‹ Leçons de chimie élémentaire appliquée aux arts industrielsChapitre 48 sur 125 · C*H* + 2 HO · texte numérisé non relu

C*H* + 2 HO

(1) La rectification de l’esprit-de vin au moyen du carbonate de potasse est due à Boyle, qui se servait, pour cet objet, de tartre calciné jusqu’au blanc, c’est-à-dire de carbonate de potasse impur ; quelquefois il substituait à ce dernier de la chaux vive. « Il y a, dit-il, dans l’emploi de ce procédé, double éco-

DE LALCOOL PUR.

C’est-à-dire, que ce serait un bihydrate d'hydrogène bicarboné. Il est certain que, dans une foule de circonstances, l’alcool se comporte comme s’il était immédiatement formé de volumes égaux de gaz oléfiant et d’eau. Il y a plus ; M. Berthelot a montré, en 1858, qu’en plaçant ces deux composés binaires dans des conditions convenables, ils s’unissent de manière à reproduire de l’alcool. Laissez-moi vous dire en quelques mots comment ce chimiste a opéré pour obtenir ce brillant résultat.

Il a rempli d£ gaz hydrogène bicarboné un énorme ballon de verre de 32 litres de capacité, puis il y a introduit 900 grammes d’acide sulfurique à 66°, qui possède la propriété de dissoudre ce gaz. Au moyen d’une agitation violente et continue, la presque totalité du gaz oléfiant a été absorbée par l’acide. A cette dissolution, le chimiste a ajouté de l’eau, pour offrir au gaz le second principe constituant de l’alcool. Après quelque temps de contact, il a soumis le mélange acide à plusieurs distillations successives, et en rectifiant le produit sur du carbonate de potasse, il a recueilli 72 gr. d’alcool, représentant le poids des trois quarts du gaz hydrogène carboné employé dans cette expérience remarquable. — En opérant avec du gaz de l’éclairage qui, vous le savez, est loin d’être de l’hydrogène bicarboné pur, M. Berthelot a obtenu les mêmes résultats.

Cette synthèse curieuse de l’alcool est devenue le point de départ d’un grand nombre de reproductions analogues. Ainsi, avec l’oxyde de carbone emprunté à la nature minérale, le même chimiste a su créer l’acide formique et, par suite, le gaz des marais et d’autres carbures d’hydrogène, qu’on obtient habituellement par la destruction des matières organiques.

La découverte de M. Berthelot conduira-t-elle l’industrie à fabriquer de l’alcool avec le gaz de l’éclairage? C’est ce que l’avenir nous apprendra.

Malgré l’appui que les belles expériences précédentes viennent prêter à l’hypothèse qui fait considérer l’alcool comme un bihydrate d’hydrogène bicarboné , la plupart des chimistes, à l’exemple des Allemands, se font une tout autre idée de sa constitution. Ils le représentent, en effet, par la formule (C4HS) O -f- HO, c’est-à-dire par l’hydrate de l’oxyde d’un radical nommé Éthyle.

Cet Éthyle , C4HS, est un radical composé, que Frankland a isolé, en 1849, sous la forme d’un gaz incolore, d’odeur faiblement éthérée, brûlant avec une flamme très-éclairante. Ce gaz, d’une densité de 2,00394, est insoluble dans l’eau, très-soluble dans l’alcool; il est liquéfié, à -f- 3°, par une pression de 2 atmosphères et demie.

Propriétés caractéristiques. — Quoi qu’il en soit, onn’apuobte-

nomie, de temps et d’argent ; car le même résidu, convenablement séché, peut servir plus d’une fois dans cette opération. »

nir jusqu’ici l’alcool sous une forme solide (1). C’est un liquide incolore, transparent, très-mobile, formant par l’agitation une infinité de bulles qui disparaissent promptement. Il aune odeur forte et assez agréable, une saveur chaude, pénétrante et môme caustique. Cette causticité provient en partie de ce qu’il enlève de l’eau aux parties vivantes et molles, dont il détermine la coagulation quand elles sont de nature albumineuse. C’est ainsi que son injection dans les veines détermine une mort subite, en produisant des caillots dans le sang. Son introduction dans l’estomac est presque toujours une cause^de mort. Étendu d’eau et pris en petite quantité, il excite les forces momentanément, tandis qu’à plus haute dose il les détruit et produit l’ivresse.

L’alcool est un des liquides les plus volatils et les plus combustibles. Ainsi, il bout et se vaporise en totalité à la température de -f- 79°, et, abandonné dans l’air, il disparaît insensiblement. 11 s’enflamme subitement par l’approche d’une bougie en ignition; il brûle avec une flamme pâle, allongée, étendue, sans laisser de résidu, puisqu’il est converti complètement en eau et en acide carbonique, ainsi que le montre l’équation suivante :

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