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LES BATEAUX ÉLECTRIQUES

fisanles pour vingt-cinq personnes. Voici quel en est le dispositif. Une cuve à pétrole purifié, tenant de 150 à 400 litres, est logée à l'avant du bateau. La vapeur qui se dégage du liquide est appelée par un ou deux coups de pompe au brûleur, enfermé dans la cheminée avec un serpentin. On enflamme cette vapeur au point où elle s'échappe du brûleur. Dès lors, la flamme fournit la chaleur nécessaire pour amener le passage de la vapeur de pétrole, du fond de la cuve, dans le serpentin. Une partie de la chaleur y volatilise ce pétrole, qui passe dans la machine proprement dite et y trouve des cylindres d'expansion en communication directe avec l'arbre de couche de l'hélice. La vapeur pénètre alors dans un condenseur et revient à la cuve pour recommencer son circuit. La seule perte de combustible est celle de la flamme nécessaire pour tirer du serpentin une faible quantité de vapeur.

Quant aux bateaux électriques, il en existe déjà de plusieurs genres, et l'on en trouve même en location sur la Tamise et sur l'Hudson. La dimension de ces embarcations est encore réduite, et quoiqu'on doive très probablement y voir l'embryon du yacht de demain, on ne saurait assigner à ces ébauches un rang positif dans la navigation de plaisance en mer.

C'est un inventeur français, M. G. Trouvé, qui a l'un des premiers établi un canot électrique. Depuis lors, les études sur la propulsion électrique ont eu principalement en vue les torpilleurs; M. Goubel, M. Krebbs ont établi des moteurs électriques d'une grande légèreté. Il n'en convient pas moins de noter que le bateau électrique a eu son point de départ dans le yachting. Il serait difficile de dire aujourd'hui à quels résultats conduiront ces études. Toujours est-il que les systèmes d'accumulateurs se perfectionnent et que les vitesses augmentent. On arrive déjà à développer avec ces moteurs une vitesse de 7 à 8 nœuds. Il reste à emmagasiner une quantité suffisante d'électricité pour des voyages de plusieurs jours; mais on est déjà arrivé, à bord de la Viscountess Bury, yacht électrique de 27ml/2 de long, à embarquer une provision de force suffisante pour marcher dix heures, à la moyenne de 6 nœuds.

LES RÉGATES A VAPEUR

Comme il y a des régates à voile, il y a aussi des régales à vapeur. C'est chose naturelle, et volontiers on croirait que la mode est venue d'Amérique. Il n'en est rien pourtant, et c'est en France seulement qu'il y a régulièrement des courses à vapeur réglementées par un code spécial.

Il n'est pas facile, en effet, de faire concourir ensemble des em-

Le slonm-yachl Némésis, Y.C.K., à M. Albcrl Mcnicr.

barcations à vapeur de puissance, de tonnage différents, et de les handicaper équitablement. Les Anglais y ont renoncé jusqu'à présent. Quant aux Américains, après avoir chargé leurs ingénieurs les plus éminenls d'établir des tables d'allégeance, qui ont pris le nom de Tables d'Emory, et qui se réduisent à multiplier la racine cubique de la longueur en pieds par 2,7, — ils ont dû reconnaître que celle allégeance s'applique seulement à la coque et n'a de valeur pratique qu'en supposant toutes les qualités du bateau enliéremenl saeriliées à sa vitesse.

Chez nous, les amis de la vapeur ont été plus heureux, en

L ES RÉGATES A VAPEUR

matière de courses, que leurs confrères américains et anglais.

Les premières régales à vapeur eurent lieu en 1867, à l'occasion de l'Exposition universelle. C'est le Cercle de la Voile de Paris qui les dirigea et qui en avait élaboré le règlement; la formule appliquée est due à MM. Bourdon, l'éminent ingénieur à qui nous devons le manomètre métallique, et Pérignon, le yachtsman bien connu.

Cette formule, dite du Cercle de la Voile, s'est maintenue avec de très légers remaniements de ses auteurs, jusqu'au congrès du Yacht-Club. A celte époque, M. Pérignon en proposa une autre plus complète et qui fut adoptée, dans laquelle la surface de chauffe de la chaudière joue un rôle important.

