ANATOMIE
Deux portions, en partie continues et en partie continues constituent la glande lacrymale. Ces deux portions sont inégales en volume : la plus importante se trouve située à l'angle supérieur et externe de l'orbite; l'autre, placée dans l'épaisseur de la paupière supérieure, est encore connue sous le nom de glande accessoire de Rosenmuller. Cette seconde portion, qui occupe la partie externe de la paupière, est située entre le tendon du releveur, en avant, et l'expansion palpébrale de l'aponévrose orbitairc doublée de la conjonctive, en arrière.
PANAS.
Des liens cellule- -fibreux très-résistants fixent ta portion orbitaire de la glande au périoste de l'os frontal, et s'opposent ainsi à tout déplacement. Cette même portion est séparée du tissu cellulo-graisseux de l'orbite par la membrane de Ténon,d'où la possibilité de l'extirper sans ouvrir la loge aponévrotique de l'œil. Cette disposition constitue encore un obstacle efficace à la propagation rapide des affections de la Irlande du côté de la cavité orbitaire.
Les canaux excréteurs de la glande lacrymale, en nombre variable, s'ouvrent au fond du cul-de-sac de la conjonctive; là, ils sont rangés suivant une ligne transversale qui se termine cà la commissure externe des paupières.
Pour le professeur Gosselin, dont les recherches remontent à 1843, la portion orbitaire de la glande posséderiez canaux excréteurs, tandis qu'il en a compté àesioc à huit pour la portion palpébralc. Tous ces canaux, indépendants selon l'auteur, viendraient s'ouvrir isolément dans le cul-dcsac de la conjonctive.
D'après Sappey (4), le nombre des canaux excréteurs de la portion orbitaire de la glande, varie de trois à cinq. Ces canaux recevraient ceux de la portion palpébralc qui serait ainsi privée de canaux excréteurs indépendants. Toutefois, Sappey admet que, dans le cas où les lobules palpébraux de la glande sont très-multipliés, il en est quelques-uns qui possèdent des conduits excréteurs indépendants. Deux de ces derniers, assez constants, seraient situés vers la limite interne de la glande, et un autre, vis-à-vis le raphé commissural externe des paupières. En résumé, il y a habituellement, selon Sappey, six à huit canaux excréteurs : trois a (1) Sappey, Bull de la Société de Biologie. 1853.
cinq principaux sont communs aux portions orbilaire et palpébrale de la glande, tandis qiwd.eux ou trois correspondent à des lobules égarés de la portion palpébrale. Béraud (1) admet, comme Gosselin, deux canaux prinei-
Pic. (d après Sappey). - 1. Muscle élévateur tic la paupière supérieure.- .' MuscLe irolt suP^ncur. -3. Muscle droit externe. -4, Muscle droit infé- "°!r;750 Muscle Pctit ohU(l™ -6. Portion orbitaire de la glande lacrymale ts, J. Lobules isolés de la portion palpébrale de la glande lacrymale.
paux pour la glande orbitaire, mais il fait varier le nombre de ceux appartenant à la glande palpébrale entre huit et quinze.
Pour P. Tillaux (2), les deux dispositions décrites par Gosselin et par Sappcy existeraient; aussi admet-il deux types ou variétés anatomiques.
Dans l'une de ces variétés, qui est de beaucoup la plus fréquente (13 fois sur 15 préparations), la disposition est
(1) Béraud, Bull, de la Société de Biologie. 1858.
(2) Tillaux, Thèse inaugurale, p, 27-31. Paris, 18152,
celle indiquée par Gosselin, avec cette différence toutefois, qu'au lieu de deux canaux excréteurs pour la glande orbitaire, Tillaux en a rencontré de trois à cinq ; en même temps, il en a compté jusqu'à douze et plus, dans la portion palpébrale de la glande. L'auteur ajoute qu'il n'a pas trouvé deux glandes lacrymales ayant une disposition identique, nonseulement chez des individus différente, mais encore d'un côté à l'autre sur le même sujet; aussi, attache-t-il une faible importance au nombre exact des conduits excréteurs. Ici le volume supplée au nombre, et réciproquement.
Dans Vautre variété, les choses sont disposées comme cela a été indiqué par Sappey, c'est-à-dire que la portion palpébrale de la glande lacrymale se confond en majeure partie avec la portion orbi taire. Quelques lobules seuls viennent s'ouvrir isolément sur la conjonctive.
Ces variétés anatomiques sont importantes à connaître lorsqu'il s'agit de déterminer l'influence que les maladies de la glande ou son extirpation peuvent exercer sur la sécrétion des larmes. L'indépendance plus ou moins complète dedeux portions, orbi taire et palpébrale, nous explique comment l'une ou l'autre de ces portions peut être atteinte isolément par une affection quelconque- La glande se trouve traversée, d'arrière en avant, par plu • sieurs rameaux du nerf lacrymal, qui lui abandonnent des filets nombreux. Le nerf lacrymal, ainsi que toutes les autres divisions de la branche ophlhalmique de Willis, possède des éléments sympathiques ; de plus, il reçoit un rameau anastomotique du nerf maxillaire supérieur, auquel il en envoie un à son tour. Enfin, le ganglion ophlhalmique fournit un filet qui accompagne l'artère lacrymale et qui pénètre avec
elle dans la glande. On conçoil donc sans peine que des excitations, même éloignées, des nerfs sensilifs de la face, ainsi que l'irritation ou la paralysie du nerf grand sympathique cervical, puissent exercer une action directe sur la sécrétion lacrymale, soit en l'accélérant, soit en la ralentissant.
Magendie (1), ayant piqué sur l'homme la branche ophthalmique à l'aide d'une aiguille galvanique, vit constamment l'action du courant augmenter la sécrétion des larmes. On sait, d'autre part, que toute irritation portée sur la conjonctive ou la muqueuse nasale, produit le même effet.
Dans les efforts violents, et en général dans les actes qui entraînent la suspension momentanée de l'inspiration, tels que le rire, l'éternument, etc., on observe l'hypersécrétion des larmes; par contre, leur quantité se trouve notablement diminuée pendant le sommeil. Nous ne parlons point ici des impressions morales vives, telles que la joie, la tristesse, la colère, qui exercent une influence accélératrice sur la sécrétion lacrymale, sinon pour dire que, très vraisemblablement alors, le grand sympathique est la voie suivie par l'influx incilateur encéphalique. La rougeur ou la pâleur du visage qui accompagnent si souvent le rire, les pleurs, et en général toutes les sensations morales vives , sont autant de phénomènes vaso-moteurs sympathiques du même ordre.
L'artère lacrymale, qui alimente la glande, est une des branches les plus volumineuses de l'ophthalmique : parfois elle vient de la méningée moyenne. Des veinules nombreuses lui correspondent, et elles se jettent dans la veine ophlhal- • mique. Quant aux lymphatiques, ils sont encore incomplètement connus. •
[\) Magendie, Piécis élémentaire de physiologie, t. I, p, 39. pari?, 1838.
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PHYSIOLOGIE nH LA GLANDE LACRYMALE