‹ Le Zona: Avec éruption généraliséeChapitre 11 sur 17 · ZONAS ANARCHIQUES COMPLÈTEMENT GÉNÉRALISÉS · texte numérisé non relu

ZONAS ANARCHIQUES COMPLÈTEMENT GÉNÉRALISÉS

Nous arrivons maintenant aux formes vraiment anar-° chiques, où le zona revêt les caractères d’une éruption non soumise à un ordre, même relatif, et où, comme nous le disions tout à l'heure, il paraît paradoxal de prononcer encore le mot de zona. D'ailleurs, Fabre, à l'autorité compétente de qui nous avons eu recours plus haut, disait que ce nom de zona était très loin de convenir à toutes les formes de l'affection : mais 1l Jui semblait bon de le maintenir néanmoins, car c'était un mot commode, entendu de tous, et il concluait par ce mot de P.-L. Courrier « D'ailleurs, il n'est que de s'entendre (1). »

C'est de ces formes désordonnées de zona que nous voulons surtout nous occuper et sur lesquelles nous voulons attirer l'attention, car elles ne sont pas en somme extrêmement rares, et nous en avons trouvé un certain nombre dans la littérature médicale au cours de ces der-

nières années.

(4) Fabre, loc. cit.

La plupart sont groupées sous le nom de zonas avec vésicules aberrantes, qui, en 1898, firent l'objet de nombreuses communications.

C'est Tenneson, le premier, qui, dans son Trailé de Dermatologie, résumant son enseignement, remarque €e fait que, dans de nombreux cas de zonas localisés, une attention soutenue et minutieuse montre presque toujours en plus ou moins grand nombre des vésicules herpétiques disséminées sur la lotalité du tégument. Il ajoute que ces vésicules naissent par poussées successives, et sont ordinairement peu nombreuses.

Puis, Molinié, dans sa thèse imaugurale, en 1896, vient à l'appui de ces faits par quatre observations personnelles, dont voici le résumé

Première observation : zona cervical gauche : douze vésicules aberrantes sur le tronc.

Deuxième observation : zona cervical droit : une vinglaine de vésicules aberrantes disséminées sur la région dorso-lombaire, l'aisselle gauche, la hanche droite, le pubis, la cuisse droite.

Troisième observation : zona génital à évolution normale : quelques vésicules sur le tronc et les membres.

Quatrième observation : zona intercostal et vésicules disséminées.

Les dires de Tenneson et les cas rapportés par Molinié ne monlraient que quelques vésicules disséminées au hasard, en pelit nombre, et très discrètes : nous allons arriver de plus en plus aux zonas généralisés avec les observations de Janselme et Leredde, à la Société médicale des Hôpitaux de Paris, en 1898.

Nous rappellerons d'abord que Boulland, en 1ISss,

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dans sa thèse inaugurale sur le zona bilatéral, publiait une observation de Brissaud :

OBsERvATION |

(BrissAuD.)

H s'agissait d’un cas de zona symétrique intercostal et où l'on pouvait constater la présence de vésicules disséminées sur diverses parties du corps, en particulier sur l’abdomen du côté droit, sur la face antérieure des deux cuisses, sur les seins. Le bras droit était le siège d’une vésicule : on en trouvait uné au niveau de la commisure labiale gauche, et quelques-unes sur le dos à droite et les deux fesses. Leur évolution

fut celle du zona.

OBsERvATION II

(LEREDDE el JANSELME.)

S.. H., 16 ans, mouleur en cuivre.

18 juillet. — Depuis trois Jours souffre de douleurs vagues à l’occasion des mouvements, dans la région sus-claviculaire gauche, et s'aperçoit de l'existence d’une éruptuon.

En déshabillant l’enfant, on constate l'existence d’un zona cervical gauche caractéristique, formé de plaques rosées, couronnées de bouquets de vésicules cohérentes. Ce zona occupe la région supérieure de lomoplate en arrière, les régions claviculaire et pectorale externe en avant et sur le bras.

A la face postérieure du tronc, on voit une première plaque située à quatre travers de doigt de la première vertèbre dorsale, à la partie interne de la fosse sus-épineuse gauche. Cette plaque est obliquement allongée vers le moignon de l'épaule. Une deuxième plaque, allongée aussi, mais à grand diamètre horizontal, est située à cheval sur la partie externe de l’épine de l'omoplate. Les vésicules qui recouvrent la pre-

mière plaque ont un contenu citrin ou blanchâtre, celles de la

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