‹ Le Zona: Avec éruption généraliséeChapitre 12 sur 17 · ONE · texte numérisé non relu

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deuxième sont remplies d'un liquide séro-sanguimolent, et la plaque a un aspect hémorragique.

Au-dessous et en dehors de cette plaque, on trouve un groupe de quelques vésicules écartées les unes des autres, ferines, nettement rosées.

Sur la moitié gauche du tronc on constate :

1° Un bouquet situé à la partie externe de la clavicule, formé de vésicules cohérentes, dont quelques-unes hémorragiques.

2 Un très pelit bouquet formé de trois où quatre vésicules très claires, à un travers de doigt au-dessus de l’angle trachéothoracique.

3° Un placard formé de vésicules disséminées sur la face antéro-externe du bras gauche. |

On constate encore sur ce bras, à sa face postérieure, deux vésicules isolées, l’une à quatre travers de doigt au-dessus de l'olécràne, l’autre à deux travers de doigt au-dessous, formées de vésieules claires cerclées d’une fine auréole rosée.

Une vésicule semblable se trouve à Ia partie moyenne de la face externe du bras.

Il n'existe aucune douleur spontanée où provoquée dans le bras gauche el le côté correspondant du cou.

Au niveau des plaques et des vésicules de zona, on ne conslate aucun trouble de sensibilité, tout au plus un peu d’'hyperesthésie sur les bords du placard de la fosse sus-épineuse,

Mais en examinant complètement l’enfant, on est surpris de constater l'existence de vésicules disséminées sur le tronc, tant du côté droit que du côté gauche ; parmi ces éléments, les uns ont une couleur rosée et sont peu saillants, les autres font une saillie bien nette et sont remplis d’un liquide clair.

Nous noterons, du côlé gauche : une vésicule citrine au niveau de l’angle inférieur de l’omoplate :

Une vésicule tendue, saillante, à la partie externe de la région lombaire ;

Une Uroisième sur la hgne horizontale passant par Fomhi lie à trois travers de doigt de celui-ci.

Du côté droit : une vésicule au niveau du bord externe du grand droit abdominal, à deux travers de doigt au-dessous des fausses côtes :

Une seconde, voisine de l'angle trachéo-thoracique, symétrique par rapport au petit placard qui existe à gavche ;

Une autre au-dessous et en dehors du mamelon.

Mais les vésicules aberrantes sont surtout nombreuses à la face postérieure du tronc. Un groupe de trois vésicules cohérentes se voit à un travers de doigt de la neuvième vertèbre dorsale : une vésicule est située au-dessus de la fesse droite ; deux à la face postérieure de la fosse sus-épineuse : enfin, deux sur la face postérieure du bras droit, l’une au niveau fle FPinsertion du deltoïde sur lhumérus, l’autre au-dessous.

Il n'existe pas de troubles de sensibilité au niveau de ces vésicules.

Nous n'avons pu avoir de renseignements précis sur Îles antécédents héréditaires et personnels de notre malade, sa santé était bonne, ii n'a eu ni angine, ni phénomènes gastriques ; le 14 juillet, ir a dansé louie la soirée, sans se griser, dit-1l, Depuis, 1l présente un enrouement persistant.

On constate du strabisme interne gauche.

. L'enfant offre un profil d’adénoïdien ; les lèvres sont grosses, le maxillaire ailongé, les dents sont petites, écartées, mais bonnes, les amygdales ne sont pas volumineuses, il ne tousse pas. Les ganglions du cou sont tuméfiés des deux cûtés, durs, roulant sous le doigt, surtout en arrière et latéralement. Dans les fosses axillaires, on constate des masses ganglionnaires qui ont, à gauche, le volume d’une noix, à

droite celui d’une grosse noisette. Les ganglions ne sont pas

douloureux. Pas d’adénopathie épitrochléenne, micropolyadénie inguinale des deux côtés.

22 juillet. — Aucun élément nouveau n'est apparu ; tous ceux qui ont élé relevés le 18 se retrouvent, mais à une période d'évolution plus avancée. Les vésicules de la plaque qui se lrouve au niveau de Fépine scapulaire sont desséchées, remplacées par des croûtes hémorragiques qui dépriment la surlace de la peau.

L'état général reste excellent, mais lFenrouement persiste.

Ogservarion III

(LEREDDE el JANSELME.)

L..., pâtissier, 69 ans, entre le 18 juillet 1898 à l'hôpital Saint-Louis, pour un zona dorso-pectoral.

