DU BLANC DE BALEINE
brune, d’une odeur forte, d’une consistance de miel épais, qui est connue sous le nom de blanc de baleine ou de cachalot filtré. Cette matière .contient encore 60 p. i 00 d’huile liquide.
Purifiée par des fusions et des refroidissements répétés, puis par une compression énergique entre de fortes toiles, elle forme alors ce qu’on appelle le blanc de baleine ou de cachalot pressé , qui est en pains ou tourteaux durs, secs, d’un brun jaunâtre, ressemblant aux tourteaux de colza. Ils retiennent encore 25 p. 100 d’huile. Ils arrivent des États- Unis et d’Angleterre, dans des barriques de 200 à 400 kilogr.
Raffinage. — Pour obtenir le blanc de baleine purifié ou raffiné, c’està-dire tout à fait blanc, cristallin et brillant, il faut enlever à ces tourteaux les traces de sang et les autres impuretés qui les colorent et qui ne tarderaient pas à devenir une cause de corruption; on utilise pour cela la propriété dont jouit le blanc de baleine de n’ètre pas sensiblement attaqué par les alcalis. On chauffe donc la matière impure pendant quelques minutes, à la température de l’eau bouillante, avec une faible dissolution de potasse du commerce, qui s’empare des substances étrangères et les entraîne à la surface sous la forme d’écumes savonneuses et noirâtres qu’on enlève aisément. — Lorsque le bain est parfaitement limpide, on le lave à l eau bouillante et on le transvase dans des crislallisoirs où le blanc de baleine se prend par le refroidissement en pains carrés. On soumet ceux-ci à l’action d’une forte presse hydraulique, à la faveur d’une température élevée, pour enlever les dernières traces d’huile.
Le blanc de baleine est alors d’un blanc éclatant et a toutes les qualités requises pour les besoins les plus délicats des arts et de l’industrie.
L’huile brute de cachalot ne donne, en définitive, que 8 à 9 p. 100 de matière concrète propre à l’épuration.
Cette matière grasse est, pour certains pays, l’objet d’un commerce important. L’Amérique envoie annuellement à la pêche du cachalot 150 navires environ qui rapportent 135000 barils d’huile, dont on retire à peu près 750000 kil. de blanc de baleine. — En Angleterre, cette pêche occupe 80 à 90 navires, qui rapportent annuellement 3 à 4 millions de kilogr. d’huile, d’où on retire 353 à 400000 kil. de blanc de baleine. — En France, cette industrie est peu développée et elle a éprouvé, depuis son origine, des fluctuations très-brusques et très-sensibles. Après s’être élevé graduellement de 20000 kil. (1822) à 136000 kil. (1825), le chiffre de l’importation était tombé, en 1845, 4 5000 kil. Il s’est relevé jusqu’à 20000 kil. en 1855. C’est en France du reste, qu’on raffine le mieux le blanc de baleine. Il est fâcheux que son prix élevé en restreigne beaucoup l’emploi.
Composition. — Propriétés. — Cette substance grasse, qui fond à -f- 44°, 68, a une composition différente de celle des huiles et des graisses. D’après M. Chevreul, qui en a fait l’étude en 1814, elle se
compose de trois principes particuliers : une huile fluide à -f- 18°, un principe colorant jaunâtre, et une matière grasse, solide, qui en fait la majeure partie, et à laquelle on a donné le nom de Cétine , du mot grec kétos, baleine.
Pour obtenir la cétine pure, on traite le blanc de baleine par de 1 esprit-de-vin concentré et bouillant, qui le dissout complètement ; par le refroidissement, la cétine se précipite sous forme de lames cristallines, qu’il suffit de dissoudre une seconde fois dans le même véhicule, pour la priver de l’huile fluide qui l’accompagne.
La cétine pure (C64116,04) fond à -j- 49°; elle est volatile et brûle comme la cire quand on la chauffe au contact de l’air. Elle se dissout dans 1 alcool bouillant, l’éther, la benzine, le sulfure de carbone, les essences et les huiles grasses. On ne parvient à la saponifier qu’en la fondant avec de la potasse en poudre ; elle se transforme alors en un corps neutre, nommé éthal ^C32li3402), et en un acide qui reste uni à l’alcali, Y acide éthalique (C32H3204), qui paraît identique avec Y acide 'palmitique produit dans la saponification de l’huile de palme.
