Le yacht; histoire de la navigation maritime de plaisance
10 exemplaires sur papier des nianufacLures impériales du Japon, numérolés de 1 à X, avec une aquarelle originale de G. Bourgain.
■'lO exemplaires sur papier des manulaclures impériales du Japon, numérolés de II à W.
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Peu de gens, dans la foule de ceux qui marchent depuis sept à huit ans sur des talons plats, savent exactement ce que cela signifie. Ils se disent : — Cest la mode! Elle passera demain et reviendra aux talons hauts, qui nous faisaient gagner un pouce de taille...
Erreur profonde. Les talons hauts n'iront plus au bois. La belle que voilà les a tous ramassés. Non seulement les hommes n'en portent plus, mais les femmes elles-mêmes ont renoncé à se percher sur ces échasses en miniature, qui faisaient porter le poids du corps sur les orteils et donnaient à la plus aimable Parisiome la tournure d'une autruche. Et la raison ? C'est que tout le monde, consciemment ou inconsciemment, est gagné par la saine contagion de l'athlétisme. La Erance est lasse des névrosés, des déliquescents et des morphinomanes . Elle rougit de s'être si longtemps abandonnée aux mollesses décadentes. Elle en voit le mortel danger et comprend enfin quelle est perdue sans ressource si, d'un bond comme elle les sait faire, elle ne revient aux vieilles traditions des âges préraphaélites.
Le talon plat est le symbole de cette f)i nouvelle.
Adopté d'abord par les alpinistes, les chasseurs et les soldats, comme le seul talnn pratique si l'on doit faire une longue étape sans
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rester eu cheniiu, — // if a pas tardé à gagner sou procès auprès des simples flàueurs et uièuie des paresseux eudurcis. L'absurdité de marcher eu pesaut sur la poiute des pieds, quand la nature nous a pourvus d'un calcaueum tout exprès pour porter le poids du corps, a bientôt éclaté à tous les yeux. Ceux-là mêmes qui ne l'ont pas compris l'ont senti d'instinct. On avait essayé du talon plat par genre; on l'a gardé par raison.
Il n'est pas trop tôt! Encore quelques années de Louis XV, et l'espèce humaine aurait pu être classée par les Buffons de l'avenir dans le groupe des plantigrades. C'est bien asse^ d'appartenir moralement à celui des tardigrades, si voisin des singes à queue prenante et orteil opposable!
Mais le pli est pris désormais. La France a oui'crt les yeux à la sottise des chaussures de fantaisie, par la raison qu'elle les ouvre aux périls de l'oisiveté physique. Elle comprend enfin que, faute de donner par l'exercice des muscles et du poumon un contrepoids suffisant au travail cérébral, elle finirait par mourir de maladie nerveuse et sombrer dans l'ataxie progressive. On l'a déjà dit et c'est vrai : nous entrons dans l'ère du muscle.
On l'a dit, et même on s'en est égayé, sans plus attendre. Un fringant écrivain, qui n'est jamais en retard pour attacher son grelot aux choses du jour, n'a pas manqué de prendre le vent, en fin journaliste., et de courir au plus pressé, qui était évidemment de railler un mouvement aussi bien marqué. C'est peut-être beaucoup de hâte et c'est surtout beaucoup d'esprit inis au service d'une mauvaise cause.
A qui fera-t-on croire que la haine de l'effort musculaire soit la véritable marque de la supériorité cérébrale, et que, pour avoir du génie, il soit indispensable de rester un nabot? Les bossus peuvent faire courir ce bruit tout à leur aise. On ne les prendra pas au mot. Sophocle et Euripide sont toujours la pour prouj'er le contraire, sans parle)- de Platon qui avait été lutteur de pnfession
eu sa jeunesse et qui devait son nom. dit /'histoire, à l'ampleur de ses omoplates.
En admettant même que eelafut l'rai, que l'ient faire la supériorité intellectuelle dans le cas de quatre-j'iui^t-dix hommes sur cent? Il est fort joli de dire que le cen'eau ga^ne les batailles et non pas le muscle, — quoique ce soit peu conforme à l'opinion d'un nommé Bonaparte, asse^ bon juge en la matière, apparemment. Mais, à supposer même qu'il en soit ainsi, combien d'êtres, condamnés à n'avoir jamais qu'un cerveau de second ou de quinzième ordre, feront sagement de se donner au moins des jambes pour le porter en équilibre!
Non; il n'est pas vrai qu'une poignée d'hommes déterminés puisse encore mettre en déroute une multitude aussi bien armée qu'elle. Ces choses-là se voyaient jadis aux Thermopyles, et précisément dans le cas d'une poignée d'athlètes contre une cohue de sybarites. Elles ne se j'errout plus guère, maintenant qu'un fusil à gai ou à répétition chasse l'autre, et qu'un peuple n'a pas plus tôt breveté le fulmicoton que son voisin surgit avec la dynamite.
Certes, il faut affiner et renforcer la fibre cérébrale. Mais le moyen d'y arriver est d'assurer f harmonie des facultés mentales, et cette harmonie ne peut naître que de la santé, elle-même résultant de l'exercice normal de tous les organes. Oisi]>eté d'un groupe musculaire voudra toujours dire atrophie, et qui dit atrophie dit faiblesse.
Se laisser gagner insensiblement par cette atrophie est déjà grave. La rechercher de propos délibéré, et par système, serait monstrueux. On ncnis cite M. Thiers et Louis Blanc, pour les mettre, dans l'échelle des éti'es, à cent piques au-dessus du lignard le plus robuste. Passons sur M. Thiers, qui n'est peut-être pas un type intellectuel et moral aussi surhumain qu'on pourrait le souhaiter. Mais Louis Blanc et le lignard sont deux valeurs distinctes. Une nation qui }f aurait que le premier dans ses régi-