Voici cet important règlement :

Est considéré comme yacht tout bâtiment à vapeur ponté ou demi-ponté, consacré exclusivement et d'une manière permanente à la navigation de plaisance et propre à la navigation de mer. Tout bâtiment à vapeur que l'on veut consacrer à la navigation de plaisance, après qu'il a été affecté à une autre navigation, ne pourra prendre part aux courses qu'un an au moins après avoir cessé la navigation à laquelle il était employé précédemment.

Les yachts à vapeur sont répartis en deux classes : la première comprend les yachts ayant 10 tonneaux de douane el au-dessus; la seconde comprend les yachts au-dessous de 10 tonneaux de douane. Chacune de ces classes est divisée en autant de séries que les sociétés ou comités locaux le jugent possible. Une série spéciale peut être consacrée aux canots à vapeur.

Des allégeances de temps seront attribuées à chaque concurrent. Les allégeances seront calculées par les sociétés locales, suivant une formule fixant la vitesse dont chaque yacht est susceptible. En cas de doute sur son application, il en sera référé au Conseil maritime du Yacht-Club de France.

Dans une course de yachts, on nomme allégeance le nombre de secondes que le navire le plus rapide doit rendre au navire moins rapide pour égaliser la chance de chacun d'eux pendant la course.

LES RÉGATES \ VAPEUR

Les allégeances dépendront :

1° De la surface de voilure S; 2° de la longueur du yacht J ; 3° de son tonnage T; 4° de la longueur du parcours.

La formule servant à calculer les allégeances est :

v-?SîLxc

dans laquelle V exprime La vitesse probable en milles marins par

l.e yacht à pétrole Qjityrcly, au marquis «l i ne il'Auliais.

heure; S, la surface de chauffe en mètres carrés et fractions; T, le tonnage en métrés cubes et fractions; L, la longueur en métrés et fractions; C est une constante qui, pour la première classe, esl égale a 3,2, et pour la seconde à 3. (Si l'on désire exprimer la vitesse en mètres par seconde, il y a lieu de remplacer ces constantes par 1,64 pour la première classe et 1,54 pour la seconde.)

La surfaee de chauffe S sera mesurée directement, et pour les boites à feu dans lesquelles il esl difficile de pénétrer, on admettra

LES REGATES A VAPEUR

que leur surface équivaut à la surface d'un grand cercle ayant pour diamètre celui de la chaudière. Si la chaudière est du type locomotive, il ne sera pas tenu compte de la surface de la plaque tubulaire qui est au pied de la cheminée, mais la surface de la plaque à tubes du foyer sera mesurée comme si elle n'était pas percée des trous de tubes. Les surchauffeurs indépendants de la chaudière compteront pour moitié de leur surface réelle. Dans les calculs des surfaces tubulaires, les tubes enveloppés d'eau compteront pour leur diamètre intérieur, ceux contenant de l'eau pour leur diamètre extérieur. Pour les chaudières ayant des foyers complètement environnés d'eau, on déduira de leur surface de chauffe totale la surface de leur grille. La surface de chauffe des chaudières fonctionnant avec tirage artificiel sera doublée. Le souffleur ou simple jet de vapeur, à l'exclusion de toute machine soufflante ou aspirante, n'entraînera aucune surcharge de la surface de chauffe de la chaudière.

Pour la première classe, le tonnage T ainsi que la longueur L du yacht sont relevés sur les papiers de douane ou officiels du yacht.

Pour la seconde classe, le tonnage est obtenu de la manière suivante : on multiplie le quart du périmètre, élevé au carré, par la longueur totale diminuée de la longueur occupée par les machines, chaudières et chambres de chauffe. Le produit divisé par 3 exprime le tonnage de course. Ce qui donne la formule:

dans laquelle T exprime le tonnage en mètres cubes et fractions, P la longueur du périmètre en mètres et fractions, L, la longueur totale du yacht en mètres et fractions; /, la longueur occupée dans le yacht par les machines, chaudières et accessoires, exprimée en mètres et fractions.

