DÉCOLLEMENT AVEC ÉTAT CYSTOÏDE DE LA RÉTINE
Ajoutons en terminant que, sur les parties latérales de la préparation, on voyait une adhérence intime, aussi bien de la rétine que du tissu nouveau, avec les procès cihaires P,c. Far contre, la choroïde cA, restée en place, n'offrait aucune connexion avec le tissu nouveau, et, sauf une augmentation considérable de sa couche pigmentaire, elle ne présentait pas d'altérations.
Remarques. - L'altération kystique de la rétine, indiquée par Henle, ainsi que par Blessing et par Schultze, comme très-fréquente dans la portion équatoriale de la rétine, n'est véritablement bien connue que depuis les recherches histo-
logiques d'ïwanoff (1).
D'après ce dernier auteur, le siège de prédilection de cette altération se trouve dans les couches granuleuses interne et externe.
Les cavités de la couche granuleuse externe atteignent parfois de grandes dimensions et sont remplies d'un liquide séro-albumineux. Iwanoff les décrit sous le nom de kystes colloïdes de la rétine. En pareil cas, il a toujours trouvé la rétine décollée; aussi l'auteur pense que cette affection a dû être souvent confondue, à l'ophthalmoscope, avec le décollement simple de la rétine.
Dans le cas qui nous est propre la surprise a été toute autre. En nous fondant sur le reflet jaune ambré de la masse; sur la présence de plaques blanches et comme crayeuses disséminées à sa surface; sur l'existence d'une vascularisation propre indépendante du trajet et de la disposition des vaisseaux de la rétine décollée; enfin, sur le manque absolue de mobilité et de fluctuation, ou,, pour mieux dire, de trémulation de la masse morbide, nous avons été conduit à diagnostiquer à tort une tumeur solide sousrétinienne.
(1) Arch. f. Ophthalm., fland XV, abth. 1-5, 102.
92 CONTRIBUTION A r/ANATOMIE PATHOLOGIQUE DE L'ŒIL.
On voit, d'après cela, que le signe d'une vascularkation propre, considéré par Brière et MM. Siebel comme pathognomonique d'un sarcome choroïdien n'est pas toujours certain, pas plus que le signe tiré de la fixité de la masse. Par contre, nous savons maintenant que des kystes rétiniens avec décollement peuvent parfaitement revêtir ces deux caractères, et ce n'est sans cloute qu'en se fondant sur la longue durée de l'affection (ici treize ans), qu'on pourrait arriver à poser le diagnostic de kystes rétiniens, plutôt que celui de sarcome choroïdien, dont la marche est infiniment plus rapide, outre qu'il s'accompagne de douleurs, et d'une réaction, tant locale que sympathique, beaucoup plus vives.
Le manque de mobilité de la production n'indique pas nécessairement, avons-nous dit, qu'il s'agit d'un décollement rétinien. Au fait qui précède nous pourrions ajouter celui d'un petit garçon de trois ans, chez lequel une masse blanche absolument fixe et miroitante, placée dans l'humeur vitrée, nous fit diagnostiquer, ainsi qu'à un autre confrère spécialiste, un gliome de la rétine, et nous conduisit tous deux à proposer l'énucléation du globe. — La dissection de cet œil nous démontra que nous nous étions trompés, et qu'il s'agissait là d'un décollement total de la rétine. Celle-ci, chiffonnée et comme ratatinée, se trouvait appliquée contre la face postérieure du cristallin, auquel elle adhérait, ainsi que les restes du corps vitré transformé en tissu connectif. — La cho roïde, tout à fait saine, était restée en place, et entre elle et la rétine décollée, un liquide jaune citrin albumineux se trouvait interposé. — D'après l'affirmation de la mère de l'enfant, le miroitement blanc de la pupille remontait à la naissance. Nous avions donc affaire ici à un décollement rétinien survenu pendant la vie intra-utérine, et cela sous l'influence d'une cause que nous avouons ignorer complètement.
Lorsqu'on songe à la fréquence du gliome rétinien chez