‹ Leçons sur les affections de l'appareil lacrymal [electronic resource]Chapitre 26 sur 35 · RÉTINITES ALBUM IN URIQUES · texte numérisé non relu

RÉTINITES ALBUM IN URIQUES

Antécédents. — Son père, aussi peintre en bâtiments, est mort à l'âge de quarante- cinq ans de la rupture d'un anévrysme. Sa mère est encore vivante et bien portante. Pour notre malade, il n'a pasfaitde grands excès alcooliques : souvent, et depuis surtout ces derniers temps, il buvait du lait le matin. Jamais il n'a eu la syphilis. En 1869, blennorrhagie avec orchite. Jamais il n'a eu de refroidissements, ni de douleurs rhumatismales. En 1872, il est entré à l'hôpital Laribdisière pour des coliques très-violentes ; il a eu en même temps un grand délire, car on a dû l'attacher. Il a été traité par des purgatifs et du soufre et a quitté l'hôpital au bout de onze jours.

A la fin de décembre 1876 il a éprouvé quelques douleurs dans le ventre; à cette époque également il s'est aperçu que ses urines étaient chaudes, abondantes, occasionnant de la douleur en traversant l'urèthre. Cet état aurait duré environ un mois ; mais déjà son appétit aurait diminué et sa santé générale n'était plus très-bonne.

Le 2 janvier 1877 il est obligé de quitter son travail et de se mettre au lit par suite des douleurs plus violentes; la constipation était devenue opiniâtre, il y avait une perte complète d'appétit. Il s'aperçoit aussi que son teint devient jaunâtre. Le médecin appelé le purge d'abord avec de l'huile de ricin, puis lui administre un vomitif. Malgré ce traitement le malade n'allait pas mieux; de plus, il éprouva de l'oppression et une grande gêne dans la respiration ; c'est alors qu'il s'est décidé à entrer à Lariboisière.

3 février soir. — État actuel : le malade est haletant, la respiration est courte et fréquente, il a de plus une grande oppression. Les conjonctives sont légèrement colorées en jaune, la peau a une teinte terreuse.

En découvrant le malade, on trouve le ventre aplati , rétracté. Les douleurs existent surtout dans la région épigastrique; la pression ne les exagère ni ne les diminue. La langue est épaisse et recouverte d'un gros enduit blanc jau-

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nâtre. Lesgenciv.es sont déchiquetées sur- leurs bords qui présentent une, coloration noirâtre. Il n'y a pas de nausées ni de vomissements, mais une constipation opiniâtre.

Cœur. — Il bat dans le cinquième espace intercostal, à 5 centimètres au-dessous du mamelon, sur la môme ligne que lui. Les battements sont très-forts.

L'auscultation permet de constater un bruit de souffle assez marqué, systolique et à la pointe.

Poumons. — Leur examen ne présente rien de particulier à noter.

Reins. — 'Les urines laissent déposer abondamment de l'albumine, soit par la chaleur, soit par l'acide nitrique.

Vision. — Le malade voit trouble depuis une quinzaine de jours, il ne peut plus lire facilement le journal.

On ne trouve aucune paralysie, ni du mouvement ni de la sensibilité.

Le pouls est fréquent , dur. Les artères présentent une dureté très-considérable.

4 février. — Épistaxis. Purgation avec 30 grammes d'huile de ricin. Injection de morphine sur l'abdomen.

5 février. — Épistaxis répétées. De nouveau 30 grammes d'huile de ricin, la purgation d'hier n'ayant produit qu'un effet très-faible.

6 février. — A cause de la grande quantité d'albumine, M. Ollivier prescrit le régime lacté.

7 février. — Le malade souffre moins. La dyspnée est beaucoup moins grande. La langue est toujours très-large, mais beaucoup moins sèche, la constipation tend à persister. Aujourd'hui et les jours précédents il a éprouvé des tressaillements non douloureux dans les membres supérieurs.

42 février. — Amélioration considérable; mais une céphalalgie frontale qui existait depuis longtemps déjà persiste toujours. Elle est intermittente.

RÉUNÎTES ALBUM1NUIUQUES.

14 février. — Les urines, traitées par La chaleur, ne donnent qu'un faible nuage floconneux.

17 février. — Vives douleurs dans les masses musculaires de l'épaule, des bras, des jambes.

18 février. — Purgation avec deux verres d'eau de Sedlilz.

20 février. — Aujourd'hui les paupières inférieures et supérieures du côté gauche sont boursouflées par une abondante infiltration de sérosité. Sous le globe oculaire, autour de la cornée et surtout à la périphérie , on observe un véritable chémosis séreux. Le malade en est très-incommodé , et la pression exercée sur les paupières est des plus douloureuses. La langue est épaisse, recouverte à sa base d'un enduit jaunâtre.

L'examen des urines a dénoté de nouveau un très-abondant précipité d'albumine, aussi abondant queMe premier jour de l'examen.

21 février — Le chémosis est sanguinolent.

22 février. — Le chémosis a encore augmenté. Les douleurs orbitaires et péri-orbitaires sont des plus vives. La paupière supérieure est rouge. La joue du même côté est le siège d'une bouffissure très-considérable.

Applications sur l'œil de compresses imbibées d'un liquide émollient. Trois sangsues à la tempe.

23 février. — Léger soulagement.

24 février. — Les douleurs sont devenues des plus vives, le malade pousse des plaintes; les paupières sont extrêmement rouges et gonflées. M. Panas, qui a examiné le malade, pratique l'iridectomie. Cette opération produit beaucoup de soulagement.

28 février. —Le chémosis persistant toujours, on a fait avec une lancette quelques scarifications.

