‹ Le yacht; histoire de la navigation maritime de plaisanceChapitre 69 sur 80 · LES SOCIÉTÉS NAUTIQUES — LE JOURNAL LE YACHT · texte numérisé non relu

LES SOCIÉTÉS NAUTIQUES — LE JOURNAL LE YACHT

Il n'est pas d'efforts, si généreux qu'ils soient, qui ne finissent par avorter s'ils ne sont pas faits en commun. L'esprit d'association, un des traits de notre temps, a longtemps manqué au yachting et Ta longtemps maintenu à l'état stationnaire.

La première en date des sociétés nauticjues est la Société des Régates du Havre, fondée en 1838. Elle est restée une des plus importantes du littoral et donne annuellement de magnifiques régates internationales dotées de prix importants, c|ue les plus grands yachts anglais viennent nous disputer chaque année. Actuellement, la société est présidée par M. Félix Faure, député; elle compte 170 sociétaires payant une cotisation de ÔO francs, et son guidon est porté par 31 yachts, dont 11 à vapeur.

Le Cercle de la J'oile de Pai-is avait été fondé, en 1857, sous le nom de Cercle des Voiliers de la basse Seine; c'est une société très militante, très active, qui donne de nombreuses régates tant à voile qu'à vapeur, pour lesquelles elle a élaboré des règlements très savamment étudiés. Elle a une installation à Argenteuil et un local permanent à Paris, 11, rue Saint-Lazare, où, tous les mardis, se font de très intéressantes conférences sur des sujets variés, mais se raltachanl toujours de prés ou de loin à la navigation.

Actuellement, le Cercle est i)résidé par M. Iloussay; il compte 214 sociétaires, et son pavillon est poi'lé par IGi yachts, dont IG à vapeur, jaugeant ensemble 5 92H tonneaux.

La plupart des sociétés nautiques françaises n'ont qu'une existence temporaire, c'est-à-dire qu'elles ne se réunissent que temporairement, au moment des régates locales et de leurs assemblées générales; elles n'ont pas la continuité de vie des Cercles qui, par leur installation permanente, permettent aux sociétaires de se voir tous les jours. De plus, les sociétés des divers points de la France, n'ayant pas de relations entre elles, n'étaient pas au courant des efforts, des essais tentés séparément; elles adoptaient chacune des règlements particuliers, des jours de régates ({ui pouvaient être les mêmes pour des localités très voisines. Enlin, l'union et l'entente n'existaient pas.

Le Yacht-Club de France a fait, à son honneur, les plus persévérants efforts pour aiucner, autant (jue possible, l'union des sociétés entre elles, mieux encore, l'unité des règlements de courses et des foi'mules (|ui servent à jauger les \achls. Il y est arrivé pres([ue partout aujourd'hui, et la |)lu|)art des sociétés françaises, tout en conservant lem- autonomie et leur in(l(>j)endance, ont adopté les règlements de courses du Yachl-Cliib. Ces règlements ont été d'ailleurs très sagement élaborés dans un congrès aucpiel le )\icli l-Club a\ah convo(jué toutes les sociétés nauti(jues de France, et dans lequel chacune^ a |)u émetli'e et discuter librement ses opinions.

Le Yacht-Club a été fondé en 1807 par un groupe de yachtsmen sous le nom de « Société d'iiincoui'agement pour la navigation de

LKs soci i-:tI':s \ \l iioi l:s

plaisance. » ('.elle sociclô, composée de |)(M'sonnaIilcs inCliicnles, oblinl promplemcnl des privilèges imporlanls pour les baleaux de plaisance. Parmi ces privilèges, citons d'abord la reconnaissance officielle de la navigation de plaisance, qui n'était (pie tolérée, et (pii exposait ses adeptes à être tout simplemcnl enrôlés d'olTice dans rinscri|)tion maritime et recrutés un beau Jour comme simi)lcs ma-

Le siège du Yacht-Club de France.

telols. Qu'on ne croie pas à un(^ phiisanleri(> : raccidoni a failli arrixer à Léon Gatayes, Tami cPAlphonse Karr.

