‹ Leçons sur les rétinites [electronic resource]Chapitre 36 sur 41 · PRONOSTIC DE LA NÉVRITE OPTIQUE · texte numérisé non relu

PRONOSTIC DE LA NÉVRITE OPTIQUE

nous n'avons pas eu l'occasion de les observer. En revanche, nous avons vu récemment à Lariboisière un jeune homme de vingt ans, soigné quelques semaines auparavant pour une rougeole, dans le service de M. Jaccoud. Quelques jours avant son départ pour l'asile des convalescents de Yincennes, ce malade s'était plaint d'amblyopie du côté gauche, mais on n'y avait pas fait attention; cette amblyopie persista à Yincennes, et lorsqu'à son retour le malade vint nous voir à la salle Helmholtz, nous avons pu constater une atrophie complète de la papille gauche.

La syphilis a été plus souvent signalée, elle peut agir de deux façons, soit par propagation d'une rétinite (nous en avons déjà parlé à propos de cette variété de rétinite), soit par tumeur gommeuse développée dans le crâne; dans ce dernier cas, les choses se passent comme pour toutes les tumeurs, quelle qu'en soit la nature.

Pronostic. — Envisagé d'une façon générale, le pronostic de la névro-rétinite est grave, en ce sens qu'elle aboutit le plus souvent à l'atrophie du nerf et à une cécité complète et incurable. Seule la névro-rétinite spécifique peut échapper à cette règle; il faut y ajouter certaines névrites par insolation et certaines névrites alcooliques prises à temps.

Ce qui fait surtout le danger de la névro-rétinite, c'est la gravité même des lésions qui lui donnent le plus souvent naissance, telles que tumeurs et abcès du cerveau, méningite tuberculeuse, etc. Aussi croyons-nous, avec la plupart des cliniciens, que l'on arrivera à formuler un pronostic exact, non d'après l'examen ophthalmoscopique, mais par l'étude attentive des causes et des symptômes généraux qui accompagnent les névrites.

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Le traitement doit varier suivant les cas. Lorsque la névrite est de date récente et qu'il y a ncltcment de rinllammation, il faut avoir recours aux déplétions sanguines locales, aux révulsifs, aux altérants et aux purgatifs.

Si la papille est déjà atrophiée, on peut essayer les courants continus, les frictions excitantes, les injections hypodermiques de strychnine et les toniques sous toutes les formes. On doit surtout se demander si un néoplasme n'est pas la cause de la névrite, et, si l'on a lieu de soupçonner la syphiUs, il faut recourir à une médication active quaternaire (mercure en friction, iode, fer, huile de foie de morue), car dans ces cas on a affaire à des individus scrofuleux autant que syphiUtiques.

Dans les cas rares de névrite causée par l'impaludisme, le sulfate de quinine est indiqué. Pour les autres intoxications, chacune réclamera une thérapeutique particulière.

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