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ENSEIGNEMENT DE L\ THÉRAPEUTIQUE

genre ont encore l'inconvénient de ne pouvoir nous faire connaître que les phénomènes produits par les faibles doses, diles thérapeutiques. Les mêmes agents sont des médicaments ou des poisons suivant les doses auxquelles on les emploie, et il importe de se rendre compte des effets des diverses doses. Il faut, de plus, pouvoir interroger les grandes fonctions dans des conditions déterminées et enregistrer à l'aide des instruments les plus perfectionnés les modifications subies par ces fonctions.

De là l'obligation d'étudier la pharmacodynamique et la toxicologie chez les animaux à l'aide de la méthode expérimentale. Cette méthode, toute française, inaugurée par Magendie, portée à un haut degré de perfection par Cl. Bernard, nous a rendu et nous rend chaque jour les plus grands services.

La thérapeutique apphquée suppose connue la phar- Pharmacothémacodynamique, elle s'appuie, de plus, sur une science ^^p^*^spéciale, d'une élude plus complexe, sinon plus difficile, la pharmacothérapie. Celle-ci ne relève plus de la même méthode. Les notions qui la constituent sont acquises au lit du malade. C'est assez dire que nous subissons alors étroitement les conditions dans lesquelles nous recueillons nos observations. Nous ne sommes plus maîtres de les faire varier comme lorsqu'il s'agit de résoudre les problèmes relatifs à l'analyse physiologique des phénomènes à l'aide de la vivisection. En un mot, nous faisons de l'observation pure, c'est-à-dire de l'empirisme.

Mais ne croyez pas, d'après le sens attribué habituellement à ce terme, que l'empirisme mérite nos dédains. Dans les remarquables pages où Cl. Bernard a exposé avec une grande lucidité les caractères de la méthode expérimentale, il a fait remarquer très judi-

cieusement que l'empirisme est le premier degré de la science. J'ajoute que l'observation pure des phénomènes acquiert la même portée scientifique que l'expérimenlation lorsque nous savons nous rendre exactement compte des conditions dans lesquelles ces phénomènes se produisent.

La pharmacothérapie, tout en relevant de l'empirisme, peut donc revêtir les caractères d'une science au même titre que la pharmacodynamique. A cet égard elle s'est de nos jours considérablement perfectionnée.

Il y a peu de temps encore, nous n'avions dans la plupart des cas que des notions tout à fait insuffisantes sur les conditions créées dans l'organisme par les divers états morbides. Nous ignorions, en d'autres termes, quel était l'état du sujet sur lequel nous observions un effet thérapeutique. Les progrès considérables réalisés depuis peu en patliogénie nous ont apporté des lumières nouvelles sur ce point important. Ai-je besoin de vous citer les découvertes faites récemment sur le processus infectieux, les travaux entrepris pour déterminer avec précision les divers troubles de la nutrition dans les maladies tant aiguës que clironiques? Voilà pour ce qui concerne ce qu'on peut appeler le terrain de nos actions médicamenteuses.

Regardez maintenant d'un autre côté. Nous n'avons pas fait moins de progrès dans l'étude des phénomènes provoqués par les médicaments. Des procédés réellement scientifiques nous ont permis d'apprécier les modifications du pouls, celles de la constitution des urines, les altérations morphologiques et physico-chimiques du sang, les variations de la tension sanguine, les fluctuations dans la déperdition de chaleur par la peau, les altérations dans la composition du suc gaslrique, etc.

Thérapeutiq.ue

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