‹ Le yacht; histoire de la navigation maritime de plaisanceChapitre 33 sur 80 · LE LOCH · texte numérisé non relu

LE LOCH

à un moment convenu, l'heure temps moyen du lieu. C'est une méthode pratique de régler les montres et les compteurs.

Faille le point estimé, c'est, étant donné le point de départ, c'eslà-dire la latitude et la longitude d'un moment quelconque, la longueur et la distance de la route faite depuis cet instant, trouver le point d'arrivée.

Pour mesurer la vitesse d'un navire, on se sert d'un instrument désigné sous le nom de loch. Le loch se compose : 1° d'une ligne graduée, à l'extrémité de laquelle on attache un flotteur appelé « bateau de loch», lesté de plomb sur un côté, de façon à se tenir verticalement dans l'eau; 2*^ d'un tour sur lequel on enroule la ligne; o" d'une baille destinée à recevoir le touret.

La ligne de loch se divise en deux parties. La première partie, comprise entre le bateau de loch et un morceau d'étamine servant de repère, est destinée à éloigner le bateau de loch du bord d'une quantité suffisante pour qu'il soit soustrait à l'influence des remous au moment où l'on commencera à compter la vitesse. La longueur de cette première partie est égale à celle du bateau pour les navires à voiles et à une fois et demie ladite longueur pour les navires à vapeur.

A partir du point de repère, la ligne est divisée en nœuds et demi-nœuds; les nœuds sont indiqués par de petits bouts de cordages épissés et garnis de nœuds dont le nombre caractérise les divisions; les demi-nœuds sont marqués par un bout de cuir.

Cet appareil est complété par un sablier formé d'un cylindre en verre étranglé dans son milieu, monté dans une armature en bois et contenant une certaine quantité de sable, dont le passage d'un côté à l'autre se fait dans un temps déterminé. Les sabliers en usage sont de l.ô et de 30 secondes; on se sert du sablier de 30 secondes quand la vitesse est inférieure à 5 ou 6 nœuds.

Quand on veul jeter le loch pour vérifier la vitesse du navire, on se place à l'arrière, sous le vent. Après avoir fixé dans un trou du bateau de loch une cheville de bois qu'une secousse en fera sortir au moment voulu, on lance le flotteur à la mer, et aussitôt on file

LE I.OCll

de la li-ne, lentement dVibord, pour ne pas noyer le bateau de loch, puis d'un mouvement uniforme, à la demande du flotteur. Un peu avant que le repère d'étamine ne lui arrive dans la main, Thommc qui jette le loch crie: Attention! Au moment où elle lui passe dans la main, il crie: Tourne! Et le sablier est aussitôt renversé brusquement. A rinslant où le sablier finit, celui qui le tient crie : Stop! On arrête net la ligne, on donne une secousse pour démâter le bateau de loch et on lit la vitesse du navire; les dixièmes de nœud sont évalués approximativement.

Une ligne de loch doit être vérifiée de temps en temps, parce quV^lle s'afionge par l'usage; on la mouille et on mesure la longueur des nœuds. Théoriquement, la distance qui les sépare devrait être de 15 mètres 43; mais, on la réduit, dans la pratique, à 14 mètres 62. La longueur du nœud est la 120^ partie du mille marm, comme le sablier de 30 secondes est la 12œ partie de Theure. Donc, quand on file le loch en se servant du sablier de 30 secondes, Toperation donne le môme résultat que si Ton filait pendant Theure entière une ligne graduée en milles. Si Ton se sert du sablier de lo secondes, on doit doubler le résultat trouvé. Quand on a jeté plusieurs fois le loch pendant une heure, lesillage à inscrire est la moyennede

ces lochs.

Au mouillage, on se sert du loch pour mesurer la vitesse des

courants.

Quand on s'est fréquemment exercé à jeter le loch, on arrive a apprécier très correctement, au jugé, la vitesse du bateau qu'on monte, cl dans la pratique ordinaire du yachting on se dispense ordinairement de mesurer rigoureusement cette vitesse. C'est seulement dans les vovages au long cours qu'il est indispensable de tenir minutieusement le livre de loch, pour juger de la distance parcourue, et, par suite, ce estimer » le point, si l'état du ciel ne permet pas de prendre des observations astronomiques.

Au surplus, le bon vieux loch classique est peu usité dans la navigation de plaisance : elle préfère en général les appareils perfectionnés que lui fournissent les constructeurs à la mode, - le

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