VINGT-CINQUIÈME LEÇON
MÉDICATION HYPERCINÉTIQUE (SUITE)
iloyens physiques (suite) : description des procédés d'électrisation {fin), massage, hydrothérapie. — Emploi des eaux minérales. — Médication de la NECRASTHÉNIE.
Galvanisation galvanisation peut être employée dans les mêmes
cas que la faradisation. Elle s'impose, en outre, dans tous ceux où la contractilité faradique est épuisée. On a le choix entre deux procédés principaux : la méthode bipolaire et la méthode unipolaire. La première s'adresse plus particulièrement aux lésions qui tiennent la paralysie ou l'amyotrophie sous leur dépendance. Elle détermine une polarisation des tissus qui se trouve utilisée en même temps que l'action excitatrice.
La méthode unipolaire n'est pas dépourvue de tout effet polarisateur, mais celui-ci est d'autant moins prononcé que les interruptions sont plus fréquentes. Elle est à son minimum lorsqu'on emploie, comme Remak, les courants dits labiles (interruptions fréquentes dues à l'action de promener le pôle actif à la surface des téguments). On agit exceptionnellement par voie réflexe à l'aide des procédés décrits à propos de la médication de l'anesthésie.
Pour compléter l'énumération de ces procèdes il
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convient de mentionner l'emploi des décharges du condensateur et les procédés dans lesquels on combine la galvanisation avec la faradisation. Signalons également l'application prolongée de courants continus faibles, préconisée par M. Le Fort et par M. Val tal.
J'ai décrit en détail tous ces modes d'application de la galvanisation dans mon cours sur l'électro thérapie. Cependant, je vais vous rappeler sommairement les deux principaux.
Pour pratiquer l'électrisation bipolaire qui vise surtout les troubles trophiques des muscles, on applique les deux réophores humides et de même surface audessous de la lésion nerveuse de façon à obtenir une réaction au moment des interruptions du courant. On utilise le courant ascendant ou le descendant ou bien, dans le cours de la même séance ou de séances successives, on fait alterner le sens du courant. Les deux pôles sont fixes, mais on pratique de temps en temps des interruptions, dont le nombre peut être très variable suivant les cas. L'intensité du courant doit être proportionnelle au degré de l'excitabilité musculaire, et il est utile de se souvenir que les excitations sont l)lus actives au moment où les tissus sont polarisés par suite d'une certaine durée dans le passage du courant, qu'au début de l'application du courant de pile. Le nombre des interruptions doit habituellement être peu élevé dans les premières séances de la médication et devenir plus grand dans les séances suivantes.
La méthode unipolaire appliquée, soit à un nerf, soit à un certain groupe musculaire, permet la localisation précise de l'excitation électrique aux parties malades.
On fixe une large électrode humide en forme de plaque, reliée en général au pôle positif, sur un point
inexcitable, soit sur le sternum ou sur la colonne vertébrale, tandis qu'une électrode négative, humide, à petite surface, est appliquée au niveau du muscle ou du nerf moteur. On pratique alors immédiatement ou au bout de quelques minutes des interruptions, ou bien encore, s'il s'agit de l'électrisation des masses musculaires, on promène le réophore excitateur à la surface de la peau qui leur correspond.
Dans un grand nombre de cas, il y aura un réel avantage à employer d'une manière alternante ces divers procédés, notamment lorsqu'il s'agit de paralysies périphériques ayant entraîné une réaction de dégénérescence plus ou moins complète. Le plus souvent on commencera le traitement à l'aide de la galvanisation et on le poursuivra en se servant du courant faradique.
Les décharges statistiques, telles que celles que peut donner la bouteille de Leyde, n'interviendront que lorsque les muscles seront dans un état d'atrophie très avancée.
Les cas les moins favorables à l'emploi de l'électrisation sont ceux dans lesquels la réaction de dégénérescence est complète.
Les indications que je viens de vous fournir étant visant uniquement relatives à la médication de la paralysie et de l'amyotrophie, je dois encore vous parler des essais qui ont été tentés dans le but de modifier le phénomène tremblement à l'aide de l'électrisation. Tous les procédés ont été mis à contribution avec des succès divers, trop souvent médiocres.
La faradisation a été employée en cas de tremblement localisé à un membre, en application légère sur les muscles de la partie atteinte. Quand le tremblement
Procédés
le
tremblement.
