CHAPITRE PREMIER
Historique
Le zona ophialmique fut nettement individualisé par Hutchinson en 1866. C’est lui qui fixa les lésions nerveuses qui en sont le substratum, et le différencia des mala-
dies de la peau où il était absorbé.
Depuis cette date, nombre d’auteurs en ont fait de longues études, et si l’on est arrivé à sa description clinique complète et exacte, on n’a pas pu cependant élucider sa pathogénie.
Il semble, pour le moment, que les lésions toujours observées au niveau du ganglion de Gasser, du ganglion ciliaire, du nerf ophtalmique et de ses divisions, relèvent d'une cause infectieuse ou toxique.
L'action de l’intoxication ou de l'infection suffit-elle à elle seule? N'’est-elle que le moyen de préparation à la fixation secondaire d’un microbe spécifique?
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La question n’a pu être tranchée, bien que nombreux soient les auteurs qui croient au virus zostéçien et dirigent leurs recherches, comme furent dirigées les recher-
ches dans l’étude de la poliomyélite antérieure.
L'intérêt des discussions a été récemment relevé par l'analyse des observations relatant des éruptions de varicelle et de zona, successives ou même simultanées. A ce propos, on a parlé à nouveau des certitudes de contagiosité, d'immunisation, des réactions biologiques que l’on
avait étayées sur de plus anciennes observations de zona.
Toujours est-il qu’à l’heure actuelle, tout en admettant la théorie du zona, maladie infectieuse spécifique, immunisante, à localisation nerveuse, on doit reconnaître comme beaucoup plus fréquents les cas de zonas symptomatiques d’intoxications ou d'infections différentes.
Les travaux découlant de faits cliniques remarqués à la clinique ophtalmologique de l'Hôtel-Dieu de Lyon ont largement contribué à la mise au point de l'étude du zona ophtalmique. La fréquence de cette affection, variable, il est vrai, suivant les pays, est assez grande. Elle paraît d’ailleurs s’accroître dans ces dernières années.
La thèse de Duméry (Lyon, 1896), inspirée par le professeur Rollet, a fixé l’étude des manifestations oculaires dans le zona ophtalmique.
L'étude de sa pathogénie se retrouve dans une communication à la Société de Médecine de Lyon (1896). Mais, alors que l’on a beaucoup insisté sur la fréquence de l’origine toxique du syndrome, ou des rapports fréquents qu'il a avec l'infection tuberculeuse, pneumococcique,
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ourlienne ou autre, le rôle de la syphilis semble tenu en second plan.
Dans cet ouvrage, après avoir rappelé la symptomatologie et l'anatomie pathologique de l'affection, nous nous attacherons à montrer les rapports intimes de la syphilis et du zona ophtalmique, et nous essaierons de les expliquer.
Enfin, nous établirons le pronostic spécial du zona ophtalmique syphilitique.