LE BUREAU VERITAS
aux conditions du règlement; ils donnent leur appréciation sur les navires construits, lorsqu'ils en sont requis par écrit.
La cote des navires en bois est complétée par deux chiffres variant de 1 à 3 et placés à la suite. Ces chiffres déterminent séparément : 1° les qualités de la coque; 2° celles du gréement, des chaînes des ancres et des autres dépendances. Le nombre de gauche se rapporte à la coque, celui de droite aux gréements, ancres, chaînes, elc.
Les cotes sont représentées de la manière suivante :
La classification des navires en fer ou en acier comprend trois divisions. Les divisions sonl exprimées: l" division, I; 2e division, II ; 3e division, III.
Les navires surveillés spécialement ont une croix de Malle placée devant leur signe de classification.
Quand la coque d'un navire en fer ou en acier est divisée en un nombre de compartiments é tanches suffisant pour lui permettre de flotter même en cas de voie d'eau considérable dans l'un quelconque desdils compartiments, ce navire est inscrit aux registres avec l'une des marques spéciales suivantes :
Pour la I" division, I entouré d'un cercle; pour la 2e division, II entouré d'un cercle, et pour la 3'' division, III entoure d'un cercle. Ces marques de classification sonl complétées par certaines lettres jointes aux chiffres de la cote.
I, veut dire que le navire est conslruil spécialement pour la navigation des canaux et rivières ; — I', pour le petit cabotage ; — M, pour la Méditerranée; — Y, pour la navigation de plaisance; — G, pour le grand cabolage; — A, pour l'Atlantique; — L. pour le long coins ou navigation dans toutes les mers.
LE LLOYD
Chaque navire en fer, pour être maintenu dans sa cote, doit être visité par l'un des experts de l'administration :
Les navires de la lre division, tous les 4 ans. — 2e — 3 —
Il est à peine besoin de dire que le Bureau Veritas est dirigé par des ingénieurs des constructions navales de la plus incontestable compétence, et que ses décisions doivent toujours être acceptées comme basées sur l'examen le plus approfondi. Quand il a prononcé, par exemple, qu'un yacht n'est atteint ni de pourriture sèche, ni de pourriture humide, on peut être tranquille : ce n'est pas de pourriture que le yacht périra dans l'année.
Seilles.
L'équipage prend un ris dans la grand'voilc.
QUELQUES DÉFINITIONS — LES DIVERSES ESPÈCES DE YACHTS LE PONT, LES MATS, LES VOILES, LES ALLURES
Nous avons donne Pétymologie et défini la prononciation du mot yacht; nous n'avons pas expliqué ce qu'on entend au juste par ce mol.
Pour cela nous ne pouvons mieux faire cpie de donner l'interprétation textuelle du Yacht-Club de France.
« Est considéré comme yacht tout bâtiment ponté ou demiponté, à voile ou a vapeur, consacré exclusivement et d'une manière permanente à la navigation de plaisance et propre à la navigation de mer. » (Art. 5 des statuts du Yacht-Club de France.)
Ajoutons que, en fait, la dernière condition, relative à l'aptitude à la navigation maritime est tombée en désuétude. Il y a des yachts de rivière, parfaitement reconnus comme yachts et qui ne pourraient naviguer en mer sans inconvénients.
Maintenant, comment classer les différentes formes de yachts?
QUELQUES DÉFINITIONS
Coti-e (Thistlc).
Une première division s'impose : yachts à voile;
vapeur. Une autre s'est établie : yachts irse et yachts de croisière.
Les yachts à voile se distinguent les des autres, toute question de tonnage part, d'après leur gréement et leur voilure. Les uns sont à deux mâts, les autres à un mât. 11 pourrait y en avoir, comme au commerce, portant trois mâts; mais il n'en existe pas, à notre connaissance, au moins parmi les voiliers, et nous n'en parlerons qu'à la division des vapeurs.
Les yachts à voile à un seul mât prennent le nom de cot}~es ou de sloops, qu'on prononce quelquefois cheloitps. Ce gréement comporte un ou deux focs, une trinquette et une grande voile trapézoïdale appelée brigantine, sans compter des voiles volantes qu'on ajoute par beau temps ou sous certaines allures et qui s'appellent flèches, fortunes, bonnettes, etc.