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est généralisé (tremblement sénile, tremblement toxique, etc.) il est préférable de se servir de la faradisation généralisée en utilisant le procédé de Beard et Uockwell. Le malade étant placé sur un plateau bon conducteur en rapport avec le pôle négatif, le médecin tient dans sa main le pôle positif et touche le malade avec son autre main mouillée ou avec un excitateur à éponge.
Enfin je dois mentionner le bain faradique qui d après les observations de M. C. Paul et d'autres médecins paraît utile dans certains cas.
Lorsqu'on a recours au courant de pile, on doit également se servir de courants faibles, appliqués au niveau des troncs nerveux ou des muscles. Ces courants seront labiles ou soumis à des interruptions peu nombreuses. Contre le tremblement généralisé on pourra utiliser un des modes de galvanisation centrale. Le procédé de Beard consiste k placer une large électrode positive sur l'épigastre, tandis que le pôle négatif est promené sur la tête, sur les sympathiques et sur la colonne vertébrale . On doit se servir de courants faibles .
L'électrisation statique, sous forme de bain électrostatique simple, ou accompagné de faibles excitations produites par les pointes de métal ou de bois (aigrettes) , peut être employée dans tous les cas de tremblement. Elle offre surtout des chances de succès dans les tremblements liés aux névroses.
Je dois, toutefois, vous prévenir que la paralysie agitante se montre remarquablement résistante à tous les moyens susceptibles d'être utilisés. On considère jusqu'à présent cette affection comme probablement incurable.
Bien que l'électricité soit le plus actif des moyens
physiques auxquels on puisse s'adresser dans la médication hyperciné tique, les autres moyens physiques ou mécaniques sont également capables de rendre des services.
Massage. Lg massage qui, dans ces dernières années, a donné lieu à des recherches nouvelles intéressantes peut, seul ou combiné avec lelectrisation, remplir quelques indications dans les cas de paralysie ancienne avec ou sans amyotrophie. Il vise surtout certaines complications et tout particulièrement les raideurs articulaires et les contractures. Fait dans de bonnes conditions, il peut rendre de la souplesse aux membres paralysés dans lesquels la circulation est languissante et dont les articulations sont altérées. Le massage des muscles peut aussi favoriser la régénération des fibres atrophiées et s'il est incapable, à lui seul, de constituer une médication, il en est à coup sûr, dans quelques cas, un utile complément. On le combine parfois, non seulement avec l'électrisation, mais aussi avec diverses pratiques hydrothérapiques.
L'hydrothérapie a été employée dans toutes les
formes de paralysie.
Son intervention dans les maladies cérébrales avec lésions a été fort discutée. Actuellement on s'accorde généralement à reconnaître qu'on ne doit y songer qu'à une époque où la cicatrisation du foyer est très avancée, sinon absolument complète. Il y aurait de l'exagération à répéter, avec quelques médecins, qu'elle est toujours dangereuse et inutile. Au contraire, il y a un intérêt réel à connaître les principales formules employées par les hydropathes, ainsi que les résultats qu'on en obtient, car il nous semble que les aits heureux observés dans certaines stations minérales, s ex-
Hydrothérapie.
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pliquent par rusage, dans ces stations, de procédés hydrothérapiques.
Le plus souvent la médication débute par l'emploi de douches alternatives en jets vigoureux promenés sur le côté paralysé. On a recours ensuite aux douches en jet à forte pression et à basse température et aux bains de siège froids à épingles, de manière à provoquer une révulsion violente sur un point éloigné de l'encéphale. On doit procéder avec ménagements et faire des applications courtes ne dépassant pas 2 minutes. Le bain de siège ne doit être utilisé que lorsqu'on a déjà obtenu l'accoutumance aux autres procédés.
Chez les malades athéromateux, l'hydrothérapie n'est pas formellement contre-indiquée, mais il faut éviter dans son mode d'emploi toute cause d'élévation brusque de la pression artérielle. Les applications doivent avoir pour but de produire une .excitation légère mais soutenue vers la périphérie ou fortement localisée loin des centres. On peut donc utiliser la douche générale en pluie, la douche en cercle enveloppant tout le corps et se terminant par l'application du cercle inférieur. L'immersion dans la piscine ou le bain de lame seront beaucoup plus rarement indiqués.
La céphalée consécutive à l'emploi de ces procédés, signalée par Fléury, est, en général, évitée. quand on commence la séance avec de l'eau peu froide. Dans certains cas même on doit, pendant toute la durée de la médication, éviter les basses températures.
