‹ Le Zona Ophtalmique SyphilitiqueChapitre 9 sur 20 · PRET PE · texte numérisé non relu

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sible néanmoins d'établir un rapport de constance entre la syphilis et le zona. »

Jullien va plus loin, en écrivant : |

« Je pense avoir établi la réalité et même la fréquence, au cours de la syphilis, d’éruptions zostériformes qui ne sont pas le zona et ne sont pas des syphilides, et dérivent de l’action des toxines sur le système nerveux central ou périphérique, peut être ganglionnaire, et peuvent être rangées avec assez de vraisemblance dans la classe des manifestations parasyphilitiques. »

Et pourtant, si l’on a insisté sur la corrélation qui peut exister entre le zona et des états infectieux aigus, on a signalé beaucoup moins celle qui peut le lier à un état infectieux chronique : tuberculose et syphilis.

W. Brown et Dujardin trouvent le fait frappant que le zona affecte avec prédilection les sujets syphilitiques c'est ainsi qu'ils observaient neuf cas de zona chez douze cents syphilitiques et six cas seulement sur treize mille sujets indemnes de cette affection, constatation qui s’accorde absolument avec les faits rapportés autrefois par Head et Campbell, dans les statistiques desquels on relève environ deux tiers de syphilitiques chez les malades atteints de zona.

Faut-il s’en étonner ? Nous allons nous efforcer de l’expliquer.

Nous rappelons la fréquence de la syphilis, relevant de la facilité de la contagion, de l’hérédité, de l’insuffisance des traitements.

Or l'atteinte des méninges est classique dans la syphilis. Nous trouvons là l’explication de la fréquence du zona

chez le syphilitique.

Dans sa thèse : « Les acquisitions récentes sur la pathogénie du zona », le docteur Destrem étudie en particulier la réaction méningée. Nous l'avons signalée, en étudiant les symptômes du zona. Et dans son travail, il distingue deux modalités de réaction méningée

« Depuis les investigations de MM. Brissaud et Sicard, le zona a pu être considéré comme devant dépendre d’une méningite. Rapidement, en effet, les cas se sont multipliés de zona typique, dans lesquels l’examen du liquide céphalo- rachidien parmit de constater une réaction lymphocytaire moyenne, avec gros éléments, peut-être endothéliaux, avec hyperalbuminose et légère hypertension ».

D'autre part, les recherches bactériologiques ont pu mettre en évidence la fréquence des méningites d’étiologies différentes, dons le seul symptôme objectif était précisément une éruption zonateuse.

Un cas de zona ophtalmique conduisit MM. Chauffard et Rendu, à reconnaître un rapport entre les symptômes méningés et la localisation de l’éruption. La céphalée, la raideur de la nuque répondaient à la rachialgie et au Kernig du zona lombo-abdominal. Les signes qui accompagnent la réaction méningée du zona sont, en résumé, l’hypertonie musculaire, l’exagération des réflexes, la bradycardie et les vomissements. Ces symptômes sont très fugaces et ne semblent qu'accompagner l'invasion des méninges.

L'époque où apparaissent les modifications du liquide céphalo-rachidien montre que la méningite n’est pas initiale, mais due à une propagation. Les recherches anatomiques sur les culs de sac que les enveloppes du névraxe

envoient jusqu'au pôle ganglionnaire font comprendre

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leur mode de réalisation (Sicard et Cestan-Lamy).

Mais si la méningite est secondaire dans le zona maladie, elle est bien souvent au contraire le processus initial dans le zona symptomatique. Les zonas tuberculeux, syphilitiques, ourliens, sont la conséquence de processus méningés plus ou moins atténués.

A côté de la voie ascendante, suivie par l'infection, du ganglion à l’arachnoïde, il faut donc admettre une voie descendante qui amène, conformément au cours probable du liquide céphalo-rachidien, vers les gaines radiculaires, les agents pathogènes qui ont envahi les méninges. Qu'une telle voie soit possible, nous n’en voulons comme preuve que la constatation faite par M. Tinel, de follicules tuberculeux en plein ganglion au cours d’autopsies de méningites tuberculeuses. »

Il est plus logique d'admettre l’action directe du tréponème lui-même, dans une gangliite par propagation de la méningite spécifique, que d’invoquer le rôle de l'infection syphilitique, comme préparant le terrain à un virus encore inconnu du zona-maladie.

Cela cadre avec ce que l’on satt de l’affinité étrange du spirochète pour les tissus nerveux.

La méningo-radiculite elle-même crée le zona, soit par irritation du voisinage, soit par localisation directe du spirochète sur le ganglion.

Si l’on se rappelle l’anatomie du trijumeau, combien sa lésion, par propagation des lésions méningées est facilement expliquée !

Dans l’étage moyen de la base du crâne, le trijumeau s'applique sur la face antérieure, endocranienne du ro-

cher. Le plexus triangulaire qu'il forme et le ganglion

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de Gasser sont alors compris dans une loge fibreuse, dédoublement de la dure-mère, nommée cavum de Meckel. Les feuillets de la dure-mère contiennent un réseau vasculaire important, dépendant du sinus caverneux.

À l’intérieur de ce cavum, le plexus triangulaire est entouré d’une gaine, dépendance de la pie-mère et de l’arachnoïde de l'étage postérieur de la base du crâne.

Ainsi la situation anatomique du ganglion de Gasser, ses rapports intimes avec les méninges, sa proximité d’un système vasculaire important, s'unissent aux tendances du spirochète pour les localisations nerveuses, pour rendre très naturelle son atteinte par la propagation d’un pro-

cessus méningé.

Quant aux paralysies du zona, faut-il les rapporter à la |

méningite causale qui serait basilaire, localisée ? On peut fort bien concevoir l'atteinte des nerfs basilaires par un processus méningé généralisé, car ils sont excessivement vulnérables.

Mais dans le zona ophtalmique où les phénomènes congestifs sont poussés au maximum, le trouble transitoire ne peut-il pas être le résultat de l’action simplement mécanique d’un foyer inflammatoire ganglionnaire sur des nerfs en rapport de contiguïté. Aussi, cliniquement, estce le nerf moteur oculaire commun qui est le plus fréquemment lésé (quatorze fois sur seize cas de paralysies oculaires : Champion-Désirat — douze fois sur quinze cas : Ramsay Hunt).

Ou bien la lésion sympathique est évidente : ainsi dans l'atteinte du ganglion ciliaire, qui ne contient pas de cellules nerveuses sensibles, n’est que traversé par des fi-

bres sensitives, mais présente des articulations de fibres

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