Cette brigantine des cotres a des dimensions considérables et se manœuvre quelquefois difficilement. On a eu l'idée de la diminuer et de suppléer à la surface de voilure ainsi supprimée par une voile supplémentaire appelée tape-cul, portée par un petit mât du même nom placé à l'arrière; on obtient ainsi le cotre à tapecul, appelé aussi dandy ou yaivl (prononcer raule). Ce gréement, moins élégant que celui du cotre franc, est cependant très en faveur, surtout pour les bateaux de voyage, à cause / de sa grande commodité.
Le sloop, est comme le cotre, un bateau à un seul mât vertical, mais presque toujours son avant est plus
arrondi, ce qui le rend moins propre Yawi (Miss Hélène).
QUELQUES DÉFINITIONS
à la course, son gui de briganline est plus long et déborde davantage à l'arrière, son mât est plus près de l'avant; il ne porte ni trinquette ni flèche; enfin son beaupré est fixe, tandis que celui du colre passe dans une douille fixée sur un côté de l'étrave et peut ordinairement se rentrer.
Les yachts à deux mâts sont des schooners ou goélettes. Ces goélettes portent à chacun de leurs mâts une briganline, outre les
Goôlciic (Henriette, ft M. James Gordon Bennell).
focs et toutes les voiles supplémentaires des cotres. Il y a, parmi les goélettes, diverses variétés : les goélettes à piblc, latines, à huniers, etc.
Parmi les petits yachts à voile, on trouve plus de fantaisie dans les grécmenls. Il y a des yachts gréés en flambarts, c'est-à-dire avec des voiles dites au tiers; beaucoup de petils cotres ont adopté le gréement à voiles triangulaires dites houari, qui nous vient de la Méditerranée.
Indépendamment d'ailleurs des différences de gréemenl, les yachts se distinguent par l'objet propre de leur construction et la nature de leur navigation; il y a des bateaux de mer et des bateaux
QUELQUES DÉFINITIONS
de rivière, et, dans chacune de ces catégories, des bateaux de course et des bateaux de promenade.
Les bateaux de rivière appartiennent presque tous au type improprement appelé « à dérive » et qui est une modification toute française du center-board américain, importé chez nous vers l'année 1856 et baptisé en Seine du nom de « clipper » (clipper parisien), par un exemple nouveau de la déviation que subit toujours le sens d'un mot importé de l'étranger. Ces petits yachts, quand ils ne portent qu'une seule voile, appartiennent au genre una ou cat-boat. (Le nom d'Una, particulier au premier bateau de ce gréement arrivé d'Amérique, est devenu le nom générique dans les eaux anglaises.) Ils sont ordinairement deux ou trois fois plus longs que larges, très plats et pourvus d'un mât planté tout près de l'avant, presque sur l'étrave, avec une voile unique lacée à la bôme et au pic. Très maniables et très rapides dans les eaux calmes, ils deviennent aisément dangereux pour peu que le vent fraîchisse. En Seine, on appelle océan une embarcation de cette catégorie, généralement non pontée et par conséquent tout à fait impropre, en dépit de son nom, à la navigation maritime.
C'est surtout dans les petits bateaux que la fantaisie des amateurs et des constructeurs s'est donné carrière. Qui n'a vu des sharpies, embarcations très légères à fond plat, n'ayant presque pas de façons nautiques et ressemblant plus à de longues boîtes à savon qu'à d'honnêtes embarcations? Ces sharpies ont cependant donné de très bons résultats et peuvent rendre d'excellents services en des circonstances déterminées.
On a plus rarement chez nous l'occasion de voir des catamarans, bateaux jumeaux réunis par un plancher et imités à la fois de certaines embarcations de la mer des Indes et des radeaux de l'Amérique du Sud. Ces embarcations insubmersibles et inchavirables ont fait fureur pendant un temps aux États-Unis et en Angleterre, mais n'ont jamais été appréciées en France.
