PLACE DE L'ÉCOLE-DE-MÉDECINE
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LEÇONS
SUR Lies
KÉRATITES
Considéra Lions anatomiques. — Vaisseaux et nerfs de l'œil.
L'étude des affecLions des voies lacrymales a fait le sujet de nos conférences de l'année dernière. Cette année, nous nous occuperons des phlegmasies de l'œil, en commençant par celles de la cornée. Cette étude vous offrira, je pense, le plus grand intérêt. Les inflammations de la cornée sont en effet extrêmement fréquentes, et vous serez appelés chaque jour à les traiter. Mais, de plus, nous aurons à chaque instant l'occasion de constater les progrès que le microscope, la chimie, la physiologie expérimentale et l'usage de plus en plus répandu de l'ophthalmoscope dans la pratique ont fait faire de nos jours à l'ophthalmologie.
Avant de nous occuper de chacune des phlegmasies de la cornée, nous étudierons les inflammations de l'œil en général. L'exposé des notions que nous ont données, sur la circu-
LEÇONS SUll LES KÉIIATITES.
kiLioii Cl la iiuLriLion de l'œil, les nombreux travaux publiés dans CCS derniers temps, vous rendra plus facile et plus attrayante l'étude des différentes kératites.
L'examen le plus superficiel de l'œil permet de reconnaître que plusieurs tissus fort dissemblables entrent dans sa composition. Les uns ne contiennent pas un seul vaisseau ; les autres sont plus ou moins vasculaires. Dans le premier groupe doivent être placés la cornée, le cristallin, l'humeur aqueuse et d'autres tissus désignés sous le nom de membranes vitreuses, qui diffèrent des précédents par l'absence complète de texture. Telles sont la membrane de Demours ou de Descemet, la capsule cristalline, la lame dite élastique de la choroïde. Chez les vieillards, il arrive quelquefois que cette membrane est le siège d'une altération qui se caractérise par des excroissances verruqueuses. Cette lésion est tout à fait différente du travail de régression dont la cornée (gérontotoxon), le cristallin [(cataracte) et l'humeur vitrée (synchysis simple) sont si souvent le siège.
Parmi les tissus vasculaires, les uns le sont à un faible degré, comme la sclérotique; les autres, au contraire, tels que l'iris, la choroïde, les procès ciliaires, sont extrêmement riches en vaisseaux. Aussi sont-ils bien plus exposés que les précédents à devenir le siège de phlegmasies plus ou moins graves.
Le système vasculaire sanguin de l'œil peut être divisé en antérieur et en ijostérieur. Ce dernier, qui est le plus important, est représenté par l'artère ophthalmique, branche de la carotide interne, et par la veine ophthalmique, qui communique avec la veine jugulaire interne par l'intermédiaire du sinus cavei'neux.
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Le système vasculairc antérieur, destiné surtout aux paupières et à la conjonctive bulbaire, provient des artères et des veines de la face, qui sont une dépendance de l'artère carotide externe et de la veine jugulaire externe.
Ces deux systèmes communiquent largement entre eux.
L'artère oplithalmique s'anastomose à plein canal avec l'artère faciale, et la veine oplithalmique se continue directement avec la veine angulaire et la veine faciale. De plus, le système vasculaire du côté droit communique avec celui du côté gauche.
Ces faits sont fertiles en conséquences pratiques. Si l'artère ophthalmiquc est oblitérée, le sang arrivera à l'œil par l'artère faciale et la nutrition de cet organe ne sera pas altérée. Dans les anévrysmes de l'artère oplithalmique, la ligature de l'artère carotide interne est une opération peu sûre ; le sac anévrysmal continuera à recevoir le sang de l'artère faciale. La ligature de l'artère carotide primitive elle-même serait insuffisante à cause des nombreuses anastomoses qui font communiquer les vaisseaux des deux côtés.
La communication des veines faciale et ophthalmique permet de se rendre compte des accidents graves qui viennent quelquefois compliquer diverses affections inflammatoires de la face, telles que l'anthrax, le furoncle, l'érysipèle. Une phlébite peut se propager de la veine faciale à la veine ophthalmique et au sinus cavei'neux et déterminer une méningite ou une pyohémie mortelles.
Nous avons observé l'année dernière ces complications chez un malade atteint d'érysipèledela face. Nous trouvâmes à l'autopsie une phlébite de la veine ophthalmique, un phlegmon de l'orbite avec induration du tissu cellulaire, compres-