Dans la journée du 13 juillet, vive cuisson sur la région latérale droite du thorax ; le malade y reconnut une éruption. Dans la puit du 13 au 14, apparut une nouvelle poussée dessinant une large bande sur toute la face interne du membre supérieur droit, Jusqu'au voisinage du poignet.

En même temps que lFéruption, le malade ressentit des douleurs fort vives au niveau de la partie postérieure du moignon de lépaule, le frôlement des draps était intolérable. Depuis lors, ces douleurs ont persisté, et ont élé la cause d'insomnies prolongées.

Depuis l'éruption, le malade à eu un léger mouvement fébrile, de l'agitation et même un peu de délire.

Elal actuel (19 juillet 1898). — Zona typique occupant le côté droit du thorax et la face interne du membre correspondant. L'éruplion ne déborde pas en dehors de la ligne médiane du sternum. Elle est constituée par des groupes de vésicules citrines, bien pleines, reposant toutes sur une base érythé-

mateuse., Celle plaque peclorale est orientée horizontalement

el située à trois où quatre travers de doigt environ au-dessus du mamelon. En dehors, celte plaque ne déborde pas la ligne mamelonnaure verticale.

L'éruplion recommence sur le bord antérieur de laisselle, \ ce niveau, elle est constituée par un petit groupe de vésicules coalescentes, ecchymotiques. De petits groupes éruptfs sont disséminés dans le creux axillaire. De nombreux amas recouvrent toute la face antéro-interne du bras et de Favantbras. Les derniers éléments sontsitués à deux travers de doigt environ au-dessus du poignet.

D'une manière générale, léruption occupe les territoires mélamériques de la première et de la deuxième paire dorsale. Mais il y a quelques éléments aberrants, ainsi quelques pelts groupes occupent la face postérieure du bras droit.

Mais ce qui fait l'intérêt de celte observation, c’est que de nombreux éléments sont situés à très grande distance des plaques de zona, soil sur le côté qui lui correspond, soit sur le côté opposé. Ils occupent surtout les régions latérales et imférieures du thorax, ainsi que les flancs et la région des hanches., La plupart de ces éléments sont de simples macules érythémateuses un peu surélevées ;: mais quelques-unes sont surmontées d'un soulèvement vésiculeux, d’autres portent une pelite croûte, vestige d'une vésicule excoriée.

Les ganglions de l'aisselle droite sont volumineux, mobiles et très douloureux à la palpation. I en est de même du ganglion épitrochléen. Les ganglions du membre supérieur gauche ne sont pas perceptibles. Les ganglions de la parte cervicale droite sont plus volumineux que ceux du côté gauche.

Au mveau du zona, des régions du moignon de l'épaule et de l’omoplate, il ny a pas. de troubles de sensibilité tactile,

douloureuse et thermique.

ED

Actuellement, le malade n’a pas de fièvre ; Pappéut, qui avait un moment disparu, est revenu.

Pas de sucre, mais un peu d’albumine dans les urines.

OBsERvATION IV

(LEREDDE el JANSELME.)

J.. E.; 42 ans, foran.

Le mercredi 6 juiilet, ce malade ressent, au réveil, une douleur assez vive dans le moignon de l'épaule droite. Jusqu'au vendredi soir, la souffrance reste supportable, puis elle subit une recrudescence très accusée. La femme du malade constate alors une plaque rouge qu'elle frictionne avec du baume opodeldoch. Il y avait certainement de Fhyperesthésie, car la friction fut douloureuse. L'insomnie ne fut pas complète.

Le iendemain matin, 9 juillet, apparition d’une éruption sur Ja face postérieure du moignon de l'épaule droite. Une seconde poussée éruptive s'est produite le mardi 12 juillet ; elle occupe la partie antérieure droite du thorax ; quant à l’éruption située sur la partie latérale du thorax et qui relie les plaques antérieure et postérieure, elle daterait seulement du mercredi 13. Les douleurs étaient encore très vives ce dernier jour : depuis, elles se sont calmées, et le malade dort bien Ja nuit.

Etat actuel (16 juillet 1898). -— Vaste zona thoracique commençant en arrière, à la hauteur de 11 cinquième apophyse épineuse dorsale et descendant jusqu'à la septième. Elle dessine une Jongue bande de quatre travers de doigt de hauteur, qui se porte obliquement en bas et en dehors, de sorte que le bord inférieur est au niveau de l’angle inférieur de l’omoplate. Une troisième se détache de la plaque principale, suit le bord postérieur de laisselle et descend sur le bord postérointerne du bras, dans une étendue de 4 à 5 centimètres.

