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DU DOSAGE DE L ALCOOL

Mais pour éviter les erreurs que pourraient amener des différences dans la pression atmosphérique qui, vous le savez, influe sur le point d’ébullition des divers liquides, on règle chaque jour l’instrument de la manière suivante. On remplit d’eau pure la bouilloire; on y plonge le thermomètre, on fait bouillir et l’on place l’échelle mobile de manière que son 0 affleure exactement le sommet de la colonne mercurielle. De cette façon l’instrument est réglé et donne pour les essais suivants des résultats exempts de toute correction.

De longues et nombreuses expériences ont démontré la précision et la facilité avec lesquelles on peut opérer, et l’emploi officiel de l’appareil pour le service courant des octrois, de la dégustation de la ville de Paris, des hospices civils de la Seine et de plusieurs autres branches de l’administration publique est la meilleure garantie du fait.

Les pèse-liqueurs ou aréomètres de Baumé et de Cartier ( fig . 1037), dont on se sert depuis longtemps pour juger du degré f

de force ou de concentration de l’eau-de-vie et des esprils (1), font bien connaître si un liquide spiritueux est plus ou moins dense qu’un autre, et par conséquent s’il contient moins ou plus d’alcool; mais ils n’offrent aucun rapport simple entre les degrés qu’ils indiquent et la y

pesanteur spécifique des li- : J

quides ou la quantité d’al- JH /•

cool qu’ils renferment.

Gay-Lussac, en 1824, a doté le commerce d’un instrument précieux , connu sous le nom d’ alcoomètre centésimal,, dont les indications, faciles à constater, permet- Fig' 1037* tent de déterminer immédiatement la valeur relative

des divers mélanges, en faisant connaître les quantités d’alcool auxquelles elles correspondent. C’est, quant à la forme, un aréomètre

tS°

La

Aréomètre de Cartier.

Fig. 1038. — Alcoomètre centésimal de Gay- Lussac.

(1) L 'aréomètre de Baumé marque 0° dans une dissolution saline faite avec 90 parties d’eau et 10 parties de sel marin pur, 10° dans l’eau distillée, et un degré supérieur dans tous les liquides plus légers que l’eau. V aréomètre de Cartier n’est qu’une modification du précédent, destinée surtout à apprécier la force des eaux-de-vie et des esprits; son 22° correspond au 22° de Baumé, mais au-dessous comme au-dessus de ce terme, li>° Cartier en forment 16° de Baumé,

5c^2 CINQUANTE-SEPTIÈME LEÇON.

ordinaire (fig. 1038). Cet instrument a été gradué à la température de 15° centigrades (12° Réaumur); son échelle est divisée en 100 parties qui constituent les degrés. Ces degrés ne sont point égaux en longueur, mais ils sont tels, que le nombre qui exprime le degré exprime aussi, en centièmes, la quantité d’alcool contenue dans le liquide. Ainsi, le trait le plus bas porte 0°, et correspond à l’eau pure; le trait le plus élevé porte le nombre 100 et correspond à l’alcool absolu. Si l’instrument, plongé dans un liquide spiritueux, s’enfonçait jusqu’au 60me degré, cela indiquerait que ce liquide contient 60 volumes d’alcool pur et 40 d’eau. Il est facile de voir qu’à l’aide de cet instrument on peut savoir immédiatement la quantité d’alcool contenue dans un volume connu d’un liquide spiritueux. En effet, il suffira pour cela de multiplier le nombre qui exprime le volume du mélange par celui qui exprime le degré ou les centièmes d’alcool. Ainsi, 360 litres d’un alcool marquant 60° centésimaux contiendront :

350 X 0,60 = 210 litres d’alcool absolu.

Celte connaissance s’acquiert immédiatement et, pour ainsi dire, à la seule inspection de l’instrument. On conçoit, d’après cela, l’immense avantage qu’il présente sur les autres pèse-liqueurs. L’Administration des contributions indirectes et l’Octroi en ont adopté l’emploi. Il ne faut cependant pas perdre de vue que l’alcoomètre ayant été gradué , à la température de 15° centigrades, il y aurait une correction à faire subir aux résultats, si l’on agissait à une température différente; mais une table calculée pour tous les degrés de tempe'rature depuis 0° jusqu’à 30° fait connaître immédiatement la force réelle d’un alcool quelconque et sa richesse en alcool absolu, telle qu’elle serait à la température de 15°. D’autres tables indiquent aussi le rapport qu’il y a entre les degrés centésimaux et ceux de Cartier (1)

Voici une table qui indique les titres des alcools du commerce :

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