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DU COLLODION

alcoolisé; mais, pour cette application, il faut employer les celluloses mononitrées et binitrées, de préférence à la cellulose trinitrée fort peu soluble dans le véhicule précédent ; le coton transformé doit contenir encore des parties qui se gonflent et ne se dissolvent pas ; celles-ci laissent, après l’évaporation du liquide, une espèce de feutre plus solide.

On satisfait à ces conditions de la manière suivante : on prend :

Coton cardé 100

Acide sulfurique à 66° 2000

Nitre séché à l’étuve 1000

On mélange l’acide et le sel dans une terrine en grès et l’on y plonge le coton. Après quinze minutes de contact, on retire celui-ci et on le jette dans une grande quantité d’eau froide; on l’enlève sans l’exprimer, on le lave à plusieurs reprises de la même manière et on le fait sécher à l’air.

On introduit alors dans un ballon sec en verre :

Fulmi-coton préparé 4

Alcool à 86° centésim 6

Éther à 56° Baumé Il

On bouche le ballon et on agite de temps à autre. En moins de quelques minutes, à la température de 15 à 20°, le fulmi-coton se transforme en une masse gélatiniforme, demi-transparente, qui se fluidifie peu à peu par l’agitation et donne un liquide incolore, sirupeux. On passe à travers un linge clair avec expression, pour séparer quelques légers filaments de coton non transformés, et on conserve dans un vase bien bouché.

Si l’on verse sur la peau un peu de collodion, il se forme aussitôt, par l’évaporation de l’éther, une sorte de réseau ou une pellicule imperméable, très-adhésive, qui ne se laisse enlever ni par l’eau, froide ou chaude, ni par l’alcool, ce qui rend le collodion très-précieux pour les pansements et bien préférable au taffetas d’Angleterre ; il préserve la peau du contact de l’air, et comme il est transparent, il laisse voir les parties qu’il recouvre. On peut l’employer seul ou en enduire une bandelette de toile.

Il n’existe pas en chirurgie d’adhésif aussi puissant; aussi le collodion remplace-t-il avec avantage les bandelettes agglutinatives usitées à la suite des amputations et des grandes plaies ; en se séchant, il resserre, les bords des plaies et aide à leur guérison. Quand il s’agit seulement de préserver les parties du contact de l’air, comme dans le cas des engelures et surtout des brûlures, on évite la contraction du collodion, qui serait plus nuisible qu’utile, en lui associant un peu d’huile, qui lui donne de la flexibilité.

On a fait une foule d’autres applications du collodion, mais la plus importante de toutes, c’est son emploi dans la photographie sur verre, à la place d’albumine, ainsi que l’ont conseillé les premiers M. de Girardin. — III. 15

Brébisson en France, M. Bingham en Angleterre. On obtient, par son intermédiaire, d’admirables épreuves.

MM. Plessy et J. Schlumberger, de Mulhouse, ont indiqué, en 1854, de remplacer dans la préparation du collodion l’éther et l’alcool par l’esprit-de-bois, qui est bien moins cher. Un litre de ce liquide dissout facilement 80 grammes de coton-poudre et prend une consistance gélatineuse très-forte; avec 40 grammes par litre, on a un sirop qu’on peut étendre à volonté en couches plus épaisses sur les glaces que le collodion à l’éther. Mais ce nouveau collodion ne pourrait servir en chirurgie, attendu que pendant le temps qu’il met à se dessécher, il absorbe l’oxygène de l’air et donne lieu à la production d’acide formique.

En 1859, M. le docteur Yan Monckhoven a appris aux photographes qu’on peut obtenir un excellent collodion en dissolvant du coton blanc dans la liqueur ammoniaco-cuivreuse de M. Péligot (à raison de 10 grammes par litre), étendant d’un peu d’eau pour que tout le coton disparaisse, et y ajoutant de 5 à 10 grammes d’iodure de potassium. C’est ce liquide, qui se conserve parfaitement, que l’on étend sur les glaces afin d’avoir les épreuves photographiques.

M. A. Robe a converti, dans ces derniers temps, le collodion en une espèce de cuir artificiel , qui est aussi résistant et aussi durable que le cuir ordinaire, mais qui est imperméable à l’air. Son procédé consiste à tremper des feuilles sèches de collodion, pendant quelques secondes, dans un mélange refroidi départies égales d’acide sulfurique et d'eau, pour les transformer en parchemin végétal, à laver ces feuilles à l’eau pure, puis, avec une solution légèrement ammoniacale, à les plonger ensuite dans une dissolution chaude de gélatine, enfin à les tanner soit avec le tannin, soit avec de l’alun. Quand on veut obtenir du cuir épais, on colle un certain nombre de feuilles de collodion acidulées avec de la gélatine ou de l’albumine, et on soumet l’assemblage à l’action de la presse ; il se prête au tannage comme les peaux ordinaires. Les cuirs colorés se préparent en teignant soit le collodion avant son passage en acide, soit la substance tannée.

Conversion de la cellulose en acide oxalique. — Pour terminer ce qui a trait aux métamorphoses de la cellulose, je vous dirai que si, au lieu de la traiter par de l’acide azotique froid, on l’expose à l’action du même acide concentré et bouillant, on la convertit en acide oxalique comme toutes les autres substances neutres étudiées précédemment.

On obtient le même résultat, d’après Gay-Lussac, en la calcinant, à la température de 200° avec 5 fois son poids de potasse ou de soude caustique. M. Possoz a montré, plus tard, qu’un mélange de ces deux alcalis fonctionne mieux que chacun d’eux isolément.

L’industrie anglaise a, dans ces derniers temps, tiré un parti fort

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