‹ Le Zona: Avec éruption généraliséeChapitre 14 sur 17 · DD · texte numérisé non relu

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jours ; au bout de ce temps elle était constituée par des groupes de petites papules, par des petites vésicules transparen- 2, et surtout par de véritables bulles dues à la confluence d'un grand nombre de vésieules et remplies d'un Hquide hé- Morragique.

Les douleurs persistaient aussi vives qu'au début el le mac laise général était le même.

En méme temps que celte éruption zoslériforme se faisait sur le tronc, on pouvait constater sur tout le corps, et en par liculier sur la face antérieure de la cuisse droite, 1x face externe du bras droit, la face postérieure de lavant-bras gauche et la fesse gauche, Fexistence d'éléments disséminés rappelant de tous points ceux des plaques de zona. La plupart élaicnt représentées par des papules présentant à leur sommet une minuscule croûtelle noïrâtre, trace évidente de la rupture d'une petite vésicule: certaines papules mêmes ne présentaient à leur sommet aucune race de vésicule excoriée ; en revanche, trois où quatre vésicules avaient les dimensions de près d'un centimètre, légèrement excoriées au centre, renfermant de la sérosité hémorragique eLentourées d'une auréole rouge. - Ces vésicules erraliques subirent la même évolution que celles du zona proprement dit, et les croûtelles les plus volumineuses finirent par se délacher peu à peu en même temps que cel: les des vésicules du thorax.

La guérison fut complète au bout de trois à quatre semaines, mais les douleurs persistérent dans le thorax pendant près de deux mois.

Deux des vésicules erratiques laissèrent des cicatrices indé-

lébiles tout à fait comparables à celles des plaques de zona.

Suil une seconde observation très détaillée dont nous

ne reproduisors que les passages importants

OBSERvVATION VI

(GIRAUDEAN.)

M. M..., 47 ans, originaire des Antilles, fut pris de fièvre et de symptômes généraux le 7 juillet 1898.

Une éruption de zona fit son apparition, puis s’étendit, pour occuper la région lombaire, laine et la cuisse gauche à sa parie antérieure ; il s'agissait 6n définitive d'un zona lomhofémoralis intense.

En :nême temps que l’éruption de zona se complétait, c’està-dire du L4 au 17 juillet, apparurent sur tout le corps des éléments, au nombre d'une lrentaine, constitués, les uns par des peutes papules pleines, d'autres par des papules à sommet excorié, noirâtre, d'autres enfin, vésiculeuses, renfermant un liquide roussätre, où même franchement noirâtre., Ces éléments étaient isolés où bien réunis par groupes de trois à quatre, mais occupant toute la surface du corps. On en rencontrait en particulier trois ou quatre sur le cuir chevelu, autant également sur la figure, dans la barbe et les sourcils, une dizaine dans le dos du côté gauche, deux ou trois sur chaque membre supérieur, trois sur l’épaule droite, et enfin trois volumineux au nivéau du genou droit, en dehors et en dedans de cette articulation.

Cette éruption était le siège de douleurs assez vives localisées au niveau des papules et des vésicules, mais non pas propagées suivant le trajet des nerfs.

Le 19 juillet, presque tous les éléments, aussi bien ceux des plaques de zona que ceux représentant des éléments aberrants, sont alffaissés, leur contenu s’est évacué au dehors, surtout au niveau des grosses bulles, tandis que les vésicules peu volumineuses se sont affaissées insensiblement ; les douleurs sont

encore vives, le malade ne peut supporter le contact des vête- 3 MG

ments, mais il n’a plus de fièvre et il commence à s’alimenter avec plaisir.

Le 22 juillet, les croûtes commencent à se détacher, sauf au niveau des grosses bulles et des vésicules volumineuses. Les douleurs sont beaucoup moins intenses. Au niveau des plaques de zona il existe de l'anesthésie, localisée par places, mais on n'en rencontre pas au niveau des cicatrices des vésicules erra-

tiques.

OrservarIoN VII

(HALSLUND,)

Nous avons trouvé l'observation de Halslund résumée dans les comptes rendus des Archives de Neurologie de septembre 1897 :

Halslund aurait observé dans son service d'hôpital un cas de zona dorso-abdominal chez une femme âgée de 59 ans. On lrouvait simultanément sur toutes les régions du tégument une grande quantité de vésicules d’herpès, isolées, de date un peu plus fraiche que les vésicules de l’éruplion de zona. En même temps on constatait la présence de vésicules sur les

muqueuses du palais et de la langue.

