LE C EX TE R- BOA RD
New-World, de 1460 tonnes; en 1854, on arrive à 1 800 tonnes. Jusqu'alors ces bateaux avaient pris le nom de packet-ships,
Ouest de Paris
Carie marine de la haie <le New-York.
c'est-à-dire « bateaux-poste ». Vers celle époque (1845-1855) s'établit l'usage de les dénommer clippcrs, — mol à mol « tondeurs de mer »,
— parce que tout, dans leur construction, est sacrifié à la vitesse et qu'il s'agit avant tout, par la finesse des formes, par le développement de la mâture et de la voilure, de gagner du temps sur les compagnies rivales. Les clippers ne faisaientpas seulement le service postal et les transports d'émigrants entre l'Europe et le Nouveau- Monde, ils servaient d'instrument à la spéculation sur les cotons et les laines, les bois et les huiles. C'était presque toujours, aux renouvellements de saison, une question vitale pour tel ou tel armateur, de jeter le premier sa cargaison dans la balance des prix. Si l'on ajoute, à ces éléments d'émulation, l'esprit sportif inné dans la race anglosaxonne, on s'explique les courses vertigineuses auxquelles deux capitaines rivaux se livraient alors, soit à travers l'Atlantique, soit entre le golfe du Mexique et la baie de New-York, soit autour de l'Amérique du Sud. Quelques-uns de ces « lévriers de l'Océan », comme on appelait leurs navires, s'acquirent une renommée qui survit encore, après un demi-siècle. Citons : la Cornet, le Tornado, le Black Squall, le Flying Cloud, le Great Republic, le Challenge, et surtout le Sovereign of the Seas, qui arriva à faire, en 22 jours, 6245 milles.
Des paris importants étaient presque toujours engagés sur ces clippers à l'occasion de chacun de leurs voyages: aussi les marins éprouvés qui les commandaient apportaient-ils dans cette lutte de tous les jours un amour-propre assez concevable. Quelques-uns prirent un rôle important, pendant la guerre de sécession, comme forceurs de blocus ou chefs de croisière. Tous ils étaient alors de véritables personnages, investis d'un prestige considérable, participant aux droits de fret et de passage, traitant les affaires au nom de leurs armateurs et représentant l'État comme agents postaux. Aussi, les Anglais eux-mêmes en étaient-ils venus, vers 1830, à reconnaître la supériorité des clippers américains, et Ton vit des maisons de Liverpool commander, sur les chantiers de l'Hudson, des navires à marche rapide, destinés au commerce du thé.
Ces mœurs, où le sport s'alliait au négoce, devaient naturellement donner naissance à un yachting particulier aux États-Unis, et