Contre la constipation qui est très fréquente, on peut utilement agir sur l'intestin à l'aide de douches ascendantes administrées au début avec de l'eau tempérée.
Ces divers procédés, dont l'application devra tou-
G. Hayem. — III, 20
jours être faite par un spécialiste exercé, ne peuvent être employés que dans les cas bénins. Dans ces conditions, on a observé de grandes améliorations.
Les affections de la moelle et particulièrement les scléroses sont, plus souvent que les maladies cérébrales en foyers, justiciables de l'hydrothérapie.
La formule principale consiste dans l'administration de douches très courtes, à pression modérée, données au début avec de l'eau à la température de 30° et plus tard de 20° C. On les combine avec l'usage de frictions sèches ou faites avec un liquide alcoolique, et d'un massage superficiel et rapide. On peut encore ajouter à ces moyens quelques exercices de gymnastique méthodique.
Pendant le cours des poussées de congestion médullaire, l'emploi du calorique est indiqué, mais à doses modérées.
Lorsque les phénomènes d'hyperesthésie sont prédominants, on doit éviter les effets révulsifs. Il faut, au contraire, s'efforcer de les produire en cas de paralysie accentuée. M. Charcot a donné le conseil, chez les ataxiques, de faire alterner les applications de pointes de feu le long du rachis, avec les pratiques de l'hydrothérapie.
Dans les scléroses secondaires, il est indiqué de faire usage de douches en jets, courtes, brisées, administrées avec de l'eau à une température aussi basse que les malades peuvent la supporter. En même temps on a recours au massage et aux frictions générales sèches, faites avec des teintures alcooliques. Il est bon toutefois que vous sachiez que ces pratiques ne sont pas tolérées quand il y a de l'hyperesthésie et des contractures. En pareille matière, il y a peu de règles générales; il faut savoir
thermales.
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modifier les formules suivant les exigences variables des cas particuliers.
Pour en finir avec ce sujet, il ne me reste plus que quelques mots à vous dire sur les cures faites dans les stations d'eaux minérales.
L'emploi des eaux minérales, dans les affections qui cures s'accompagnent de paralysie, est fort ancien. L'expérience clinique a démontré qu'il est parfois d'une incontestable efficacité.
Les effets qu'on en obtient ressortissent à la mise en œuvre de certaines pratiques agissant principalement par révulsion, soit sur la peau, soit sur les muqueuses, rarement et peut-être même jamais à une action médicamenteuse proprement dite.
Passons en revue, comme nous l'avons fait jusqu'à présent, les diverses espèces de paralysie.
Certaines eaux minérales ont depuis longtemps une réputation plus ou moins justifiée dans le traitement des paralysies dues à une lésion cérébrale (hémorragie ou ramollissement) . Ces eaux appartiennent presque toutes au groupe des chlorurées sodiques.
Quelques médecins de stations soutiennent qu'elles sont efficaces à une époque rapprochée du début de la maladie. Mais la question est bien difficile à décider, puisqu'il se produit spontanément une amélioration des phénomènes paralytiques pendant la phase régressive des premières lésions. Malgré ces assertions, il est certainement plus sage d'attendre, avant d'instituer la médication, la fin de la période de cicatrisation.
Les malades sont soumis à la fois au traitemeni interne et au traitement externe. Le premier détermine des effets évacuants et révulsifs sur le tube digestif; le second une excitation cutanée révulsive qui, dans l'es-
pècië, paraît jouer le rôle principal. Ainsi la douche prend la place prépondérante dans la cure de Balaruc,. station où Toii compte le plus grand nombre de succès. On obtient des résultats analogues à Bourbon-FArchambault. Quant à Bourbonne, malgré sa réputation ancienne, son efficacité est plus douteuse. On peut citer encore, parmi' les stations appropriées k ce genre de ciire, Wiesbaden (Nassau', Prusse).
Parmi les maladies de la moelle, il n'y a guèrè que les scléroses — particulièrement Tataxie locomotrice — et les maladies de la substance grise avec amyotrophie, qui soient justiciables de la médication thermale. On peut s'adresser, dans ces- divers cas, à des stations assez différentes les unes des autres. ■
Si l'on veut tenir compte des succès acquis, il faut accorder un rang important à La Malou (Hérault) qui appartient, d'après les uns, au groupe des minérales ferrugineuses, d'après d'autres, à celui des minérothermales simples. Cette station est réputée dans la cure de l'ataxie locomotrice et de l'atrophie musculaire de diverses origines. Le traitement externe y joue le principal rôle.