Le résumé des Archives de Neurologie, à la fin de cet article, parle d'un autre cas analogue qu'Halslund aurait précédemment rapporté. Nous n'avons pu retrouver trace de ce cas. En outre, Halslund lui-même ajouterait avoir trouvé dans la littérature médicale deux cas du même genre, cas rapportés par Lipp et Wasielewskt. Cela ajou-: lerait {rois cas aux observations que nous collationnons.

RE Core

OgservarTion VIII

(LACAPÈRE et FENET.)

Le nommé R..., âgé de 65 ans, tonnelier, entre à Saint- Louis pour un zona de la région lombo-abdominale droite.

L'alfecion a débuté, il y à quinze jours, par de violentes cuissons du flanc droit, accompagnées de malaise général, de fièvre, d’inappétence, d’insomnie.

Deux jours après, l’éruplion zostérienne se caractérisait, comme 1ilest de règle, par des plaques érythémateuses larges el sensibles, bientôt recouvertes de bouquets de vésicules herpétiques, et localisées à la région lombo-abdominale droite, depuis le rachis en arrière jusqu'à la figne blanche abdominale, qu'un bouquet de vésicules dépassait même légèrement, empiétant de quelques centimètres sur le côté gauche de l’abdomen.

Jusqu'ici, rien que de très normal. Mais, deux jours après celle éruption principale, des vésicules aberrantes faisaient simultanément leur apparition sur tous les points du corps, sur la poitrine, sur le dos, sur les membres, en particuher à la face antérieure des cuisses, sur la face et même sur le cuir chevelu.

Ces vésicules, presque toutes isolées, quelquefois réunies par groupes de deux ou trois, se montrent sans aucune sytémalisalion, sans se calquer d'aucune façon sur la distribution nerveuse, ni sur la métamérie, Les deux côtés du corps sont alteints simultanément et sans aucune prédominence.Les vésicukes clairsemées, sont assez régulièrement distribuées sur toutes les régions du corps. D'abord brillantes, elles évoluent absolument comme les vésisules zostériennes de léruption principale ; les unes sont aujourd'hui remplies d'un liquide

louche :; d’autres recouvertes d’une eroûtelle ; d’autres, enfin,

complètement desséchées, sont en voie de cicatrisation. Les phénomènes généraux ont entièrement disparu.

Une ponction lombaire, pratiquée dès l'entrée, a montré qu'il existait une lymphocytose pure, d'intensité moyenne

(quatre à six lymphocytes par champ microscopique).

OBsERVATION IX

(Service du professeur Nicocas. — Recueillie par M. GAUTHIER, interne du service.)

Zona cervico-brachial conjluent, éruplion disséminée d'élémenis zonijormes isolés. — Rhumatisme ancien. — Gros cœur, arylhmie, myocardile ; insuffisance milrale par endomyocardile rhumalismale. — Scoliose el pneumonie inter-

stilielle chronique de la base gauche.

B... H., 47 ans, terrassier, entre dans le service du professeur Nicolas, à l'hôpital Saint-Pothin, le 10 juillet 1907.

Aucun antécédent morbide notable dans l'enfance. A la suite d’une baignade dans l’eau très froide, à l’âge de 17 ans, crise de rhumatisme articulaire aigu qui le int sept semaines au lit. À 20 ans, chancre mou avec adénite suppurée. Depuis sa Jeunesse, le malade aurait toujours eu des palpitations de cœur qui ont été en augmentant au cours de ces dernières années, surtout à l’occasion d’un travail pénible.

Père et mère morts d’affections indéterminées ; un frère mort de pneumonie en dix jours, il y a dix-huit mois ; cmd frères ou sœurs perdus de vue par le malade.

Pas marié ; pas d'enfants. Depuis trois mois, le malade qui, Jusqu'ici, n’avait jamais toussé a été pris de toux avec expectoralion, sans crachement de sang. Dyspnée d'effort.

. Ilentre à l'hôpital pour une éruption de zona cervico-brachial droit ayant débuté il y a quatre jours. L'affection a com-

mencé par une sensation que le malade compare à des piqüres d’orties. En même temps se développait un érythème bientôt couvert de vésicules.

Actuellement, on peut distinguer dans l’éruption

1° Une éruption localisée de zona cervico-brachial droit ;

2° Une érupüon disséminée sur le tronc et les membres, éruption consistant en papulo-vésicules, franchement zostériennes.

