SAVON MARBRÉ
SAVON ÜN1COLORB.
Rail
F.aii
Corps gras
Corps gras
Alcali
Alcali
Sels divers
Soude libre
Glycérine
Sels divers
Il y a donc dans le savon marbré 6i p. 100 de matières utiles, tandis que le savon unicolore n’en renferme, dans l’échantillon analysé, que 39 p. 100; car il est bien évident que la valeur réelle du savon réside tout entière dans la proportion du corps gras et de l’alcali combinés chimiquement et qui constituent le savon anhydre.
Si donc 64 kilogrammes de savon marbré anhydre coûtent 76 fr., cela met le kilogramme à l fr. 18.
Dans le second cas, 39 kilogrammes de savon unicolore anhydre coûtant 60 fr., le kilogramme de celui-ci revient à 1 fr. 54, c’est-à-dire à 36 centimes de plue que le savon marbré.
Le prix de vente, on le voit, ne tient pas ce qu’il promet, et c’est le savon le plus cher en apparence qui est en réalité le plus économique, parce que pour le môme poids il contient une plus grande proportion de matières utiles.
L’économie serait encore bien plus marquée si j’avais pris comme terme de comparaison les savons à l’huile de coco qui renferment de 60 à 75 p. 100 d'eau» et qu’on additionne en outre de matières terreuses.
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qui est insoluble et se précipite; l’autre avec excès de base, qui reste dissous.
Il est bien entendu qu’ici je parle de l’eau pure ou potable, car celle qui tient en dissolution des sels calcaires le décompose en formant un savon calcaire insoluble qui se présente en grumeaux blancs. Voici, dans ce cas, comment les choses se passent.
Sulfate de chaux = acide sulfurique + chaux.
Savon de soude. = soude + acides gras.
Sulfate de soude + stéarate, margarate et oléate de chaux.
La même décomposition se produit lorsqu’on verse dans l’eau de savon des dissolutions métalliques de fer, de cuivre, de plomb, de mercure, etc. Il se fait des savons métalliques insolubles différemment colorés.
On débarrasse très-bien une eau calcaire des sels qu’elle contient, •et on la rend propre au blanchissage du linge, en y dissolvant un peu de savon qui, par sa décomposition, précipite toute la chaux. On laisse reposer et on tire à clair ; l’eau décantée peut alors dissoudre de nouveau savon sans le décomposer.
Lorsqu’on ajoute à une dissolution concentrée de savon du sel marin, celui-ci en s’y dissolvant enlève au savon toute l’eau qui le maintenait dissous, le rend insoluble et le fait surnager à la partie supérieure du liquide. Ceci explique pourquoi l’eau de mer ne peut servir au savonnage des tissus.
Les acides que l’on verse dans une dissolution de savon s’emparent de l'alcali, et mettent à nu les acides gras qui, restant en suspension dans le liquide, lui donnent l’aspect d’une émulsion; mais bientôt ils se séparent. C’est par ce moyen que les chimistes se procurent les acides stéarique, margarique et oléique. Ils ont des moyens très-simples de les isoler les uns des autres.
I/esprit- de-vin dissout le savon plus à chaud qu’à froid. L’essence de savon des parfumeurs n’est autre chose qu’une dissolution de savon dans ce liquide, aromatisée ensuite avec une huile essentielle quelconque.
La solution alcoolique de savon est devenue depuis 1847, dans lesmains du chimiste anglais Clarck, et depuis 1854, dans celles de MM. Boutron et Boudet, une excellente liqueur d’épreuve pour mesurer la dureté des eaux de sources et de rivières, ainsi que la proportion des matières incrustantes qu’elles déposent sous l’influence d’une ébullition prolongée.
Hy«lrotimétrie. — La méthode que ces chimistes emploient, dans ce cas, et qui a reçu le nom d’HYDROTiMÉTRiE (mesure de la valeur de l’eau), est fondée sur la propriété si connue que possède le savon de rendre l’eau pure mousseuse et de ne produire de mousse dans les eaux chargées de sels terreux (particulièrement à bases de chaux et de ma-
gnesie), qu’autant que ces sels ont été décomposés et neutralisés par une proportion équivalente de savon et qu’il reste un petit excès de
celui-ci dans la liqueur.
La dureté d’une eau étant proportionnelle aux sels terreux qu’elle contient, la quantité de solution alcoolique de savon nécessaire pour y produire la mousse, peut donc donner la mesure de sa dureté.
Les essais hydrotimétriques s’exécutent au moyen d’un flacon (fig. 891 jaugé à 10, 20, 30 et 40 centimètres cubes, et d’une burette graduée ( fig . 892) qui porte le nom d ’hydrotimètre. Cette burette est graduée de telle manière que le trait circulaire marqué à son sommet est la limite que la liqueur d’épreuve y doit atteindre pour commencer un essai. La division comprise entre ce trait circulaire et 0°, Représente la proportion de liqueur nécessaire pour produire le phénomène de la mousse avec l’eau distillée pure. Les degrés à partir de 0° sont les degrés hydrotimétriques. La liqueur d’épreuve est faite avec :
Savon blanc de Marseille 100 grammes.
Alcool à 90° centésimaux 1600 —
On dissout à chaud, et, après filtration, on ajoute:
Eau distillée 1000 —
On obtient ainsi 2700 grammes
d’une liqueur dont la composition est telle, que chaque degré de l’hydrotimètre représente 0sr, i de savon neutralisé pour un litre d’eau soumise à l’expérience, et correspond, soit à. 0sr,0ii4de chlorure de calcium, soit à 0,01 de carbonate de chaux pour la même quantité d’eau.
Lorsqu’on veut essayer une eau quelconque, on en mesure dans le flacon d’essai 40 centimètres cubes, et on y ajoute peu à peu la liqueur hydrotimétrique, en essayant de temps en temps si elle produit par
DES SAVONS
l’agilation une mousse légère et persistante. Cette mousse doit former à la surface de l’eau une couche régulière de plus d’un demi-centimètre d’épaisseur, et se maintenir au moins dix minutes sans s’affaisser. Le degré qu’on lit sur l’hydrotimètre, quand on a obtenu cette mousse, est le degré hydrotimé trique de l’eau examinée (1).
Soit 20 le degré observé. 11 en résulte que \ litre de cette eau décompose ou neutralise 20 décigrammes ou 2 grammes de savon, et qu’elle renferme 0sr,20 de sels terreux, un degré hydrotimétrique représentant, à très-peu de chose près, l centigramme de sels terreux contenus dans 1 litre d’eau.
Une eau, par conséquent, est d’autant plus pure, qu’elle marque moins de degrés à l’hydrotimètre. Voici une échelle hydrotimétrique de quelques eaux de sources et de rivières :