‹ Leçons cliniques de chirurgie infantileChapitre 11 sur 317 · D'UN NOUVEAU-NÉ · texte numérisé non relu

D'UN NOUVEAU-NÉ

D'après tout ce que je vous ai dit, vous avez sans doute compris que vous ne devez pas compter toujours sur une efficacité aussi merveilleuse que dans le cas actuel. La différence eet grande selon que l'infection générale est plus ou moins profonde, que la lésion locale est plus ou moins avancée : la douleur disparaît immédiatement, mais la solution de continuité d'un décoUc'^ ment épiphysaire demande quelque temps pour se réparer'.

Depuis cette leçon, j'ai eu l'occasion de faire radiographier un garçon de deux mois, qui me fut présenté le 7 juillet 1904 à l'hôpital des Enfants-Malades pour une syphilis cutanée en pleine et vive efflorescence, avec impotence complète du membre supérieur gauche par lésion accentuée de l'extrémité huméraie supérieure. Sur le cliché, que j'ai cru intéressant de faire dessiner, on voit nettement un décollement de l'épiphyse, la diaphyse étant déplacée en dehors. En outre, un manchon d'ossification sous-périostée entoure le haut de cette diaphyse ; il ne dépasse pas, en haut, le cartilage conjugal. On voit qu'en cette région, l'ossification de la tête humérale est à cet âge assez avancée pour que l'image radiographique soit instructive, mais à condition que les lésions soient parvenues à un degré avancé. Cet enfant a parfaitement guéri.

Sur les figures suivantes, reproduites d'après l'atlas du volume déjà cité de Parrot, on pourra étudier, dans leurs

divers degrés, les lésions osseuses de la syphilis héréditaire précoce, avec les périostoses, l'altération gélatiniforme de la moelle, les décollements juxta-épiphysaires et les fractures diaphysaires.

FiG. 4. — Radiographie d'un cas de syphilis héréditaire précoce avec décollement de l'épiphyse humérale supérieure et hyperostose autour de la diaphyse.

1. En une dizaine de jours, tout gonflement osseux a disparu. Après ti'ois semaines, et sans avoir pris mon avis, on a suspendu le traitement et, dans les premiers jours de juin, on m'a présenté l'enfant atteint, du côté opposé, d'une lésion humérale identique à la précédente. Cette fois encore le traitement, que j'ai conseillé de prolonger, a été d'une efficacité souveraine.

LESIONS OSSEUSES PRÉCOCES

FiG. 6.

FiG. 7.

FiG. s.

Fifi. 5. — Radius d'un enfant nouveau-né, présentant un ostéophyte dur qui le déprime et l'épaissit.

FiG. 6. — Coupe d'un fémur de nouveau-né, entouré d'un ostéophyte. — oa, premier ostéophyte en voie de destruction par lamellisation; a'a\

nouvel ostéophyte mou entourant le premier; B, diaphyse primitive; AA, épiphyses encore cartilagineuses ; P, point d'ossification épiphysaire ; CC^ couche de tissu chondroïde; DD, moelle normale juxta-épiphysaire; p, moelle normale diaphysaire; h, couche chondro-calcaire ou chondro-spongoïde.

FiG 7. — Coupe d'un tibia. Mêmes lettres que sur la figure 6. — Hj moelle gélatiniforme (de teinte rouge foncé sur le cadavre frais).

Fio. 8. — Coupe d'un humérus. Mêmes lettres que sur la figure 6. Il n'y a pas encore de moelle gélatinitorme.

FiG. 9. — (Humérus), 10 (Cubitus), 11 (Humérus) montrant la « médullisation » de l'os ancien et des ostéophytes.

FiG. 12. — Coupe d'un humérus. Mêmes lettres que sur la figuie 6. — g, moelle gélatinitorme; /, début latéral de décollement juxta-épiphysaire.

l'iG. 13. — Humérus. On voit le trait d'un décollement juxta-épiphysaire total.

I"[o. 14. — Coupe d'un fémur. — hb, moelle gélatinitorme creusant la cavité par laquelle débute un décollement juxta-épiphysaire. Autre lettres comme figure 6.

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