Cette plaque postérieure est d'un rouge vil : elle est hérissée de nombreuses vésicules, contenant un hquide séro-purulent.

Beaucoup de -ces éléments ont le diamètre d'un grain de millet à un grain de chenevis.-En beaucoup de points, ils sont coalescents, de manière à former des placards de Pétendue d'une pièce de cinquante centimes à une pièce de un frane, Leur contour est toujours extrêmement déchiquelé et eapricieux. Plusieurs bulies ont une coloration brun violàtre qui paraît due à des extravasa sanguins.

Autour de la grande plaque il y a de nombreux éléments aberrants el même des groupes constitués par cinq à dix bulles cohérentes.

Sur la paroi thoracique de l'aisselle, il'existe un peut groupe n'ayant pas plus de 4 centimètres de diamètre. C’est une plaque hérissée de nombreuses vésicules à contenu à peine lou. che.

Il existe une assez grand nombre de vésicules aberrantes sur la peau de laisselle.

En avant, l'éruption est plus discrète qu'en arrière : elle est constituée par une série de plaques érythémateuses disposées horizontalement à la suite ies unes des autres, en série à peu près linéaires et recouvertes de vésicules de zona.

L'ensemble de ces placards est situé à environ deux travers de doigt au-dessus du mamelon droit. Le groupe le plus interne atteint la ligne médiane, mais ne la dépasse pas.

Ce qui est tout à fait anormal dans ce cas, c’est le grand nombre des vésicules aberrantes.

Sur le côté droit du thorax, il y en a de très nombreuses, situées à une grande distance des plaques éruplives, Ainsi, on en voit à la partie externe de la elavicule et sur le bord antérieur du trapèze : sur la région cervicale et dans Ja fosse sus-claviculaire. On compte une dizaine de vésicules de zona

out à fait typiques eur les régions dorsale, lombaire, fessière,

lrochantérienne et abdominale du côté droit. Une vésicule est située sur la face interne du tibia, un peu au-dessous du plateau tibial. Deux bulles sont dissimulées dans le cuir che velu.

Du reste, le côté gauche du corps n'est pas épargné. Il existe des vésicules isolées, les unes contenant encore un liquide clair, les autres déjà suppurées. Elles sont répandues sur la paroi lhoracique, le moignon de l'épaule, le bras et Pavantbras, la région lessière, la face antérieure de la cuisse. Nous comptons facilement une trentaine de vésicules sur le côté gauche, Celle éruplion sort par poussées successives, el nous avons sous les yeux une vésicule bien pleine et limpide qui date de la nuit dernière.

Nous insistons sur ce fait que les vésicules aberrantes om l'aspect objectif du zona el sont identiques à celles qui sont groupées sur les placards du côté droit.

La sensibilité au froid est complètement abolie sur les plaques érythémaleuses qui servent de base aux vésicules-du zona el sur les portions de la peau saine intermédiaire.

En dehors des plaques érythémaleuses, sur une bordure d'un centimètre et demi environ, la sensibilité est moins bien perçue que sur le reste du corps.

Pour la chaleur, même constatation : très grande diminuüon de la sensibilité thermique sur les placards de zona et sur les portions de la peau intercalaires.

La sensibilité tactile proprement dite est complètement abolie sur la plaque postérieure el très diminuée sur les -plaques antérieures. L'analgésie est absolue sur 1e zona à sa parle postérieure : une piqure profonde ne donne qu'une sensalion de contact. Sur les plaques antérieures, la sensibilité douloureuse est simplement diminuée. I n'y à pas d'analgésie au pourtour des vésicules aberrantes disséminées sur le côté

droit où sur le côté gauche du corps.

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L'éruplion a été accompagnée de quelques phénomènes généraux. Le malade avait perdu l'appétit et ressentit une courbalure généralisée. Les urines contiennent un peu d’albumine, La température n'a pas dépassé 3795, Elle est redescendue à 302 actuellement.

Le 15 juillet, Jour de l'entrée, une inoculation.est faite au bras droit du malade avec le contenu d’une vésieule sur une des plaques antérieures du zona ; une seconde inoculalion est faite au bras gauche, avec le contenu d'une vésicule aberrante occupant le côté gauche du corps.

Le 18 juillet, trois Jours après les inoculations, on n'observe

aucune réaction inflammaloire au niveau des piqüres.

La semaine suivante, Giraudean, à la même Société, rapportait deux autres cas analogues aux cas de Leredde et Janselme

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