce corps intéressant.

C’est grâce aux moyens généreusement mis à ma disposition par Monsieur le Professeur Arnaud, dans son laboratoire du Muséum, que j’ai fait toutes mes recherches sur le xylose. Qu’il me permette de lui dédier cette thèse comme un faible hommage de reconnaissance de son dévoué préparateur.

G. Bertrand.

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