Les vapeurs se décomposent comme les voiliers en yachts de
QUELQUES DÉFINITIONS
mer et yachts de rivière. Parmi ceux-ci il faut a peine compter les canots à vapeur non pontés et qui ne méritent pas le lilre de yachts; on les comprend sous le nom générique de steam-launches. Quelques-uns atteignent d'assez grandes dimensions et sont même pourvus d'emménagements permettant d'y faire des voyages de quelque longueur sur les canaux et les rivières.
Les vapeurs sont également désignés par leur gréement. Ceux de rivière ne portent, en général, qu'une mâture très légère et plus décorative que sérieuse. Ceux de mer, au contraire, sont le plus souvent pourvus d'une voilure, — presque toujours une voilure de goélette. Les bateaux mixtes dits auxiliaires, ou plus exactement a machine auxiliaire, sont même construits pour user surtout de leurs voiles et ne marcher à la vapeur que par les calmes cl les vents contraires. Le Sans-Peur , à M. E. Pould, est un des plus beaux modèles de yacht auxiliaire qui se puisse voir.
Ilouari (Condor).
Lnfin les yachts, et spécialement les yachts à voile, différent essentiellement selon qu'ils sont construits en vue de la course ou de la croisière. Les premiers sont plus ras sur l'eau, plus chargés de voilure, offrent moins de commodité dans leur installation et demandent un équipage plus nombreux. Aussi, parmi les yachtsmen, bon nombre, qui préfèrent les plaisirs du voyage aux émolions des régales, se résignent a perdre un peu de vitesse pour obtenir plus d'agrémcnl, joint à plus de sécurité.
Quels que soient le nom cl l'espèce d'un bateau, on donne le nom de coque a son corps proprement dit, sans agrès, charges ou munilions. La carène esl plus particulièrement la Cai-boai (Tartar). partie de celle coque qui est submergée lors-
QUELQUES DÉFINITIONS
qu'il est chargé. La quille est cette pièce de bois qui règne sur toute la longueur du bateau et en forme la partie inférieure; elle est consolidée par la contre-quille et la carlingue, recouverte par une planche dite fausse quille, qui la protège dans les échouements. XJétrave est la pièce de construction qui s'élève à l'avant de la quille en faisant avec elle un angle généralement obtus, et Yétambot est la pièce analogue qui s'élève à l'arrière. .
On donne le nom de membrure à l'ensemble des bois courbes ou droits qui forment les côtés d'un bâtiment et viennent s'articuler
sur la quille comme les côtes d'un mammifère sur sa colonne vertébrale.
Les baux sont les poutres transversales qui relient les murailles du bateau et en maintiennent l'écartement; les barrois sont des baux plus petits qui supportent les gaillards et la dunette.
On appelle bordages les planches épaisses qui recouvrent la membrure, les baux, les barrots, en les croisant et les fortifiant. Les bordages extérieurs de la carène sont les bordages de carène; les bordages intérieurs prennent le nom devaigres; ceux qui sont appliqués sur le pont se nomment bordages de pont : les premiers sont habituellement en chêne et les autres en sapin.
Le pont d'un navire est le plancher de ce navire ou d'un étage de ce navire. On donnait autrefois le nom de tillac au pont supérieur du bâtiment; ce mot est aujourd'hui suranné, mais quelques vieux marins du commerce disent encore qu'ils « chargent sur tillac » pour expliquer qu'après avoir rempli les entreponts, on met des ballots audessus du dernier pont, en les couvrant au besoin de prélarts goudronnés. Dans le yachting, on emploie parfois le mot de tillac pour désigner le plancher des cabines ou salons, parce que les marins appellent souvent ainsi le plancher de leurs embarcations, quand elles ne sont pas pontées.
Le plancher d'une cabine est un pont, s'il est composé de bor-
QUELQUES DÉFINITIÔNS 187
clages courbes; c'est un plancher s'il est formé de panneaux juxtaposés. On dit le plancher de la cale pour désigner l'ensemble des panneaux de celte région du bâtiment.
On dislingue sur le pont Yavanl et l'arrière. Parfois, l'arriére est couvert d'une construction représentant une amorce de pont prolongée vers le grand mât : c'esl la dunette. L'opposé de la dunette est le gaillard, construction de l'avant qui est une amorce de pont comme celle de l'arrière. La dunette présente parfois une saillie, une sorte de marquise, c'est la teugfte. Une teugue est encore une dunette réduite, sous laquelle il n'y a pas de logement, mais un simple abri.