Le périmètre P est la somme des longueurs de la chaîne passée sous le bateau, et du bau. Ces deux dimensions sont prises de la

LES REG VUES \ \ VPEl li

façon suivante : on fait passer sous le yachl une chaîne partant de chaque bord, à la hauteur du dessus du pont (ou du plat-bord); on mesure la longueur de cette chaîne à l'endroit où elle est le plus longue.

Le bau ou largeur se prend de dehors en dehors du bordé, à l'endroit où il est le plus grand; Jes bitores ou porte-haubans ne se

Le yacht électrique Yiscounlcss litiry, propriété d'une société anglaise il'clectricilA

comptent pas, mais les préceinles et toutes les saillies faisant partie de la coque se comptent.

La longueur L se prend sur le pont de l'avant de l'étrave à l'avanl de la mèche du gouvernail. La longueur l est celle de l'espace occupé par les machines, chaudières et accessoires.

Si la chaufferie n'est pas séparée du reste du na\ire par des cloisons bien définies, elle sera considérée comme ayant une longueur égale au 1/10 de la longueur totale L du yachl, sans pouvoir jamais être inférieure à 0m90.

On comptera par tonneaux et centièmes de tonneau. Toute fraction de centième comptera pour un centième.

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L'engagement pour une course doit être fait par écrit et contenir:

1° Le nom du propriétaire;

2° Celui du capitaine ou patron;

3° Le nom du yacht;

4° Son gréement;

5° Le genre de sa chaudière et de sa machine; 6° La date de sa construction et son espèce, bois, fer, acier ou composite;

7° Le fac-similé de son guidon de course;

8° L'indication des diverses dimensions nécessaires au calcul de l'allégeance, avec plan à l'appui, si c'est possible;

9° Une promesse formelle de renoncer à la juridiction des tribunaux pour toute contestation résultant des divers incidents de la course.

La demande d'inscription peut être faite par télégramme et régularisée ensuite par engagement écrit. Si un yacht doit courir sous le nom d'un pseudonyme, la personne qui signe l'engagement doit en faire la déclaration.

Le mode d'inscription, les délais dans lesquels elle doit être faite, la quotité des droits d'entrée sont déterminés dans les programmes locaux.

Quel que soit le nombre des propriétaires d'un yacht, celui qui est désigné sur l'engagement est seul responsable.

Un propriétaire de yachts peut en faire inscrire plusieurs, mais il n'a le droit d'en faire courir qu'un seul dans une même série ou course d'ensemble. II aura à payer le droit d'entrée pour chaque yacht inscrit.

Le jury et les commissaires des courses devront faire remettre à chaque propriétaire de yacht, ou à son délégué, des instructions écrites pour compléter les instructions spéciales du programme. Un plan du parcours sera remis aux concurrents. S'il n'a pu être dressé, il y est suppléé par des instructions écrites. Les instructions verbales ne pourront être admises qu'avant le commencement de la course et pour assurer l'exécution des ordres écrits.

LES RÉGATES \ VAPEl R

Le propriétaire d'un yacht doit être présent à son bord pendant toute la durée d'une course, ou se faire représenter par un délégué.

Les sociétés prendront soin que les parcours des yachts d'un faible tonnage ne puissent les conduire plus au large que leurs dimensions ne le comportent; elles éviteront les courses de nuit.

Les comités locaux fixeront sur leurs programmes le nombre minimum des yachts qui devront prendre pari à la course, pour qu'elle ait lieu, et le nombre de prix qui sera distribué selon le nombre des concurrents. Si un seul bateau fait la course, il devra la

Canol électrique, système Trouvé

faire dans un temps déterminé par le comité local avant le départ. Ce temps ne pourra être moindre que celui qui résulterait du calcul de sa vitesse par la formule du présent règlement et de la longueur du parcours.

Ln cas de temps dangereux pour la sécurité des yachts engagés, le comité local a le droit de remettre tout ou partie des courses au lendemain, si cela est possible, ou à une époque prochaine. Si, à celle seconde remise, la course ne peut avoir lieu, elle est définitivement annulée.

