DE LA CYAX0SE
cardiaque congénitale. Le fait en lui-même est bien connu, mais son explication n'en est pas plus facile, et pour ma part j'avoue que je ne saurais vous en présenter aucune. Celle que j'ai imaginée jadis pour rendre compte des déformations analogues constatées dans l'Ostéoarthropathie hypertrophiante pneumique et dans laquelle je faisais jouer un rôle majeur à des toxines élaborées dans l'appareil pleuro-pulmonaire ne semble guère pouvoir s'appliquer ici.
Il me reste à vous parler, dans l'observation de Poul. . . , de quelques troubles portant sur divers appareils.
Et d'abord que signifient les deux hémoptysies dont je vous ai signalé l'existence? Quelque fréquente que soit la tuberculose pulmonaire chez les individus atteints de Cyanose congénitale, il ne faudrait pas croire que de semblables hémoptysies soient toujours un indice certain de l'existence de cette affection. L'histoire de notre malade serait la preuve du contraire. On sait en effet que, chez les sujets de ce genre, diverses hémorrhagies se montrent avec une prédilection toute particulière. Tantôt il s'agit d'hémoptysies, tantôt d'épistaxis, ou encore de pétéchies ou d'hémorrhagies gingivales comme dans le cas de Bouillaud où l'une de ces dernières amena la mort de l'enfant.
Poul... se plaint en outre de vertiges, de bourdonnements d'oreilles et d'une violente céphalalgie siégeant au niveau de la région frontale; ces désordres dans la sphère du système nerveux sont loin d'être rares dans la Cyanose congénitale; on en observe même souvent d'autres d'une nature plus inquiétante tels que des
syncopes ou de véritables attaques convulsives à caractère nettement épilepti forme.
Tel est l'ensemble des symptômes présentés par ce malade. Vous voyez, Messieurs, qu'il correspond entièrement à la description classique de la Cyanose par lésion congénitale du cœur.
Un point doit être mis en relief, l'âge de cet homme; il a actuellement trente-deux ans d'où cet enseignement que la Cyanose congénitale n'est nullement incompatible avec une survie assez prolongée; on pourrait en effet trouver un certain nombre de cas de cette affection dans lesquels les malades ont vécu jusqu'à quarante ans et plus. Mais il ne faut rien exagérer et une pareille survie est, à la vérité, exceptionnelle. Ce ne sont d'ailleurs pas les prétextes qui manquent à ces malades pour mourir; le plus souvent ils succombent à une affection pulmonaire ; vous savez quelle est chez eux l'extrême fréquence de la phthisie : quelquefois c'est une bronchite aiguë, une broncho-pneumonie qui entraîne la terminaison fatale. Ou bien encore c'est une hémorrhagie, une syncope, Yasystolie. Les maladies infectieuses, notamment les fièvres éruptives de l'enfance, revêtent souvent chez les cyanotiques une gravité extrême; la grossesse est pour ces malades particulièrement dangereuse. Enfin on a vu, avec une certaine fréquence, paraît-il, Y abcès du cerveau1 survenir chez ces sujets avec ses redoutables conséquences.
I . David Bovaird. — Deux cas de cyanose congénitale due à la sténose de l'orifice pulmonaire avec Ibramen interventriculaire. Arcli. o