Les petites constructions élevées sur le pont et destinées à proléger l'entrée des escaliers s'appellent en anglais compétition : en France, on les désigne sous le nom d'échelles.
Un spardeck est un faux-pont léger établi au-dessus du véritable pont; ce mot vient de l'anglais sparedeck, qui signifie pont supplémentaire.
Un roof est un toit, on l'écrit encore rouf, rœf, rouffle. Le kiosque est ce qui sert de réduit à la timonerie. Les mats sont les pièces de bois qu'on dresse sur un navire pour porter les voiles et tous les agrès servant à les manœuvrer. Un mât est toujours en plusieurs pièces : la partie inférieure ou bas mat traverse le pont ou les ponts dans des ouvertures ovales nommées élambrais, et son pied va se loger dans Yemplanture, encaissement en bois solidement établi sur la carlingue.
Les mais sont, de l'avant à l'arrière : le beaupré, le mât de misaine, le grand mât et le mal d'artimon.
steam-launch. Le beaupré comprend : le beau-
QUELQUES DÉFINITIONS
pré proprement dit, le bout-dehors de grand foc et le bout-dehors ou bâton de clin-foc.
Le mât de misaine comprend : le bas mât, le petit mât de hune, le petit mât de perroquet et la flèche ou petit mât de cacatois.
Le grand mât comprend : le bas mât, le grand mât de hune, le grand mât de perroquet et la flèche ou grand mat de cacatois.
Le mât d'artimon comprend : le bas mât, le mât de perroquet de fougue et le mât de perruche avec flèche tenant lieu de mât de cacatois de perruche.
On appelle vergues les pièces de bois placées en travers des mâts et qui portent les voiles. Le beaupré n'en a point. Au mât de misaine : vergue de misaine, vergue de petit hunier, vergue de petit perroquet, vergue de petit cacatois et corne de misaine. Au grand mât : grande vergue, vergue et grand hunier, vergue de grand perroquet, vergue de grand cacatois et corne de grande voile. Au mât d'artimon : vergue sèche ou vergue barrée, vergue de perroquet de fougue, vergue de perruche, vergue de cacatois de perruche, corne de brigantine et gui. Les vergues de bonnettes portent le nom de la vergue à laquelle se hisse la bonnette.
Les bouts-dehors sont de légers espars placés sur l'avant des basses vergues et des vergues de hune, pour établir les bonnettes.
Tous ces mâts et leurs annexes sont fort peu usités dans le yachting, par la raison que le tonnage des yachts ne comporte en général qu'un mât vertical, deux au plus, et qu'il a fallu simplifier la voilure, pour des équipages restreints.
On donne le nom de borne à une longue vergue sur laquelle se borde la brigantine : l'un de ses bouts, en forme de mâchoire, s'appuie sur la partie inférieure du mât, l'autre dépasse le couronnement de l'arrière et reçoit dans un clan l'écoute de la brigantine. Celle voile s'envergue, à sa partie supérieure, sur la corne on pic, dont une extrémité s'appuie également au mât par une sorte de croissant ou de mâchoire, l'autre extrémité étant relevée par des cordages appelant du haut du mât.
Les mâts sont maintenus à tribord et à bâbord (c'est-â-dire à
QUELQUES DÉFINITIONS
droite et à gauche) par de fortes manœuvres dormantes qui prennent le nom de haubans et qui se raidissent de chaque côté sur les porteliaubans.
Les drisses sont des manœuvres qui servent à hisser, au moyen
L'avant de VAmide, a M. d'Eprémesnil.
de poulies, une vergue, une voile, une corne, un pic, — c'est-à-dire à les élèvera la hauteur voulue pour qu'on puisse établir les voiles.
Une écoute est un cordage destiné à fixer le point inférieur sous le vent d'une basse voile et le point inférieur arriére d'une voile aurique ou latine.
Une draille est un cordage tendu, le long duquel une voile,
QUELQUES DÉFINITIONS
une tente peuvent glisser par le moyen d'anneaux fixés sur la toile.