Quand une course est recommencée, les yachts engages pour la première épreuve ont seuls le droit de prendre part à la course, quand môme ils ne se seraient pas présentés au moment du premier départ.

L'usage tic la voilure est interdit pendant la durée de la course.

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On peut mouiller une ancre en course, à condition de la reprendre à bord avant de continuer le parcours. En cas d'échouage, le navire devra se renflouer par ses propres moyens et reprendre à bord tous ses apparaux et tout son personnel, avant de continuer la course.

Chaque yacht doit porter pendant la régate un guidon avec ses couleurs ou son numéro distinctif, et l'amener s'il renonce à continuer la course, ou s'il a terminé son parcours.

Les yachts de grande classe courront toujours au chronomètre. Les départs des concurrents seront successifs, les bateaux les plus rapides partant les premiers. Chaque concurrent se préparera à partir lorsqu'un signal composé des lettres du code commercial exprimant son numéro sera hissé en tête de mât du bateau-commissaire chargé des départs. Il se mettra en roule aussitôt que ce signal sera amené. Ces signaux seront appuyés autant que possible d'un coup de sifflet, d'un coup de canon ou d'une bombe.

Pour la seconde classe, les comités locaux fixeront sur leur programme le mode de départ qu'ils désirent appliquer. Ce mode de départ devra être emprunté au règlement des courses à la voile.

Les règles générales de route prescrites par les règlements maritimes sont obligatoires pour les yachts en course.

Un yacht qui en dépasse un autre, quelle que soit son allure, doit manœuvrer de façon à ne pas obliger celui qui marche moins vite à changer de route, et réciproquement celui qui marche moins vite ne doit pas changer de route pour empêcher son concurrent de le dépasser.

Tout contact avec une bouée de virage entraîne là mise hors de course. Les embarcations amarrées sur les bouées ou bateaux-bouées ne sont pas considérées comme en faisant partie.

Si plusieurs yachts se présentent ensemble au rivage et qu'ils soient engagés les uns sur les autres de manière à ne pouvoir s'écarter de la bouée, celui qui est le plus au large doit s'en éloigner le premier, et ainsi de suite des autres, de manière que celui qui est le plus en dedans ait la place nécessaire pour ne pas aborder la bouée ou ses concurrents.

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La disparition d'une bouée entraîne l'annulation de la course, à moins que cette disparition n'ait été que momentanée, ou qu'elle n'ait en rien modifié les conditions du parcours.

Les bateaux sont considérés comme arrivés quand leur étrave, à la flottaison, a dépassé la ligne de pointage.

A côté des régales à voile et à vapeur organisées par les bateaux de course ou de croisière, on a vu depuis quelques années s'organiser des régales en miniature ou « régates de modèles ». Qu'on imagine des bateaux minuscules, analogues à ceux qui servent de jouels aux enfants, mais exécutés avec un arl raffiné. Ces bateaux sont mis en ligne sur un bassin et parlcnl tous dans une direction déterminée. Le premier arrivé gagne le prix.

C'est, bien entendu, faute d'un autre terme de comparaison qu'on parle ici de jouets d'enfants. Le « modèle » de yacht n'a rien du jouet. C'est au contraire une petite machine à naviguer très savante, construite secundum artem, gréée,

équilibrée de manière à se conduire seule, à gouverner seule sous l'allure voulue. Il ne faut rien de moins, pour établir un petit yacht pareil, que les connaissances les plus sérieuses en matière de construction navale, ou un génie spécial suppléant à ces connaissances. On a remarqué, en effet, que dans cet art très particulier-, de simples ouvriers, rompus à tous les secrets pratiques, réussissent souvent mieux que d'illustres ingénieurs. Lu xmérique, ou ce sport est principalement cultivé, on est souvent arrive, grâce aux modèles, à des

Kn Bteam-vacht.