A) Zona cervico-brachial. — I] est constitué par un vaste placard confluent, neltement limité sur la ligne médiane, disposé en mantelet sur l'épaule droite, remontant à Ja partie postérieure du cou, dans la région de la nuque, jusqu’au vertex, où l’on rencontre encore quelques éléments. L’érupuon est constituée par des plaques érythémateuses confluentes, laissant quelques rares espaces de peau saine, allant en avant Jusqu'au niveau du troisième espace intercostal droit, à trois travers de doigt au-dessous du mamelon et limité par la ligne médio-sternale. En arrière, elle s’étend jusqu’à deux travers de doigt au-dessous de la pointe de l’omoplate, contourne l'épaule au-dessus de lacromion pour rejoindre la face antérieure, après avoir laissé sur la face antérieure du bras un prolongement de quatre à cinq travers de doigt descendant jusqu’à la partie moyenne du bras environ. L'éruption remonte en arrière dans la région cervicale postérieure sur une zone limitée en arrière par la ligre médiane, en avant par le bord externe du trapèze. Quelques éléments disséminés à cet endroit Jusqu'au verlex.

Sur l’éruption érythémateuse on constate de nombreuses vésicules, les unes miliaires isolées, les autres, plus volumineuses, confluentes par place, en placards de dimension d'une pièce de cinquante centimes à un franc ; la plupart des vésicules contiennent un liquide séreux, les autres un liquide hé-

morragique. Un certain nombre de vésicules sont rompues,

A pee

formant. des exulcérations noirâtres, desséchées, croûteuses.

Cette description corréspond au plexus cervical et aux trois premières paires du plexus brachial. Le malade éprouve quelques sensations cutanées, sans névralgie pourtant; la sensibilité objective paraît légèrement diminuée au niveau de la zone atteinte. À la face antérieure du bras, l’éruption typique de zona se prolonge sur trois travers de doigt par une zone purement érythémateuse au niveau de laquelle la peau est plus douloureuse ; à ce niveau, la peau est nettement infiltrée, épaissie ; sur la face externe de l’épicondyle, descendant Jusqu'au niveau du pli du coude, on trouve une autre zone érythémateuse, pâle, au niveau de laquelle les téguments sont nettement Épaissis.

B) £ruplion disséminée. — En outre, le malade présente, disséminée sur le lronc et les membres, une érupüon d’éléments de dimensions et de types variables, allant de la petite vapule éryvthémateuse à la papulo-vésicule, et même pour quelques éléments jusqu’à la vésicule zostérrenne, tout à fait superposables aux éléments isolés du placard de zona cervico-brachial. Il s’agit donc indiscutablement, au point de vue de la morphologie clinique, d’une véritable éruption zostérienne évoluant avec le zona cervico-brachial. Quelques-uns de ces éléments ont déjà leurs vésicules rompues, avec leur centre croûteux. Rien dans la cavité buccale.

Le malade présente un certain degré de cyanose des extrémités supérieures.

Le malade digère bien, la langue est bonne ; insomnies depuis le début de l’éruption. La pointe du cœur bat dans le sixième espace, à trois travers de doigt en dehors de la ligne mamelonnaire. Le cœur bat à 120 ; l’arythmie est très irrégulière, parfois en salves, parfois avec tendance au rythme couplé, souffle systolique de la pointe, en jet de vapeur, piau-

hate Re

lant, se propageant loin dans l’aisselle, mais non dans le dos. Légère scoliose à convexité dorsale droite : submatité de Ja base gauche avec bouffées de râles fins inspiraloires. Foie et rate normaux ; pas d'œdème des jambes ; ni sucre, ni albumine.

Le 17 janvier, sur l’éruption de zona cervico-brachial., en voie de disparition, s’est fait une poussée furonculeuse con- Îluents de la région antérieure et de Ia région de la nuque. Il s’agit bien de furoncles véritables avec bourbillons ; quelques éléments furonculeux ont essaimé à distance, au niveau du coude gauche et dans la barbe à droite, entre autres.

Les éléments de zona disséminés ont subi exactement l’évolution des éléments du zona confluent : dessiccation, formation d'une croûte noirâtre qui se détache facilement.

29 juillet. —- Les furoncles de la partie antéro-inférieure de la plaque zoniforme ont évolué rapidement vers la guérison, mais ceux de la nuque et de l'épaule ont pris l’aspect de deux vastes anthrax, avec un grand nombre de bourbillons nécrosés sous-jacents et des décollements assez étendus, avec une indolence relative.

Incision large au thermocautère et dramage avec contreouverture.

31 juillet. — Les lésions furonculeuses évoluent vers la cicatrisation. Au niveau des points de zona qui n'ont pas été le siège de la poussée furonculeuse, l’éruption a laissé des traces cicatricielles, déprimées, blanc rosé, avec pigmentation considérable à la périphérie. De même les éléments de zona disséminés sur le tronc et le cuir chevelu ont en certains points

laissé des cicatrices gaufrées, même variohformes.

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