Les voiles se divisent en quatre catégories principales : 1° Les voiles carrées dont la forme est à peu près celle d'un trapèze ; 2° les voiles latines ou focs, de forme triangulaire; 3° les voiles auriqnes (brigantines, artimon-goélettes) ayant quatre côtés et enverguées sur une corne; elles comprennent aussi les voiles d'embarcations; 4° les bonnettes, voiles supplémentaires en forme de trapèze.
Les noms des voiles d'un grand bâtiment sont, au mat de beaupré : la trinquette, le petit foc, le faux foc, le clin-foc et le grand foc. Au mât de misaine : la misaine, le petit hunier, le petit perroquet et le petit cacatois. Au grand màt : la grande voile, le grand hunier, le grand perroquet et le grand cacatois. Au màt d'artimon : le perroquet de fougue, la perruche et le cacatois de perruche. Les bonnettes (voiles supplémentaires) prennent le nom des voiles dont elles augmentent momentanément la surface.
A bord d'un yacht de course, le nombre des voiles est plus réduit, mais leur développement relatif est d'autant plus grand qu'elles sont moins nombreuses. Le gréement du cotre, par exemple, comprend la grande voile ou brigantine, la flèche ou voile de hunier, la trinquette, le foc et le clin-foc. Le yawl a de plus la voile de tape-cul portée par son mâteréau à l'arrière.
Aux voiles normales des bateaux de course est toutefois venu s'ajouter le spinnaker. C'est une immense voile à tête de foc, allant de la pointe de l'enfléchure au pont, et introduite pour la première fois, à Londres, dans les courses de yachts, le 5 juin 1865, par M.William Gordon, propriétaire de la Niobé. D'où le nom de « niobé » qui fut d'abord donné à cette voile de fortune. Celui de spinnaker, qui a prévalu, appartient plutôt à l'argot nautique. En voici l'explication : M. Herbert Mandalay, propriétaire du Sphynx, fit établir une voile de ce genre, en 1866, sur son bateau, pour les courses du Victoria Club, à Ryde, île de Wight. Les matelots appelaient ce yacht le Spinks; d'où le nom de spinker donné à la voile qu'on appelait l'année précédente une niobé. Spinker devint bientôt spinniker, puis spinnaker. Le mot se trouve imprimé pour la première fois dans un journal nau-
QUELQUES DÉFINITIONS 191
tique à la date du 18 août I86G; mais la version spinnaker n'a prévalu qu'en 1869.
On donne le nom de la i\e aux bandes de toile dont se compose une voile. Une ralingue est le cordage cousu autour des bords de la voile pour la consolider. Le point d'une voile est l'endroit où se
L'arrière du Zampa, à M. Demny.
joignent deux ralingues contiguës de celle voile. Un œil-de-pie est un petit trou rond pratiqué dans la voile et renforcé par un erseau en ligne. On y passe les envergures, les filières de ris, etc.
Un ris est la portion d'une voile comprise entre deux bandes ou renforts nommés bandes de ris; ces ris sont percés d'œils-de-pie dans lesquels on passe des garcelles qu'on serre pour diminuer la surface de la voile. Il y a trois sortes de ris : le ris béléguic, le j-is consolin et le ris bonne grâce. Le ris béléguic se compose de deux filières, l'une sur l'avant, l'autre sur l'arrière-voile. Le ris con-
QUELQUES DÉFINITIONS
solin diffère du ris béléguic en ce qu'il n'a qu'une seule filière: c'est le plus employé sur les bâtiments de guerre. Quant au ris bonne grâce, il a les œils-de-pie disposés comme dans le système consolin, avec une seule filière sur l'avant de la voile.
Les tentes de bâtiments ont leurs laizes disposées dans le sens de la largeur du navire. La ralingue du milieu de chaque tente porte, à ses extrémités, un croc ou une finie, pour la raidir. Vers la moitié de sa longueur, on épisse des araignées sur lesquelles se frappe le cartahu qui sert à soutenir la tente; enfin, des hanets placés de distance en distance sur la même ralingue servent à serrer la tente. La voile est tendue au moyen d'attrapes, sur des filières placées en abord; un transfilage réunit les tentes entre elles.