LES RÉGATES A VAPEUR

résultats merveilleux. Pour ne citer qu'un exemple mémorable, la goélette America, qui vint en 1851 conquérir à Covves la Coupe de la Reine, n'avait été mise sur chantier qu'après de nombreux essais de modèles et sur les indications fournies par ces essais mêmes. On a donc le droit de dire, sans exagération, que les régates de modèles peuvent devenir une véritable école d'architecture navale. A ce titre, il faudrait désirer qu'elles fussent plus fréquentes chez nous.

Le Model Yacht Club, qui s'était fondé en 1880, à Paris, n'a eu qu'une existence éphémère. L'année précédente, il y avait eu à Cannes des régates de modèles. Mais, sauf erreur, ce joli passetemps ne s'est définitivement acclimaté qu'au Havre, où des courses de modèles ont lieu tous les ans dans un des bassins du port. Arcachon semble vouloir marcher sur ses traces. Une société de régates de modèles s'y est constituée et a organisé, en septembre 1890, des courses intéressantes. Quarante-trois modèles de yachts y ont pris part, sur un parcours de 400 mètres. Le gagnant, Fantôme, à M. de Sarrau, a effectué ce parcours en 7 minutes 10 secondes.

Le canot de la Julie.

Le bassin d'Argenleuil : le garage des yachts.

Il n'esl pas d'efïoris, si généreux qu'ils soient, qui ne finissent par avorter s'ils ne sonl pas laits en commun. L'esprit d'association, un des traits de noire temps, a longtemps manqué au yachting ei l'a longtemps maintenu à l'étal slationnaire.

La première en date des sociétés nautiques est la Société des Régates du Havre, fondée en 1838. Elle est restée une des plus importantes du littoral et donne annuellement de magnifiques régales internationales dolées de prix importants, que les plus grands yachts anglais viennent nous disputer c haque année. Actuellement, la société est présidée par M. Félix Faure, député; elle compte 170 sociétaires payant une cotisation de 50 francs, et son guidon est porté par 'M yachts, dont H à vapeur.

Le Cercle de la Voile de Paris avait été fondé, en 1857, sous le nom de Cercle des Voiliers de la basse Seine; c'est une société très militante, très active, qui donne de nombreuses régates tant à voile qu'à vapeur, pour lesquelles elle a élaboré des règlements très savamment étudiés. Elle a une installation à Argenteuil et un local permanent à Paris, 11, rue Saint-Lazare, où, tous les mardis, se font de très intéressantes conférences sur des sujets variés, mais se rattachant toujours de près ou de loin à la navigation.

Actuellement, le Cercle est présidé par M. Houssay; il compte 214 sociétaires, et son pavillon est porté par 164 yachts, dont 46 à vapeur, jaugeant ensemble 5 928 tonneaux.

La plupart des sociétés nautiques françaises n'ont qu'une existence temporaire, c'est-à-dire qu'elles ne se réunissent que temporairement, au moment des régales locales et de leurs assemblées générales; elles n'ont pas la continuité de vie des Cercles qui, par leur installation permanente, permettent aux sociétaires de se voir tous les jours. De plus, les sociétés des divers points de la France, n'ayant pas de relations entre elles, n'étaient pas au courant des efforts, des essais tentés séparément; elles adoptaient chacune des règlements particuliers, des jours de régates qui pouvaient être les mêmes pour des localités très voisines. Enfin, l'union et l'entente n'existaient pas.

Le Yacht-Club de France a fait, à son honneur, les plus persévérants efforts pour amener, autant que possible, l'union des sociétés entre elles, mieux encore, l'unité des règlements de courses et des formules qui servent à jauger les yachts. Il y est arrivé presque partout aujourd'hui, et la plupart des sociétés françaises, tout en conservant leur autonomie et leur indépendance, ont adopté les règlements de courses du Yacht-Club. Ces règlements ont été d'ailleurs très sagement élaborés dans un congrès auquel le Yacht-Club avait convoqué toutes les sociétés nautiques de France, et clans lequel chacune a pu émettre et discuter librement ses opinions.

