C2HC13 4- 4 KO, HO =*= K0,C2H03 3KCI + 4 HO
(1) Soubeiran (Eugène), né à Paris le 24 mai 1793, mort dans cette ville le 17 novembre 1858, peut être considéré comme le plus savant pharmacologiste du siècle. Digne continuateur de Baumé, il a, le premier, introduit dans l’étude et l’exercice de la pharmacie cet esprit philosophique qui simplifie, perfectionne, généralise et ouvre de nouvelles voies aux travailleurs. Brillant élève des hôpitaux de Paris, Soubeiran devint, jeune encore, par suite de concours, un des chefs de cette pépinière de jeunes hommes d’où sont sortis, à toutes les époques, tant de médecins, de chimistes, de naturalistes éminents. En 1832, il fut appelé à la direction de la Pharmacie centrale des hôpitaux civils, établissement unique en Europe, qu’Henry père avait créé sur d’excellentes bases, mais dont le successeur agrandit encore l’importance. Successivement professeur à l’École de pharmacie et à la Faculté de médecine, Soubeiran a rendu d’immenses services par son enseignement, qu’il savait mettre à la portée de toutes les intelligences par une élocution toujours simple, claire et élégante, sans sacrifier pour cela les intérêts de la science pure et élevée. Les nombreux mémoires qu’il a publiés tant sur la pharmacie proprement dite que sur la chimie et l’histoire naturelle médicale, son remarquable Traité de pharmacie , qui a eu cinq éditions et l’hon-
neur de la traduction dans toutes les langues, offrent à un haut degré cette méthode sévère, cette précision, ce cachet d’honnêteté scientifique qui assurent à l’écrivain une célébrité durable. Fils de ses œuvres, Soubeiran, que toutes les vertus privées -distinguaient, est un nouvel exemple de ce que peuvent la persistance et le travail, h notre époque surtout, où toutes les voies, sans exception,
sont ouvertes à celui qui a la noble ambition de s’élever par son seul mérite.
Pour se procurer le chloroforme en grande quantité, on prend 55 à (iO litres d’eau que l’on place dans la cucurbite d’un alambic chauffé par l’eau bouillante ( fig . 838). On porte cette eau à la température de
Fig. 838. — Préparation du chloroforme.
40° environ, on y délaye d’abord 3 kilogrammes de chaux vive, préalablement délitée, et tO kilogrammes de chlorure de chaux du commerce; on y verse ensuite 2 litres d’alcool à 85° ; puis, lorsque le mélange est opéré, on le porte le plus promptement possible à l’ébullition. Au bout de quelques minutes, lorsque la chaleur a atteint l’extrémité du tuyau courbe qui relie la cucurbite au serpentin, on ralentit le feu; bientôt la distillation marche rapidement et se continue d’elle-même jusqu’à la fin de l’opération. .On s’aperçoit que celle-ci est terminée lorsque les liqueurs qui passent ne possèdent qu’à un faible degré la saveur sucrée du chloroforme; c’est à peine si 2 à 3 litres de liqueur ont distillé.
Le produit se compose de deux couches : la plus inférieure est dense et légèrement jaunâtre ; c’est du chloroforme mêlé d’alcool et souillé par un peu de chlore. La couche supérieure, plus abondante, est un mélange, parfois laiteux, d’eau, d’alcool et de chloroforme; du jour au lendemain, elle laisse déposer une certaine quantité de ce produit.
On sépare le chloroforme par décantation, on le lave par l’agitation avec de l’eau, puis, une autre fois, avec une faible dissolution de carbonate de soude qui le débarrasse du chlore ; on y ajoute du chlorure de calcium, et on le rectifie par une distillation au bain-marie. On peut aussi le rectifier sur de l’acide sulfurique. — On obtient, en général, un poids de chloroforme égal à celui de l’alcool employé.