Les tentes d'embarcations sont en toile légère; elles portent, au centre et aux deux extrémités, des traverses qui servent à les tendre sur des montants placés à l'avant et à l'arrière du canot; des balancines les maintiennent horizontales.
Les tauds sont des abris en grosse toile qu'on établit en forme de toit au-dessus des ponts pour garantir l'équipage contre la pluie.
Les prélarts sont des pièces de toile qui servent à couvrir les objets que l'on veut préserver de la pluie ou de l'eau de mer. On donne le nom de masques aux toiles tendues verticalement pour garantir certaines parties du navire contre le vent, la fumée, la poussière de charbon. Les capots sont les capuchons en toile destinés à abriter de la pluie l'ouverture d'un escalier ou d'un panneau qui donne sur le pont; on place aussi des capots sur les clairesvoies, les habitacles, les roues de gouvernail, les cabestans, les cheminées, etc.
Les ancres servent à l'amarrage des bâtiments. Les diverses parties d'une ancre sont : la tige ou la verge en fer forgé de forme octogonale, terminée par un œil pour recevoir Yorganeau; les bras, partie recourbée, à l'extrémité la plus forte de la lige ; les pattes, surfaces plates déforme triangulaire, qui terminent les bras; \esoreilles qui forment la base des pattes; le bec qui termine la palte et le bras; le diamant, extrémité de la tige, du côté des pattes; \e carré, partie de
QUELQUES DÉFINITIONS
la tige embrassée par les deux pièces du jas, porte deux épaulements qui s'encastrent dans le jas ; le jas ou joal, composé de deux traverses en bois réunies par des chevilles et des cercles en fer; la cigale ou organeau, forte boucle ou manivelle en fer, qui sert à réunir l'ancre à la chaîne.
Un yacht filant grand largue
On appelle ancres de bossoir, sur les grands navires, les deux ancres d'usage courant qui sont toujours suspendues sous les bossoirs pour être mouillées facilement. Les ancres de veille, de môme dimension que les ancres de bossoir, sont placées le long des portehaubans. Elles remplacent au besoin les ancres de bossoir. Une cinquième ancre de réserve dite de grand panneau, est habituellement placée le long de l'épontillc du grand panneau. Quant aux ancres à jet, ce sont des ancres plus légères avec jas en fer, et pouvant être
QUELQUES DÉFINITIONS
mouillées par des embarcations. Elles servent au halage, à l'évitage et à l'embossage des bâtiments.
Les bossoirs sont de fortes pièces de bois, de forme rectangulaire, solidement établies dans la muraille du bâtiment, à la hauteur du plat-bord, et faisant saillie au dehors. Elles servent à caponner les ancres et à les supporter.
Les cordages sont généralement en chanvre. Pour les manœuvres courantes on les fait en chanvre ou en manille. Pour les halages, les Anglais se servent d'une sorte de manille appelée bass-rope, très solide et très légère à la fois. Le filin de coton est employé pour les mains-courantes, tire-veilles de canots, drins de gouvernail, etc.
Le premier élément de tout cordage est le fil de caret, c'est-àdire l'assemblage de brins de chanvre ou d'une autre matière ayant déjà subi un premier tortillement. Le bitord et le lusin sont la réunion de deux fils de caret. Le merlin est la réunion de trois fils de caret.
Un grand nombre de fils de caret forment un toron. Uaussière est la réunion de trois torons. Le câble et le grelin sont la réunion de trois aussières faisant l'office de torons.
Le filin est le nom générique de tout cordage. Le filin en trois, le filin en quatre sont des cordages à trois ou quatre torons.
Le chanvre blanc est du chanvre non goudronné; on ne goudronne ni la manille, ni le coton, ni l'aloès.
L'épissure est un nœud d'une sorte particulière; il consiste à joindre ensemble deux bouts de cordage en décommettant les torons et en les entrelaçant les uns dans les autres. Quand l'épissure est bien faite, elle ne se dislingue pas des autres parties du cordage. Il y a deux sortes d'épissures : l'épissure longue et l'épissure carrée.
