‹ Leçons sur les rétinites [electronic resource]Chapitre 14 sur 41 · ANATOMIE PATHOLOGIQUE DU DÉCOLLEMENT DE LA RÉTINE · texte numérisé non relu

ANATOMIE PATHOLOGIQUE DU DÉCOLLEMENT DE LA RÉTINE

l'observation de faits nombreux; telle est également celle de Wecker (1), tandis que Galezowski (2), à propos des signes ophthalmoscopiques du décollement, dit tout le contraire. Pour lui, la masse blanchâtre (aspect sous lequel se présente le décollement) occupe le plus souvent la partie inférieure et extertiedu fond de l'œil; quelquefois pourtant elle est placée, dit-il, directement en bas, en haut ou même en dedans.

A mesure que le décollement fait des progrès, il envahit les parties déclives et même s'accentue davantage de ce côté. Alors on peut voir la totalité de la rétine se décoller sous l'orme d'un entonnoir fixé par son sommet à la papille et par sa base aux procès ciliaires. C'est le décollement dit en enionnoir de Grœfe.

11 n'est pas rare de reconnaître des flocons du corps vitré,

des cristaux libres de cholestérine, ou même des globes ciliaires rendus chatoyants par le dépôt à leur surface de

paillettes de tyrosine, tels qu'ils ont été décrits par Poucet

dans le synchisis étincelant.

La cataracte se montre assez souvent à la suite d'un décollement rétinien, surtout chez les jeunes sujets. Il est important de connaître ce fait pour juger les chances de l'extraction (Graefe).

Des apoplexies rétiniennes peuvent survenir de deux façons : ou bien il s'agit d'une rétinite albuminurique qui à précédé le décollement, ou bien il s'agit d'apoplexies consécutives à celui-ci et dues à la gêne circulatoire de la rétine.

Enfin on peut rencontrer comme lésions concomitantes l'iritis et l'irido-choroïdite, avec ou sans atrophie totale du

(1) Wecker, Traité des maladies du fond de Vœil, p. 155.

(2) Galezowski, Traité des maladies des yeux, p. 670.

PANAS. 12

i78 DOUZIÈME LEQON.

globe. C'est sur des yeux devenus ainsi plitliisiques à une période éloignée du md qu'on rencontre du tissu conjonctif vascularisé ou môme des ossilications véritables dans l'intérieur de l'entonnoir formé par la réline décollée. Pagensteclier (1) cite un cas de ce genre où le cristallin était en môme temps crétifié et séparé de la substance osseuse par une couche de tissu conjonctif. Nous-même avons observé une véritable ossification du cristallin qui se trouvera représentée avec tous ses détails dans notre atlas d'oplithalmologie.

(■1) PAGENSTECiiEn, Klin. Monalsblàller, 1871.

Sommaire. — Décollement de la rétine (suite). — Signes ophthalmoscopiqucs.

— Signes fonctionnels. — Pronostic et marche. — Diagnostic ditférentiel.

— Traitement.

Avant la découverte de l'ophthalmoscope, le diagnostic du décollement de la rétine n'était possible que lorsque cette membrane, fortement décollée, s'avançait jusqu'auprès de la face postérieure du cristallin. La rétine, alors visible même à la lumière du jour, apparaît comme une masse tremblottante, bleuâtre, chatoyante, ou blanc jaunâtre, bosselée et parcourue par des lignes brunâtres qui sont les vaisseaux propres de cette membrane.

Depuis la découverte de l'ophthalmoscope, on a pu établir le diagnostic dès le début de l'affection , et le nombre des décollements reconnus est devenu nécessairement bien plus grand que par le passé.

Dans l'examen à l'ophthalmoscope 3 il faut procéder par ordre si l'on veut se renseigner exactement sur l'état de la lésion et éviter les erreurs. Il faut pratiquer d'abord l'examen à l'image droite, puis l'examen à l'image renversée.

L'exploration de l'œil à l'image droite se fait à l'aide du miroir seul, pendant qu'on invite lé malade à porter successivement son œil dans toutes les directions. Le malade présente ainsi à l'observateUr, l'une âpres l'autre, les diffé-

renies parties de la réline, et dans les points où cette membrane est soulevée on constate, outre les caractères précédemment décrits, un mouvement d'ondulation qui indique l'accumulation d'un liquide entre la choroïde et la rétine. Un autre caractère important, révélé par ce mode d'exploration, consiste dans ce fait qu'il est impossible d'observer distinctement et à la fois les vaisseaux qui rampent sur la portion décollée de la rétine et sur la portion qui est restée en place. Pour voir ces derniers, il faut se rapprocher de l'œil observé, c'est-à-dire s'adapter pour une distance plus longue que lorsqu'il s'agit de la portion décollée de la rétine. En d'autres termes, tandis que le fond de l'œil, généralement myope, se trouve au delà du foyer des milieux de l'œil, la partie décollée de la rétine se montre, comme dans l'hypermétropie forte, en deçà de ce même foyer, et cela d'autant plus que le décollement est plus prononcé. Non-seulement on acquiert ainsi la certitude qu'une portion de la rétine a quitté le plan de la choroïde pour se porter en avant, mais on peut mesurer approximativement le degré de son soulèvement.

Après avoir acquis par l'éclairage direct ces notions sur le siège, l'étendue et le degré du décollement de la rétine, on examine le fond de l'œil à l'image renversée, c'est-à-dire en interposant entre l'œil observé et le miroir une lentille biconvexe. Ce dernier mode d'observation fait mieux saisir l'ensemble de la rétine et détermine avec plus de précision l'état de la papille et la disposition des vaisseaux jusqu'au niveau du décollement. La papille optique est généralement visible, sauf dans certains cas de décollement très-étendu qui s'avance sur elle en la recouvrant plus ou

Page 1