RECONSTITUTION DE LA PAROI
soit pointe en liaut, convexité contre le cordon (fig. 91). A ce moment, vous lâchez la pince de la lèvre interne et vous la faites tomber en dehors, rabattant ainsi l'aponévrose dont vous voyez la face supérieure : et, l'index gauche refoulant la peau en dedans, vous faites ressortir l'aiguille aussi loin que possible.
FiG. 90. — La lèvre externe a' est rabattue en dehors. L'aiguille passe à plat devant le cordon et s'engage sous les muscles petit oblique et transverse.
L'aiguille a chargé ainsi , en un seul temps, toute l'épaisseur de la paroi abdominale. Et avec trois ou quatre points passés de la sorte en surjet vous avez solidement inséré à l'arcade de Fallope, en avant du cordon, tous les muscles larges de la paroi.
La seule différence chez l'adulte, à paroi épaisse et ferme, est que parfois on est obligé de passer le hl en deux temps, en piquant isolément chaque lèvre.
8° Suture de la peau. — Je fais cette suture soit en
Fig. 91. — Les deux lèvres de l'aponévrose sont rabattues en dehors et l'aiguille, retournée pointe en haut, sort aussi loin que possible.
surjet, soit à points séparés. Si l'on prend bien toute l'épaisseur des tissus et si l'on a soin, par deux ou trois points, de piquer en même temps le plan profond, toute ligature hémostatique est inutile. Je n'en mets jamais, et je n'ai de ce côté aucun ennui. Je ne draine jamais et je mets un simple pansement à la gaze aseptique, maintenu par de la colle à la gélatine et à Foxyde de zinc (pâte de Unna).
Chez la femme, le procédé est le même, sauf que du premier coup, après la fente de l'aponévrose, le sac est soulevé en masse et décollé jusqu'aux vaisseaux épigastriques. On lie sans isoler le ligament rond.
Le procédé que je viens de décrire est d'une grande facilité. Après m' avoir aidé pendant quelque temps, mes internes Fexécutent tous avec une constante correction. D'autre part, si la sature que je préconise depuis 1891 a le tort d'être simple, elle a l'avantage d'être solide. Sur les sujets à paroi bien musclée que j'ai revus en grand nombre des mois et des années après l'opération, j'ai constaté entre 1 et 2 p. 100 de récidives. Chez les enfants, la récidive n'existe pour ainsi dire pas.
A priori^ sans doute, les partisans de sutures complexes par lesquelles on cherche à reconstituer plan par plan une paroi abdominale normale, ne seront pas satisfaits de ce procédé, et ils m'objecteront que ce qui suffit chez l'enfant devient insuffisant chez Tadulte. Or, j'ai opéré des adultes et des vieillards, j'en ai opéré qui depuis leur première enfance, portaient des hernies mal maintenues et devenues adhérentes, des épiplocèles volumineuses surtout, et je revois souvent un vieillard de soixantecinq ans qui, depuis huit ans, reste sans récidive.
C'est que je ne crois pas du tout à l'efficacité des aponévroses pour prévenir la récidive : je vous répète ce que je disais en commençant, qu'ici comme partout le tissu fibreux est une annexe passive du tissu contractile.