Si, à 1 équivalent d’éthal C32H3402
on ajoute 1 équivalent d’acide éthalique C32H3204
On a une niasse de matière C64H6606
dans laquelle on trouve de quoi faire
1 équivalent de cétine C64H6404
plus 2 équivalents d’eau H2 O2
D’où il faut conclure que c’est en fixant 2 équivalents d’eau sur 1 équivalent de cétine que la potasse en opère la saponification, c’est-à-dire la conversion en acide éthalique ou palmitique et en ce corps neutre, Y éthal, qui remplace ici la glycérine des huiles.
Comme celle-ci, l’éthal est considéré par les chimistes classificateurs comme un alcool et représenté dans sa constitution par un hydrate d’oxyde de cétyle = (C32H33) O+HO ; on le nomme donc alcool cétylique ou éthalique.
Usages. — Le blanc de baleine est principalement employé à l’éclairage. On en fait des bougies diaphanes, dites bougies de spcrmaceti , dont l’usage se restreint toutefois de plus en plus par suite du bon marché et du perfectionnement des bougies stéariques.
La confeclion de ces bougies exige des matières premières trèschoisies, parce que les moindres impuretés deviendraient visibles au milieu d’une masse transparente. Mais si Ton employait le blanc de baleine seul, on obtiendrait des bougies à texture lamelleuse, et très-cassantes; on évite ce défaut en y ajoutant 3 p. 100 de cire trèsblanche.
Ces bougies se font par moulage ; la matière doit être assez chaude pour que les parties qui se sont solidifiées sur les parois des moules, lors de la coulée, se liquéfient de nouveau. L’expérience a prouvé que
la température de 60° est suffisante. Les mèches sont faites avec le coton blanchi et tressé.
Le blanc de baleine éprouve, par le refroidissement, un retrait considérable. 11 en résulte, autour des mèches, un vide qui s’étend quelquefois jusqu’à la moitié de la bougie ; on comble ce vide en coulant dans les moules de nouvelle matière fondue.
On polit les bougies en les roulant entre les mains. Pour les avoir colorées, on introduit dans le blanc de baleine fondu une très-faible quantité de matières colorantes broyées à l’huile. Les matières les plus convenables à employer sont :
le carmin pour le rose et le rouge, le chromate de plomb pour les jaunes, le bleu de Prusse et l’outremer pour les bleus, l’acétate de cuivre pour le vert, etc.
En Angleterre, où ces bougies sont très-recherchées, on les colore en jaune avec la gomme-gutte ; dans ce dernier cas, on les connaît sous le nom de cire transparente.
La proportion minime de substance colorante qu’il suffit d’ajouter à la bougie, pour lui donner une teinte agréable à l’œil, n’a aucune influence sur la couleur et l’éclat de la lumière.
Les bougies de spermaceti brûlent avec une flamme vive et trèsclaire, sans répandre de mauvaise odeur, et rivalisent avec la cire. Le seul inconvénient qu’elles offrent, c’est de couler assez rapidement dans les endroits chauds, et surtout lorsque la flamme est agitée par l’air en mouvement. Il serait difficile de prévenir cet effet, qui résulte de la propriété inhérente au blanc de baleine d’être fusible à une température peu élevée.
Les taches que forment les bougies diaphanes sont faciles à enlever par le seul frottement, attendu que le corps gras ne pénètre pas les étoffes sur lesquelles il tombe lorsqu’il est en fusion.
Il est fâcheux que le prix élevé du blanc de baleine en restreigne beaucoup l’emploi. On le fait entrer dans la préparation de certains apprêts pour les toiles. La pommade en crème pour le teint, que les parfumeurs vendent en grande quantité sous le nom de Cold-cream , est faite en dis olvant dans 16 parties d’huile d’amandes douces, à une légère chaleur, 3 parties de blanc de baleine et 2 parties de cire blanche, incorporant ensuite, peu à peu, 10 parties d’eau de rose, et battant le mélange avec un fouet d’osier.
Des Cires.
On donne le nom de Cires à des corps gras, durs et cassants, d’origine très-diverse, et dont le type est la cire des abeilles. On les trouve assez abondamment répandus dans les végétaux.