- L'atrophie musculaire peut être également traitée dans d'autres stations, notamment au Mont-Dore et à Balaruc. Cette dernière s'adresse spécialement à la paralysie infantile. Aix (en Savoie), où l'on met depuis longtemps, en usage le massage sous la douche chaude, nous paraît parfaitement approprié à la cure de toutes les amyotrophies.
Les paralysies périphériques dites rhumatismales ou essentielles, les paralysies d'origine syphilitique, les paralysies toxiques relèvent d'un grand nombre de stations et particulièrement des ' minéro-thermales
MÉDICATION HYPERCINÉTIQUE.
simples où l'on fait usage du calorique, de manière à produire une révulsion cutanée plus ou moins intense. Citons Tœplitz, le Mont-Dore, Plombières, Bourbon- Lancy, Luxeuil, Chaudes-Aigues, Aix. en Savoie, Aixla-Chapelle.
Les paralysies consécutives aux maladies aiguës doivent être adressées surtout aux; chlorurées fortes, telles que Balaruc, Bourbonne, Kissingen.
Dans les paralysies toxiques métalliques on recommandera également les chlorurées sodiques ou bien encore les sulfureuses chaudes.
Ce sont les paralysies hystériques qui.offrentle plus de résistance.. D'après M. Durand-Fardel les stationS:de Saint-Sauveur, d'Eaux-Chaudes, de Schlangenbad sont «elles qui offrent à cet égard le plus d'efficacité.
Les paralysies ou . plutôt les parésies qui paraissent liées à un état asthénique du système nerveux généralisé ou localisé peuvent être heureusement modifiées par les traitenients hydro-minéraux. On doit choisir dans ces cas les chlorurées sodiques fortes, ou les eaux minérales simples à, action excitante. Ces dernières réussissent particulièrement dans l'impuissance par excès vénériens. Les, stations les plus fréquentées par les épuisés sont Wilbad-Gastein, Ragatz-Pfeffers, Luxeuil, Bourbon-Lancy.
11 ne me reste plus, pour terminer l'étude de^ diverses variétés de la médication név'rosthénique, qu'à vous dire quelques mots des moyens propres à combattre la neurasthénie.
Vous savez que ce nom a été donné par Beard à une névrose essentiellement caractérisée par un affaiblissement durable de la force nerveuse.. Comme il se joint souvent aux symptômes de dépression du système
Médication de la neurasthénie.
3iO LEÇONS DE THÉRAPEUTIQUE.
nerveux des phénomènes d'excitation, la neurasthénie produit un état complexe dont l'expression anglaise de « faiblesse irritable » donne une idée exacte. La conception de l'auteur américain a été acceptée par la plupart des pathologistes. Cependant, tout en reconnaissant avec eux la remarquable exactitude de la description clinique et la fréquence considérable de l'état neurasthénique, il me semble que l'on a fait entrer dans un même cadre fort vaste des faits sensiblement différents les uns des autres au point de vue nosologique.
Je ne voudrais pas, à propos de la neurasthénie, soulever la question doctrinale qui surgit toutes les fois qu'il s'agit d'imposer à une névrose une délimitation précise. Qu'il me suffise de vous dire que dans un bon nombre de cas la neurasthénie paraît être un simple élément morbide dont l'origine doit être recherchée en dehors du système nerveux. Nous aurons plus tard l'occasion, à propos de la médication antidyspeptique, d'insister sur les rapports étroits qui existent entre les deux éléments morbides, neurasthénie et dyspepsie, et de vous montrer qu'en s'adressant au dernier on parvient très souvent à faire disparaître l'état neurasthénique que tient sous sa dépendance la déviation de la digestion stomacale ou gastro-intestinale. Pour le moment nous devons nous occuper exclusivement des procédés propres à combattre l'épuisement nerveux, que celui-ci soit un état réellement protopathique ou secondaire.
Beard croyait à l'efficacité des médicaments. Weir Mitchell, qui s'est occupé plus particulièrement de la forme grave de la neurasthénie féminine, a le mérite d'avoir montré que le traitement moral, aidé d'une
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certaine diététique et de lemploi judicieux des moyens pliysiques, donne des résultats très supérieurs à l'emploi des agents médicamenteux. Je vous ferai remarquer plus tard que la méthode de Weir Mitchell s'adresse précisément tout autant à la dyspepsie qu'à l'état névropatlîique.
