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ENSEIGNEMENT DE LA THÉRAPEUTIQUE

On peut acdiellement, pour peu qu'on le veuille, apporter à la description des etîets dits thérapeutiques une rigueur égale à celle qui préside aux travaux de laboratoire. La pharmacotliérapie permet donc d'enregistrer avec précision les phénomènes et de déterminer les conditions dans lesquelles on les observe; elle tend ainsi à revêtir de plus en plus les caractères d'une science et à rivaliser à cet égard avec la pharmacodynamique.

Mais ces deux sciences, la pharmacodynamique et la pharmacothérapie, étant supposées connues, ne peu- appliquée, vent être considérées que comme les bases de la thérapeutique proprement dite. Celle-ci, dite aussi thérapeutique appliquée, est encore autre chose. Je l'ai définie, après beaucoup d'autres, la connaissance des indications et l'art de les remplir.

Un exemple très simple vous permettra de comprendre ces distinctions qui, au premier abord, peuvent vous paraître un peu arbitraires. Prenons la digitale. La matière médicale nous renseigne touchant sa provenance, sa constitution ; elle nous fait connaître ses principes actifs, les diverses formes sous lesquelles elle peut être utihsée. D'autre part, à l'aide de la méthode expérimentale, la pharmacodynamique nous apprend que la digitale est le type des poisons du cœur.

A son tour, la pharmacothérapie nous dévoile ses propriétés médicamenteuses. Elle nous fait voir que, tout en ne produisant pas de diurèse chez les individus sams, elle doit être mise au premier rang des diurétiques en cas d'hydropisie par troubles mécaniques de la circulation ; elle nous montre aussi que tout en déterminant cà certaine dose de l'arythmie, elle est un des meilleurs régulateurs de l'action cardiaque quand celleci est perturbée par le fait de la maladie.

Enseignement

de la thérapeutique.

Tran.sportons-nous maintenant, avec ce bagage de connaissances, au lit d'un malade. 11 faut que nous sachions dans quel cas la digitale sera indiquée, à quel moment d'une évolution morbide ce précieux médicament devra intervenir ; sous quelle forme et à quelle dose il conviendra de le prescrire; pendant combien de temps celte prescription devra être maintenue.

Evidemment, nous prendrons en partie pour guide de nos déterminations les notions que nous avons acquises touchant les effets physiologiques et médicamenteux de la digitale et de ses divers principes constituants; mais je dis en partie seulement. C'est la connaissance précise de notre malade, de son état morbide, qui nous permettra d'apprécier l'opportunité d'une intervention à l'aide de la digitale, et qui nous indiquera dans quelle mesure cette intervention doit avoir lieu. En d'autres termes ce sont nos connaissances cliniques qui nous permettent d'appliquer pour le bien de nos malades les notions fournies par les diverses sciences que nous venons d'énumérer. Avant d'agir nous établissons un rapport entre « l'indiquant et l'indiqué » pour employer une expression fort juste quoique ancienne. La thérapeutique proprement dite, pratique, est donc une science d'application, un art si vous voulez, en un mot, un complément des études cHniques.

Ces quelques considérations vous montrent, Messieurs, que l'enseignement qui m'est confié est extrêmement vaste, car il comprend à la fois la matière médicale et la thérapeutique. Laissez-moi donc vous répéter ce que j'ai dit il y a dix ans déjà et ce que j'ai redit souvent, la situation étant restée la même.

Mon enseignement comprend deux parties naturellement distinctes, ainsi que nous venons de le voir, par

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