État naturel. — Ainsi, c’est une espèce de cire qui constitue en grande partie la matière verte ou chlorophylle des plantes. Il en existe aussi dans le pollen ou poussière séminale de toutes les fleurs, dans les chatons ou fruits du bouleau, de Faune, du peuplier, du frêne. — C’est de la cire qui forme le vernis qui brille à la face supérieure des fleurs (I). Il y en a en dissolution dans le suc laiteux de l’arbre de la vache. — On en voit à la surface du palmier à cire des Andes du Pérou, de l’écorce de la canne à sucre violette des colonies, des feuilles du palmier carnauba, qui croît en abondance dans le nord du Brésil. —
Fig. 902. — Myrica portc-cire de la Louisiane.
C’est encore de la cire qui entoure les giraumons récoltés sous les tropiques, les baies du Myristica de la province de Para et de la Guyane française, d’une espèce de fustet (: Rhus succedaneum) de la Chine et du
(1) On a cru pendant longtemps que l’enduit blanchâtre qui recouvre les fruits charnus et pulpeux (prunes, cerises, etc.), était de la cire. Berthemot a montré que c’est une résine particulière.
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Japon, de tous les myrica ( fig . 902), arbrisseaux de la Louisiane et des régions tempérées de l’Amérique et des Indes (1).
On extrait la cire de ces végétaux, soit en raclant la surface des palmiers et des cannes, soit en brisant les baies et les faisant bouillir dans l’eau, à la surface de laquelle la cire fondue vient se figer (2). Les baies du myrica rendent jusqu'à 25 p. 100 de cire, et un arbuste peut produire annuellement de 12 à 15 kil. de fruits.
Ces cires végétales, d’un blanc grisâtre ou d’un jaune verdâtre, à l’exception de la cire du Japon, qui a l’aspect et la blancheur du blanc de baleine, sont très-cassantes, moins combustibles et bien moins faciles à blanchir que les cires qui sont produites par quelques insectes delà famille des hyménoptères, notamment par les abeilles; aussi ce sont surtout les cires d’origine animale qui sont le plus employées.
Chez les insectes, la f, cire est sécrétée sous les anneaux de leur abdomen. C’est avec cette matière que les abeilles construisent, ainsi que je l’ai déjà dit, les alvéoles hexagonaux ou les rayons (fig. 903) dans lesquels elles déposent leurs œufs et leur miel.
On a cru pendant longtemps que les abeilles récoltaient la cire toute formée sur les fleurs. Huber, de Genève, émit l’opinion que c’était un produit d’élaboration animale, et que les insectes pouvaient transformer le sucre de leurs aliments en cire. Cette opinion a été vérifiée, en 1842, par M. Gundlach, en 1843 par MM. Milne Edwards et Dumas. Si l’on nourrit exclusivement les abeilles avec du miel ou du sucre, elles fournissent tout autant de cire que lorsqu’elles ont leur entière liberté.
Voici comment on procède à l’extraction de la cire d’abeilles.
Les rayons étant enlevés des ruches, on les soumet à la presse pour
(1) Dans le moyen âge, un comte de Hollande, Albert Von Beyeren, mit un impôt sur la plus humble industrie des bruyères delà Veluwe, plateau sablonneux qui comprend la plus grande partie de la province de Gueldre et un tiers environ de celle d’Utrecht ; cette industrie, qu’on ne connaît plus aujourd’hui, c’est la fabrication de la cire, qu’on extrayait d’une plante aromatique trèsabondante dans les sables humides, le Myrica gale, gagel en hollandais.
(2) M. Marius Porte décrit ainsi le procédé qu’on suit au Brésil pour obtenir ict cire du palmier carnauba ( Corypha cerifera ) : on coupe les jeunes feuilles de ce palmier et on les fait sécher. On les porte ensuite dans un appartement où on les secoue fortement en les battant contre le sol pour en détacher une poussière presque impalpable qui les recouvre. On ramasse cette poussière sur le sol et les murs, et on la jette dans un bassin d’eau bouillante ; la cire surnage; on la recueille et on la laisse refroidir. ( Annales des sciences naturelles, 1861, t. XV, p. 99.)
Fig. 903. — Rayons ou gâteaux d’abeilles.
séparer le miel de ladre. Les gâteaux, bien égouttés, sont jetés dans de l’eau bouillante. Le restant du miel se dissout, ladre fond et se rassemble à la surface du liquide, cù elle se fige par le re'roidissement. On la fond de nouveau, et on la coule dans des vases de terre ou de bois. Quand elle est refroidie, on enlève avec un couteau la partie inférieure de chaque pain, qui est fort impure et qu’on nomme 'pied de cire : c’est alors ce qu’on appelle la Cire brute ou la Cire jaune.