Parmi les auli'es privilèges se trouvent : le pori cKun i)a\illon spécial, le di'oit aux bassins de riital. le droit de « IrcMiiatage ». c'est-àdire de passer aux ('^cluses a\anl U^s na\ires de commerce, etc.. etc.

La Société (ri'JicouragcuKMil v\\\ pendant plusiinu's années son fonctionnement régulier dans un p(>lil local siluc i-uc i\c Berlin. Plus tard, elle fusionna avec le Cercl(> du Paxillon de Hanovre, situé au coin du boulevard des Capucines et de la rue Louis le Grand. C'est à partir de ce moment (juc la société ])ril le nom de Yacht-Club. Il y a

là une certaine analogie avec le Jockey-Club qui, lui aussi, est société crencouragement et en porte orficiellement le litre.

Dans les deux sociétés, en effet, Yacht et Jockey, il y a deux choses, un Cercle et une société en quelque sorte technique, poursuivant un but particulier, parfaitement indépendante des questions du Cercle proprement dit.

Au Yacht-Club, la Société d'Encouragement a continué à exister sous la forme de « Conseil maritime. »

Ce conseil est présidé par un vice-amiral, actuellement le viceamiral Miot, qui prend le titre de vice-président du Yacht-Club.

Au 30 janvier 1890, le Yacht-Club comptait 429 sociétaires, et ses yachts étaient au nombre de 214.

Le 3 mai 1890, la circulaire suivante était adressée par le viceamiral Miot, président du Conseil maritime, aux présidents des sociétés nautiques, membres correspondants et agents :

Paris, 3 mai 1890.

Les articles récemment parus clans quelques Journaux ont pu faire croire à une dissolution clu Cercle du Yacht-Club de France.

Celle nouvelle, Ijien que nullement fondée, étant de nature à causer des inquiétudes au sujet de la Société d'Encouraiiement pour la navigation de plaisance maritime, il suffira, pour les dissiper, de rappeler ci-après le texte même de l'article VII des statuts :

« La dissokition du Cercle n'entraîne pas la dissolution de la Société d'Encou- « ragement du Yacht-Club de France. »

Je dois ajouter que la Société d'Encouragement, à laquelle l'État ne cesse de

donner des preuves d'intérêt et de sollicitude, se trouve dans une situation des plus

prospères, et que sa vitalité s'aflirme chaque Jour davantage par le nombre toujours

croissant de ses adln-rents.

Le i*i'é.sident du Conseil maritime flu \ .-C F.,

Vice-amiral Miot.

Le journal le Yacht faisait suivre ce document des commentaires suivants :

« Une note, peu explicite d'ailleurs, parue dans plusieurs journaux de la semaine passée, annonçait que le Yacht-Club de France allait se dissoudre à la suite d'une tentative avortée de fusion avec le Cercle des Chemins de fer.

)) Le Yacht-Club occupe une silualion lelle, que la nouvelle de sa dissolution a cause une cerlaine émotion parmi les yachtsmen. La circulaire officielle du vice-amiral Miol. que nous avons publiée plus haut, est de nature à les rassurer.

» Nous pouvons ajouter d'ailleurs que le Cercle du Yacht-Club ne li(iuitle pas. Nous employons à dessein le mol de Cercle du Yacht-

M. R. YUir. I. \ i mi:

Club, parce que, ainsi que le savent la plupart tic nos lecteurs, le Yacht-Club est composé de deux éléments bien distincts, la Société d"Encouragemenl v\ le Cercle proprement dil.

» La Société (ILncouragement a été fondée en 18G7 par un groupe de yachtsmen, cl oblinl du (louvernemenl un certain nombre de privilèges importants pour lous les balcauv de plaisance : reconnaissance officielle du yachting, port d'un pavillon spécial, droit d'accès dans les bassins et arsenaux de l'Élat. de trématage, etc., etc.