Lorsque la neurasthénie est très accentuée elle produit comme l'hystérie, qui vient d'ailleurs parfois se combiner avec elle, une dépression morale profonde, une sorte de perversion marquée de la volonté et du caractère. Il n'est pas rare qu'en présence de souffrances et de plaintes perpétuelles, il s'établisse dans l'entourage des malades un courant de sympathie et de tendresse exagérées. Pour obtenir un résultat thérapeutique, Weir Mitchell a reconnu la nécessité d'arracher les malades à ce milieu préjudiciable où le médecin ne peut plus d'ailleurs exercer sa bienfaisante autorité. L'isolement devient alors une nécessité et pour être efficace il faut qu'il ait lieu dans un établissement spécial sous la direction d'un médecin ayant autant de tact que de compétence. Cette sorte de traitement moral, qu'il faut dans certains cas d'hystérie et de neurasthénie savoir imposer aux familles et obtenir du consentement des malades, a reçu l'approbation de M. Charcot, de Playfair et d'autres grands praticiens.
11 constitue la première base du traitement de Weir Mitchell. Celui-ci est complété par le repos, le massage, l'électrisation et une alimentation progressive qui doit en peu de temps aboutir à une, véritable suralimentation.
Le repos doit être absolu à tel point que les malades doivent s'abstenir de tout mouvement et que les repas doivent être donnés par la garde. Il est nécessaire de le
faire durer longtemps et de ne permettre que d'une manière lente et progressive les mouvements, puis la station verticale et enfin la marche. Mais il est clair que cette prescription devra être subordonnée à l'intensité variable des phénomènes de dépression. Elle n'est réellement indiquée que lorsqu'il y a prédominance des phénomènes médullaires, soit dans la forme dite myélasthénique. On en a reconnu cependant aussi la nécessité en cas de vertige intense et persistant.
C'est pour lutter contre les inconvénients de ce repos absolu, en même temps que pour exercer une action sur la nutrition générale que Weir Mitchell a recours au massage et à l'électrisation.
Le massage doit être général et lorsqu'il . existe un degré notable d'atonie gastro-intestinale, il est pratiqué sur l'abdomen en même temps que sur les muscles des membres et du tronc. Au début les séances sont courtes, de vingt à trente minutes, plus tard d'une durée d'une heure. Avant de permettre aux malades de quitter le lit, on termine les séances de massage par de grands mouvements passifs des membres.
L'électrisation se fait à l'aide des courants interrompus à intermittences peu nombreuses. On place une des électrodes sur le nerf et l'autre sur le muscle ou les deux électrodes à la fois sur les muscles. La faradisation générale avec des courants faibles est également recommandable.
Enfin Weir Mitchell insiste d'une manière toute particulière sur le mode d'alimentation. Après avoir préparé en quelque sorte les malades à' un fonctionnement actif de l'estomac à l'aide du régime lacté exclusif, il les soumet à une alimentation progressivement plus forte, dans laquelle il ne tarde pas à faire entrer le
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beurre, riuiile de foie de morue, l'extrait de malt et une petite quantité de wisky ou de Champagne sec. Il recommande également une sorte d'infusion de bœuf à laquelle il ajoute une petite proportion d'acide chlorhydrique. En un mot, il accorde une grande attention au régime- antidyspeptique et il le dirige de manière . à obtenir une véritable suralimentation.
Il est rare qu'on soit obligé d'appliquer le traitement de Weir Mitchell dans toute sa rigueur. Chez un assez grand nombre de neurasthéniques l'isolement et le repos absolu sont inutiles et l'emploi des moyens physiques et d'une diététique convenable peut suffire. Nous verrons plus tard que, lorsque la neurasthénie est liée à des troubles dyspeptiques — ce qui me paraît fréquent — les effets du régime peuvent être aidés par l'intervention de quelques médicaments capables de produire une modification des phénomènes digestifs.
A la liste des inoyens physiques déjà indiqués, il est bon d'ajouter l'hydrothérapie. Il faut faire choix des procédés névrosthéniques relativement doux, tels que le drap mouillé recommandé par Ziemssen, le bain frais court avec de l'eau à 30% la douche en pluie avec de l'eau à 24-22", plus .tard plus fraîche.
Enfin la cure de montagne dans lés stations d'altitude moyennement élevée (1000 à 1200 mètres) peut venir utilement compléter la médication. Elle réussit surtout chez les sujets encore jeunes, non atteints de myélasthénic.