Les pains de cire jaune, mis dans le commerce, sont tantôt circulaires et légèrement coniques, tantôt de forme prismatique très-allongée, à pans obliques, de 1 décimètre environ d’épaisseur.
La bonne cire jaune est d’une teinte claire, uniforme, sans marbrures rouges ou grises. Son odeur aromatique rappelle celle du miel commun. Sa saveur est faible et douce, sans goût de graisse et sans amertume. Sa cassure est nette et grenue; elle se rompt facilement.
Variétés commerciales. — Il y a dans le commerce un grand nombre de sortes et de qualités de cire qui diffèrent selon les pays, et qu’il est très-difficile de distinguer exactement à moins qu’on n’en ait une grande habitude.
Voici les principales :
1. Cires de France. — Les plus estimées sont celles de Bretagne, des Grandes- Landes et du Gatinais. Viennent ensuite celles de Bourgogne et de Basse-Normandie.
2. Cires d'Italie. — La production en est considérable; elle est représentée annuellement par le chiffre de 6 ou 7 millions. Les deux tiers servent à fabriquer des bougies. La plus belle cire se prépare à Venise.
3. Cires de Russie. — Elles sont assez pures, en pains de 15 à 50 kilogrammes.
4. Cire de Hambourg. — Elle a quelquefois une teinte verdâtre. Son odeur est aromatique. Ses pains pèsent 2 à 3 kil. seulement. Elle se blanchit mieux que la cire de Russie.
5. Cires des Etats-Unis. — Il y en a de jaune tendre, de jaune foncé, de verdâtre ; elles ont ordinairement beaucoup de pied et un aspect assez sale. On en trouve qui sentent le girofle, d’autres qui ont un léger parfum de vanille. Celles de New-York tiennent le premier rang ; viennent ensuite celles des États du Sud.
G. Cires des Antilles. — La plus estimée est celle d’Haïti. Les pains sont ronds et plats. Elle est quelquefois grise ou brune.
7 . Cire de l'Inde.— Elle est d’un gris sale, en pains de toutes formes, secs, cassants, et peu odorants. Elle vient principalement des îles de la Malaisie, notamment de Timor et de Florès.
8. Cires de la Chine. — Il en existe deux sortes bien distinctes : la cire d'abeilles , et la cire d'insectes.
Les animaux qui produisent ou plutôt recueillent cette dernière cire sont de petits insectes que certains naturalistes rangent dans la famille des Coccus , tandis que d’autres croient y reconnaître le cicada limbata de Fabricius. L’élève de ces insectes est, comme celle des abeilles et des vers à soie, l’objet d’une industrie spéciale qui n’est pas sans importance. Les arbres qu’on cultive de préférence pour être habités par ces insectes sont : le Rhus succedaneum, le Ligustrum glabrum et Y Hibiscus syriacus. C’est vers le milieu de juin que les
DES CIRES
insectes commencent à sécréter la cire. Cette substance apparaît d’abord en filaments, ressemblant à de la laine fine et soyeuse, qui se dressent sur l’écorce de l’arbre autour des insectes réunis par groupes et immobiles. Ce duvet peu à peu croît et s’épaissit durant les chaleurs de l’été, et bientôt enveloppe les insectes d’une masse homogène qu’on recueille après les premières gelées blan ches de septembre.
Cette cire d’insectes, lorsqu’elle a été purifiée, est identique, par son aspect et ses propriétés éclairantes, avec la stéarine et le blanc de baleine, et présente, comme ces matières, une cassure à brillantes lames cristallines. Elle n’a commencé à être connue en Chine qu’au treizième siècle ; mais elle est actuellement en usage dans tout l’empire. On en fait des bougies qui, suivant les Chinois, sont dix fois plus avantageuses que les bougies ordinaires.
9. Cire du Sénégal. — D’une couleur brune, presque noire, à odeur désagréable et empyreumatique, ce qui indique qu’elle n’est pas fondue avec assez de soins et qu’elle éprouve dans les bassines un commencement de carbonisation. C’est l’espèce la plus commune. On la reçoit en pains rectangulaires ou cylindriques, du poids de 25 kilogrammes.
10. Cire d’Abyssinie. — Elle arrive de Gondar et de plusieurs autres localités qui produisent aussi le miel en abondance. Elle est d’assez bonne qualité.