» Cette société eut pendant plusieurs années son existence régulière dans son local particulier, rue de Berlin, jusqu'au jour où elle jugea à propos de se joindre au Cercle du Pavillon de Hanovre, (jui changea de nom pour prendre celui de Yacht-Club de France^ nom déjà porté par la Société d'Encouragement, de même Cjue la Société d'Encouragement pour Tamélioration de la race des chevaux en Erance porte couramment le nom de Jockej'-Cliib.

» De même, d'ailleurs, que le Jockev-Cliib, avec lequel on peut le comparer comme organisation intérieure, le nouveau Cercle réservait à la Société d'Encouragement une autonomie complète au point de vue financier et administratif La société a son bureau particulier, dont le président prend le titre de vice-président du Yadit-Club. Cette fonction est actuellement remplie par le vice-amiral Miot. La Société d'Encouragement possède en propre des revenus et des l'ecettes qui lui permettraient de continuer à vivre en dehors du Cercle si celui-ci venait à se dissoudre. Et certes, elle persisterait, car elle est composée de personnes ayant à cœur les intérêts du yalching.

)) (^)uant au Cercle proprement dit, sa situation financière est excellente |)utscju'il possède une réserve liquide de plus de 180 000 fr., ce (jui lui permet d'attendre, sans se presser, une combinaison nouvelle de fusion avec un autre Cercle. Il faut le reconnaître, en effet, la nouvelle loi rend les conditions d'existence plus difficiles aux Cercles dont les membi-es ne sont pas très nombreux, et les administi-ateurs du Vaclil-Cliib ont eu raison de se préoccupera l'avance des moyens d'améliorer une situation (jui, on le voit, cependant, est loin d'être actuellement mauvaise.

» Dans tous les cas, on peut en être assuré, la Société d'Encouragement continuera d'exister. »

Le Yacht-(JIiib s'est interdit, par ses statuts, de donner lui-même des régates; mais il sub\entionne les sociétés (jui donnent des courses et qui acceptent son règlement; c'est le cas aujourd'hui de la plupart des sociétés de Erance, et c'est ainsi (jue son action rayonne de la manière la plus efficace.

Président du Yacht-Club de France. Société nauti(|ue d'Ajaccio.

Émulation nautif|uc Boulonnaipc.

Vice-présidents du Y.C..F.

Sport nauli(|ue d'Alger.

Sport nautique de la Gironde.

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SVA,

Membres du Conseil maritime du Y. CF. Société de la voile d'Arcachon. Société des régates de Brest.

Sociétaires du Y.C.F

Yachting-Club d'Arcachon.

Société des régales de Carnac.

Concessionnaires du Y.C.F

Sport nauti(jue de Bayonne.

Sport nautique de Cette.

Société des régates Châlonnaises. Société des régates de Doiiarnenez. Société des régates du Havre.

Société des régales de CourseuUes. Cercle nautique Elbeuvien.

Sport nautique du Havre.

Cercle nautique de Croisset. Société des régates de Fécamp. Société des régates de La Ciotat.

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Société des régates de Dieppednlo. Société des régates Granviilaises. Club nautique du Légué.

Clul) nautique de Dinard.

Société des petites régates Havraises. Société nauli(|ue de Lorient.

Cercle des voiliers de Villeverl-Neuviile. Cercle de la voile de Nantes. Cercle de la voile de Paris.

Société des régates Marseillaises. Club nautique de Nice. Société des voiliers d'Asnieres.

Sport nautique de Marseille. Sport nautique de TOuest. Société des voiliers de la Marne.

Société des régales de Morlai.v. Club de la voile de Nice

Société des voiliers de la Ilaute-Seine.

Société des régates Nantaises. Société des régates dOrléans. Sport nautique de Philippeville.

Société des régates de Pornic.

Cercle de la voile de Rouen.

Société des régates de l'ile Tudy-Ponl-l'Abbé.

Société des régates de Pouligiien. Société des régates de Hoyan.

Société des régates de Troiiville-Deauvillo.

Société des régales Roucnnaises.

Société des régates de l'Ouest.

Société des régates de Vannes.

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