Le Yacht-Club a été fondé en 1867 par un groupe de yachtsmen sous le nom de « Société d'Encouragement pour la navigation de

plaisance. » Cette société, composée de personnalités influentes, obtint promptement des privilèges importants pour1 les bateaux de plaisance. Parmi ces privilèges, citons d'abord la reconnaissance officielle de la navigation de plaisance, qui n'était que tolérée, et qui exposait ses adeptes à être loul simplement enrôlés d'office dans l'inscription maritime et recrutés un beau jour comme simples ma-

Le sioge du Yacht-Club Je France.

lelols. Qu'on ne croie pns à une plaisanterie: l'accidenl a failli arriver à Léon Gatayes, l'ami d'Alphonse Karr.

Parmi les autres privilèges se Lrouvenl : le porl d'un pavillon spécial, le droit aux bassins de l'Etat, le droit de a trématage ». c'est-àdire de passer aux écluses axant les navires de commerce, (Me. etc.

La Société d'Encouragemenl eul pendant plusieurs années son fonctionnement régulier dans un petil loc al situé rue de Berlin. Plus tard, elle fusionna avec le Cercle du Pavillon de Hanovre, situé au coin du boulevard des Capucines et de la rue Louis le Grand. C'est à partir de ce moment que la société pril le nom de Yacht-Club, Il \ Ë

là une certaine analogie avec le Jockey-Club qui, lui aussi, est société d'encouragement et en porte officiellement le titre.

Dans les deux sociétés, en effet, Yacht et Jockey, il y a deux choses, un Cercle et une société en quelque sorte technique, poursuivant un but particulier, parfaitement indépendante des questions du Cercle proprement dit.

Au Yacht-Club, la Société d'Encouragement a continué à exister sous la forme de « Conseil maritime. »

Ce conseil est présidé par un vice-amiral, actuellement le viceamiral Miot, qui prend le titre de vice-président du Yacht-Club.

Au 30 janvier 1890, le Yacht-Club comptait 429 sociétaires, et ses yachts étaient au nombre de 214.

Le 3 mai 1890, la circulaire suivante était adressée par le viceamiral Miot, président du Conseil maritime, aux présidents des sociétés nautiques, membres correspondants et agents :

Paris, 3 mai 1890.

Les articles récemment parus dans quelques journaux ont pu faire croire à une dissolution du Cercle du Yacht-Club de France.

Cette nouvelle, bien que nullement fondée, étant de nature à causer des inquiétudes au sujet de la Société d'Encouragement pour la navigation de plaisance maritime, il suffira, pour les dissiper, de rappeler ci-après le texte même de l'article VII des statuts :

« La dissolution du Cercle n'entraîne pas la dissolution de la Société d'Encou- « ragement du Yacht-Club de France. »

Je dois ajouter que la Société d'Encouragement, à laquelle l'État ne cesse de donner des preuves d'intérêt et de sollicitude, se trouve dans une situation des plus prospères, et que sa vitalité s'aflirme chaque jour davantage parle nombre toujours croissant de ses adhérents.

Le Président du Conseil maritime du Y.-C. F., Vice-amiral Miot.

Le journal le Yacht faisait suivre ce document des commentaires suivants :

« Une note, peu explicite d'ailleurs, parue dans plusieurs journaux de la semaine passée, annonçait que le Yacht-Club de France allait se dissoudre à la suite d'une tentative avortée de fusion avec le Cercle des Chemins de fer.

» Le Yacht-Club occupe une situation telle, que la nouvelle de sa dissolution a causé une certaine émotion parmi les yachtsmen. La circulaire officielle du vice-amiral Miot, que nous avons publiée plus haut, est de nature à les rassurer.

» Nous pouvons ajouter d'ailleurs que le Cercle du Yacht-Club ne liquide pas. Nous employons à dessein le mol de Cercle du Yacht-

Club, parce que, ainsi que le savenl la plupart de nos lecteurs, le Yacht-Club esl composé de deux éléments bien distincts, la Société d'Encouragement et le Cercle proprement dil.