Usages de la cire jaune. — La cire jaune, quelle que soit son origine, a des usages très-étendus. Elle sert au frottage des appartements; elle entre dans la composition de l'encaustique , de la cire à sceller , des crayons lithographiques, de certains mastics, et les pharmaciens la font entrer dans des emplâtres et onguents, dans la préparation des sondes chirurgicales.
Blanchiment. — La majeure partie, toutefois, est épurée et blanchie pour pouvoir servir à la fabrication des bougies de luxe et des cierges. Voici comment on s’y prend pour enlever à la cire jaune les corps étrangers et lè miel auxquels elle doit sa couleur, son odeur aromatique et l’onctuosité qu’elle possède.
On la fait fondre sur des fourneaux A, A, dans de grandes chaudières B, B de cuivre étamé ( fig . 904), en l’agitant avec une spatule de bois, et y ajoutant après sa liquéfaction complète, 250 gr. de crème de tartre en poudre par quintal. Après un brassage de quelques minutes, on laisse reposer, et quand la cire est suffisamment éclaircie, on la fait couler par les conduits à robinet r, r, placés au bas des chaudières, mais un peu au-dessus de l’eau, dans une cuve de bois C remplie d’eau au tiers de sa capacité, et entourée de corps mauvais conducteurs. Après un repos suffisant pour qu’elle abandonne un reste d’impuretés, la cire encore fluide est dirigée par le robinet d dans une espèce de lingolière EF en cuivre étamé, percée à son fond de petits trous disposés sur une môme ligne.
La cire tombe en filets déliés sur un cylindre de bois G en partie plongé dans l’eau d’une cuve elliptique D, et auquel on imprime un mouvement régulier de rotation au moyen d’une manivelle H; elle est ainsi réduite en nappes ou rubans minces qui se détachent du cylindre et qui se durcissent, l’eau de la cuve D étant sans cesse rafraîchie
CiNQUANTE-UNlÊME LEÇON.
à l’aide d’un courant. C’est là ce qu’on appelle, en termes d’atelier, grêler la cire ; elle est dans un état de division convenable pour le blanchiment.
Les rubans jaunes, exposés pendant plusieurs jours au soleil et à la fraîcheur des njiits, sur des châssis de toile placés à peu de distance
Fig. 904. — Clarification et grêlage de la cire jaune.
de terre, perdent complètement leur couleur. Cependant il est presque impossible d’opérer la décoloration en une seule fois, à cause de l’épaisseur des rubans ; on les refond alors pour les rubaner de nouveau et les soumettre à un second blanchiment. On ne retire la cire des châssis que par un temps sec, parce que, par un temps humide, elle conserve une teinte grisâtre et éprouve un déchet considérable.
Après ces opérations, la cire est très-sèche et friable; on la fond en y ajoutant un peu de suif pour lui restituer le liant qu’elle a perdu, et on la coule en petites plaques rondes dans des trous circulaires creusés, de 12 à 13 millimètres sur 67 millimètres de diamètre, dans des planches de bois (fig. 905), qu’on a soin de mouiller. Ces planches reposent sur un grand châssis à pieds de table sans dessus. On obtient ainsi des petits pains ou plaquettes dites formelles , du poids de 62 grammes environ, qu’on livre au commerce sous le nom de Cire blanche> et improprement sous celui de Cire vierge.
DES CIRES
Toutes les espèces de cire ne se blanchissent pas avec la môme facilité. Celles du Levant, c’est-à-dire de Smyrne, de Constantinople, de Trieste, de l’Anatolie, de la Valachie, de la Moldavie, de la Bosnie, celles de l’Ukraine, de Hambourg, de la Chine, les cires du midi de la
Fig. 905. — Moulage de la cire blanche.
France, celles qui proviennent des anciennes provinces de la Saintonge, de l’Angoumois, de la Bretagne, des Grandes Landes, se décolorent avec promptitude et donnent les plus belles cires blanches.
Les cires de Basse-Normandie, de Russie, de Pologne, de Hongrie, de Transylvanie, d’Afrique, d’Abyssinie, des États-Unis, ne donnent qu’un second ou troisième blanc. ,
Les cires jaunes de la Bourgogne, du Gâtinais, de la Gironde, du Brésil, des îles de Cuba et de Saint-Domingue, du Sénégal, d’une grande partie de l’Italie ne peuvent être amenées à un blanc suffisant, et généralement on ne les raffine pas.
Composition élémentaire. — M. Lewy a fait, en 1844, l’analyse de toutes les cires du commerce. Voici la composition des principales, avec leur point de fusion :
Tableau.
NOMS