Il y a beaucoup d'autres espèces de nœuds marins, dont chacun a ses applications particulières; les principaux sont le nœud de bouline ou nœud coulant arrêté au moyen d'un petit amarrage que l'on coupe quand on veut le défaire; le nœud de filet, pour réparer un filet ou réunir deux bouts de ligne; le nœud de jambe de chien, de trésillon; la demi-clef à capeler; le nœud de capelage, de grappin, d'or/n; V amarrage simple et double; l'amarrage plat avec bridure; l'amarrage
QUELQUES DÉFINITIONS
en êtrive; l'amarrage croisé; la rousture; la veltnre; le cul-de-porc simple et double; le nœud de hauban; le nœud diamant; le nœud d'estrope de livarde; le bonnet turc; Yestrope en erseau, etc., etc.
Congrcer un cordage, c'est remplir avec une ligne mince les intervalles des torons d'un cordage, afin de le rendre plus uni; limander une manœuvre, c'est l'entourer de toile goudronnée pour la garantir du frottement ou de l'humidité: cette toile, en forme de bandelette, est appelée limande; on la maintient à l'aide d'un transfilage en bitord ou en lusin. Fourrer, c'est entourer le cordage d'une série de tours en bitord ou en lusin bien serrés. La queue de rat est employée pour terminer un cordage en pointe.
Les cordages en chanvre étant très promplemenl mis hors de service, spécialement sur les baleauv à vapeur au voisinage des cheminées, on remplace le chanvre par le fer. Au débul de celle révolution nautique, on avait essayé de faire les étais et les haubans en chaîne; mais on les trouva peu satisfaisants, a cause de leur poids et de leur manque d'élasticité; on fut conduit a employer des cordages en fil de fer, qui sont plus élastiques; aujourd'hui ces cordages sont d'un usage courant pour les grécmcnls dormants.
Des organes très importants sur un bateau sont les poulies. On dislingue dans la poulie trois parties principales : la caisse, le réa ou rouet el V essieu. La caisse est le bloc de bois qui constitue la poulie; on la fait de bois d'orme; les faces extérieures de la caisse sont les joues : elles portent une ou plus généralement deux engoupures, destinées à porter l'eslrope de la poulie : cet eslrope est en filin ou en fer. Le réa est une roulette en bois de gaïac ou en bronze dont le pourtour est creusé pour recevoir le cordage. 11 est percé d'un trou central pour donner passage à l'essieu, tige cylindrique en fer qui traverse le réa et les deux joues de la poulie. Pour , i „ )M.M Bu ,,|US ,,rès
QUELQUES DÉFINITIONS
qu'une poulie soit bonne, il faut que les réas soient larges, bien calibrés sur leur caisse et sur leur essieu, mais qu'ils tournent librement.
U allure d'un navire est la direction de la route qu'il suit par rapport à celle du vent; c'est aussi la disposition de la voilure appropriée à la route qu'on fait. Les allures principales sous lesquelles le bateau sous voiles fait route sont : le vent arrière , le grand largue, le largue, le plus près.
Vent arrière : sous cette allure, le vent souffle de l'arrière à l'avant; les voiles sont brassées carré; celles de l'arrière portent plein, mais elles abritent celles de l'avant; le roulis est très prononcé.
Grand largue : la direction de la route fait un angle de 135 degrés avec celle du vent; les voiles, un peu plus ouvertes que sous l'allure précédente, s'abritent moins; le navire, mieux appuyé, roule moins.
Largue : la direction du vent est perpendiculaire à la direction de la quille; toutes les voiles portent complètement; le navire est bien appuyé. Cette allure est généralement la plus rapide; c'est celle qui donne les plus faibles mouvements de roulis et de tangage.
Au plus près : les vergues font un angle de trois quarts avec la quille et de trois quarts également avec la direction du vent; la route est donc à six quarts de la direction vers laquelle il souffle. La marche peut être assez rapide s'il y a peu de mer, mais on dérive beaucoup. Si la mer grossit, le tangage s'accentue et fatigue le navire dans ses liaisons, sa mâture et son gréement.
Le sifflet du maître d'équipage
L'hélice et l'arrière <le la Julie, à M. (iaston Mcnirr