29 février. — Nouveau soulagement. Le chémosis a beaucoup diminué, surtout à la partie supérieure. En bas, il y a toujours une saillie débordant la paupière correspondante, mais moins violacée.

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°2 mais. — Nouvelles scarifications sur ce qui reste du chémosis.

} 5 mars.— Langue épaisse, saburrale, nausées ; 30 grammes d'huile de ricin.

6 mars. —Deux selles, plus de nausées; la langue est moins saburrale.

La malade se plaint toujours de tiraillements dans les bras, de crampes d'estomac ; mais il n'a plus de céphalalgie.

Le gonflement de la joue gauche, qui avait coïncide avec le chémosis, a totalement disparu.

Les urines examinées ne présentent plus qu'un petit précipité d'albumine au fond de l'éprouvette. L'examen microscopique n'a permis d'y découvrir aucun cylindre. Cet examen a été fait à plusieurs reprises par M. Ollivier, et toujours les résultats sont restés négatifs.

11 mars. — Plus de douleurs dans les yeux; légères traces de chémosis au-dessous de la cornée.

Langue un peu sèche. Constipation.

De plus, depuis deux ou trois jours le malade s'aperçoit d'une certaine faiblesse dans les muscles de la région postérieure de l' avant-bras. Des deux côtés le poignet est légèrement fléchi sur l'ayant-bras, et il ne peut le relever. Il ne peut non plus étendre la première phalange sur la main. Ce sont surtout les doigts du milieu qui restent inertes.

Les mouvements du pouce sont conservés. Nous avons donc affaire à une paralysie incomplète des extenseurs. Inutile de faire remarquer que le long supinateur se contracte énergiquement.

16 mars. — Le malade a une grande dyspnée; il est oblige, pour respirer, de se tenir assis sur son lit; autrement il souffrirait. L'examen de la poitrine ne .dénote absolument aucune lésion capable d'expliquer un pareil état.

Ventouses sèches sur la face postérieure de la poitrine.

18 mars. — La dyspnée, la gêne respiratoire, l'anxiété sont

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extrêmes, Le malade est dans un état clc malaise cl de souffrance des plus cruelles.

Vésicatoire sur la région précordiale. Bromure de potassium, 1 gramme ; injection de morphine, 20 gouttes.

19 mars. — Autrefois le malade rendait au moins 2 litres d'urine. Depuis deux ou trois jours il en rend à peine 1 litre. La température rectale n'est que de 37 degrés.

23 mars. —Le malaise, la dyspnée augmentent. Il y a de l'œdème des malléoles et de la partie inférieure des jambes. La face est extrêmement maigre. La peau est terreuse, l'œil égaré; la parole entrecoupée, souvent incompréhensible. La température rectale est encore plus abaissée (36°,3).

Examen du cœur. — Pas de douleurs à la région précordiale, ni spontanées, ni à la pression. Pas de déformation bien appréciable.

A \apalpation on sent un frémissement dans la région péricardiaque. Ce frémissement est entendu dans toute la région du péricarde, aussi bien à la pointe qu'à la base, aussi bien au moment du choc qu'au moment du retrait de la pointe.

La percussion permet de constater une matité de 7 centimètres carrés.

L'auscultation fait entendre un frottement rude avec deux temps, aussi bien à la base qu'à la pointe, aussi bien à gauche qu'à droite du sternum. Ce frottement est tout à fait semblable au bruit du cuir neuf. Le pouls est plein, mou, dépressible; langue sèche. La vessie est pleine et remonte jusqu'à l'ombilic ; il y a donc un certain état de parésie de la vessie. Enfin, disons qu'il y a du délire; le malade est agité et pousse des plaintes toute la nuit.

24 mars. — Délire persistant, même état de souffrance. La région épigastrique est saillante, bombée. Ceci tient à un certain état de paralysie du diaphragme. Température, 35 degrés.

25 mars. — Infusion de 4 grammes de jaborandi. Celui-ci ne produit absolument aucun effet.

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26 mars. — Délire, cris, plaintes, agitation et souffrance des plus considérables. Nouvelle infusion de jaborandi, 6 grammes. Aucun effet produit. La température est toujours basse (36°,3).

Le frottement a encore un timbre plus fort que les premiers jours. On l'entend sur les parties latérales et postérieures de la poitrine.

27 mars. — Nuit très-agitée. Ce matin nous trouvons le malade dans une espèce de coma.

Le soir il y a de nouveau de l'agitation.

30 mars. — Même état que les jours précédents. Extinction de la voix.

31 mars. — La voix est absolument éteinte.

1er avril. — Le malade paraît souffrir horriblement. Il se plaint d'un violent point de côté à droite.

En percutant on trouve de la matité à la base de l'un et l'autre poumon. Souffle broncho-pleurétique, surtout au niveau de l'angle de l'omoplate à gauche. A droite diminution du murmure vésiculaire à la base.

Mort le 2 avril à quatre heures du matin.

Autopsie. — Cavité thoracique. A 'l'ouverture on trouve que le poumon droit est refoulé à la fois contre le médiastin et le sommet par du liquide amassé à la base. Le poumon gauche est refoulé en haut.

Cœur. — A l'ouverture du péricarde on trouve que la surface extérieure du cœur est couverte de fausses membranes villeuses, ayant l'aspect d'une langue de chat ; il en est de même pour la face interne du péricarde. Poids, 600 grammes. Le cœur gauche est extrêmement hypertrophié, et il refoule à droite la paroi ventriculaire droite. 13 millimètres d'épaisseur.

En faisant tomber de l'eau dans le ventricule celle-ci passe dans l'oreillette* Poumon gauche*— Emphysème sur le bord antérieur. Gon«

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