‹ Le Zona: Avec éruption généraliséeChapitre 9 sur 17 · LIT · texte numérisé non relu

LIT

Zonas bilatéraux symétriques.

Les zonas bilatéraux étaient connus des anciens auteurs qui les croyaient d'une gravité toute particulière, si bien qu'Alibert disait :

« Un auteur allemand prétend que Féruption a pu faire une fois le tour du corps et former un cercle complet ; je n'ai jamais été témoin de ce fait qui doit être extrêmement rare et qu'on dit être mortel, mais j'ai vu l’exemple curieux de deux zones qui saisissaient les flancs. »

Pline l'Ancien, dans son Histoire naturelle, le considère comme mortel « et enecat si cinxerit ». De nombreuses observations en ont été rapportées, nous citerons les cas de Montaut, en 1829, de Franck, en 1838. Testut (1), dans sa thèse inaugurale, rapporte un cas, observé par le D'-Peyre, de zona bilatéral du thorax. Hallopeau et Barié, en 1892, en citent un cas à la Société de Dermatologie; puis Cantrel (2), en 1898, rapporte un cas de zona bilatéral correspondant au douzième nerf intercostal des deux côtés. Guérison. «

Cette forme, quoique déjà atypique de par la ceinture complète, ne l’est pas à proprement parler, car la topographie reste assez fidèle au schéma du zona et l’affeclion est toujours localisée.

Zonas bilatéraux non symétriques.

Quant aux zonas doubles, non symétriques, Fabre, de Commentry, en 1903, nous apporte « son expérience de

(1) Testut, thèse Paris 1876 : La symétrie dans les affections de la peau.

(2) Cantrel. The Philadelphia polyclin (in thèse Champion).

médecin de campagne », dit-il, en se basant sur 231 cas de zonas observés pendant une période de trente-sept ans. Sur ces 231 cas, il n’a observé qu'un cas de bilatéralité non symétrique (1).

Il s'agissait d'une femme de 76 ans qui, pendant trois jours, souffrit de douleurs névralgiques violentes dans la région dorsale droite: trois jours après, apparition dé rougeurs vers le septième espace droit, et de quatre plaques d’herpès sur la cuisse gauche, en arrière, sur le trajet du sciatique. L'éruption a nettement les caractères d'un zona.

Le professeur Alfred Fournier (2), en juillet 1900, à Ja Société de Dermatologie, citait un cas de zona double et alterne, non symétrique, où l’éruption intéressait la fesse droite, la euisse droite et la partie supérieure gauche du thorax.

D'autre part, Chavanne, à la Société française de Rhinologie et d'Otologie, en 1906, rapporte un cas de zona bilatéral de l'oreille.

Boulland, en plus, dans sa thèse, en 1888, rapporte de nombreux cas de bilatéralité symétrique ou non du zona; mais le sien propre, « zona bilatéral compliqué d'herpès généralisé », sera un exemple que nous reprendrons plus loin, car il cadrera avec nos observations de zona généralisé.

Fabre va aller plus loin, et d’après sa statistique, 1] va nous citer des cas de zonas dédoublés, puis bifurqués.

(1) Fabre. Progrès Médical, 24 oct. 1903.

(2) Fournier, Société dermatologique, juillet 1900.

Zonas dédoublés et bifurqués.

Par zonas dédoublés, il entend ceux dans lesquels la bifurecation s'effectue près du point de départ de l'éruption; dans les bifurqués, la division se manifeste assez ‘loin de la première plaque herpétique.

Il cite trois cas de zonas dédoublés :

Le premier, chez un enfant de 6 ans et 9 mois : zona intercostal droit des deuxième, troisième et quatrième espaces. L'éruption se bifurque vers l'épaule, et quelques plaques vésiculeuses descendent sur la face interne du bras jusqu'au coude.

Le deuxième est un zona lombaire chez une femme de 38 ans; l'éruption contourne le bassin jusqu'à la vulve et envoie un prolongement à la face interne de la cuisse.

Le troisième cas est analogue.

Il cite en outre 17 cas de zonas bifurqués, dont un cas observé à l'hôpital Saint-Louis, dans le service d'Hilloiret, en 1869, où, avec un large zona lombo-abdominal coïncide une plaque isolée vers le pubis, allant vers la face interne de la cuisse.

I] a même vu des cas de trifurcation, dont l’un, occupant la nuque, le côté gauche du cou, la partie supérieure du thorax, le troisième espace intercostal gauche, la face postérieure de l'épaule et toute la longueur du bras et de l'avant-bras, et auquel, dit-il, d'après la terminologie de von Bärensprung, il faudrait donner le nom de zona occipito-dorso-cervico-pectoro-brachial gauche.

Mais, dans tous les cas rapportés ci-dessus, en somme le zona semble atteindre la même région, qu'il soit ‘uni

ue

ou bilatéral, il semble procéder selon un ordre, partant d'une éruption principale pour envoyer des prolongements à distance, suivant des territoires nerveux plus ou moins Voisins.

Zonas avec placards aberrants.

Nous arrivons maintenant à des formés où l'affection altemt des territoires tout à fait différents, et ces formes ont été, depuis, groupées sous l'étiquette de « zonas avec placards aberrants ».

C'est d'abord l'observation de, Bradshaw (1), où le zona frontal existait en même temps que le zona intercostal du troisième espace, tous deux du côté gauche du corps. Ces deux zonas correspondaient donc à des terriloires nerveux différents : première branche du trijumeau et troisième nerf intercostal.

Puis, cest celle de Fox (2), qui présente un unique placard à distance. Il s'agissait d'un enfant de deux mois et demi qui montrait une éruption typique de zona du üiers supérieur de la face interne des deux cuisses, avec une plaque isolée, très nette, au milieu du mollet droit. lei, l'affection a donc porté sur le nerf crural de chaque côté et sur le sciatique pophité mterne droit.

Legendre, à la Société médicale des Hôpitaux de Paris, en 1898, cile le cas d’une femme qui avait un zona intercostal droit très caractéristique: huit jours après, elle a un mouvement fébrile, des névralgies, puis apparaîl un bouquet d'herpès à la partie Imférieure de la fesse droite. Là, il s'agissait de deux poussées de zona suc-

(1) Bradshaw cité dans Champion, loc. cit,

(2) Fox cité dans Champion, loc. cit.

Page 1