» La Société d'Encouragement a été fondée en |s<;7 par un groupe de yachtsmen, et obtint du Gouvernement un certain nombre de privilèges importants pour tous les bateaux de plaisance : reconnaissance officielle du yachting, port d'un pavillon spécial, droit d'accès dans les bassins et arsenaux de l'État, de trématage, etc., etc.

» Cette société eut pendant plusieurs années son existence régulière dans son local particulier, rue de Berlin, jusqu'au jour où elle jugea à propos de se joindre au Cercle du Pavillon de Hanovre, qui changea de nom pour prendre celui de Yacht-Club de France, nom déjà porté par la Société d'Encouragement, de même que la Société d'Encouragement pour l'amélioration de la race des chevaux en France porte couramment le nom de Jockey-Club.

» De même, d'ailleurs, que le Jockey-Club, avec lequel on peut le comparer comme organisation intérieure, le nouveau Cercle réservait à la Société d'Encouragement une autonomie complète au point de vue financier et administratif La société a son bureau particulier, dont le président prend le titre de vice-président du Yacht-Club. Cette fonction est actuellement remplie par le vice-amiral Miot. La Société d'Encouragement possède en propre des revenus et des recettes qui lui permettraient de continuer à vivre en dehors du Cercle si celui-ci venait à se dissoudre. Et certes, elle persisterait, car elle est composée de personnes ayant à cœur les intérêts du yatching.

» Quant au Cercle proprement dit, sa situation financière est excellente puisqu'il possède une réserve liquide de plus de 180000 fr., ce qui lui permet d'attendre, sans se presser, une combinaison nouvelle de fusion avec un autre Cercle. Il faut le reconnaître, en effet, la nouvelle loi rend les conditions d'existence plus difficiles aux Cercles dont les membres ne sont pas très nombreux, et les administrateurs du Yacht-Club ont eu raison de se préoccuper à l'avance des moyens d'améliorer une situation qui, on le voit, cependant, est loin d'être actuellement mauvaise.

» Dans tous les cas, on peut en être assuré, la Société d'Encouragement continuera d'exister. »

Le Yacht-Club s'est interdit, par ses statuts, de donner lui-même des régates; mais il subventionne les sociétés qui donnent des courses et qui acceptent son règlement ; c'est le cas aujourd'hui de la plupart des sociétés de France, et c'est ainsi que son action rayonne de la manière la plus efficace.

Président du Yacht— Club de France. Société nautique d'Ajaccio. Emulation nautique Boulonnais.

Vice-présidents du Y. CF. Sport nautique d'Alger. Sport nautique de la Gironde.

Membres du Conseil maritime du Y. C. F. Société de la voile d'Arcachon. Société des régates de Brest.

Concessionnaires du Y. CF. Sport nautique de Uayonne. Sport nautique de Cette.

Société des régates Châlonnaises. Société des régates de Douarnenez. Société des régates du Havre.

Société des régales de Courseulles. Cercle nautique Elbeuvien. Sport nautique du Havre.

Cercle nautique de Croisset. Société des régates de Fécamp. Société des régates de La Ciotat.

Société des régates de Dieppedale. Société des régates Granvillaises. Club nautique du Légué.

Club nautique de Dinard.

Société des petites régates Havraises.

Société nautique de Lorienl.

Cercle des voiliers de Villevert-Neuville. Cercle de la voile de Nantes. Cercle de la voile de Paris.

Société des régates Marseillaises. Club nautique de Nice.

Société des voiliers d'Afniércs.

Sport nautique de Marseille. Sport nautique de l'Ouest. Société des voiliers de la Maine.

Société des régales de Morlaix. Club de la voile de Nice.

Société des voiliers de la Haute-Seine.

Société des régates Nantaises. Société des régales d'Orléans. Sport nautique de PMlippevtlle.

Sociélé des régates de Pornic

Cercle de la voile de Rouen.

Société des régates de l'ile Tudy-Pont-l'Abbé.

Société des régates de Pouliguen. Société des régates de Hoyan. Société des régates de Trouville-Deauville.

Sociélé des régates Rouennaises.

Société des régates de l'Ouest.

Société des régates de Vannes.

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