TECHNIQUE OPÉRATOIRE
mois d'octobre 1901 parce que, sa mère étant sans domicile, l'hospitalisation avait été anormalement prolongée.
Car, même en service de crèche, l'hygiène nosocomiale est mauvaise aux tout petits, et doit durer le moins possible. x\.ussi, pour les jeunes opérés de hernie, me voyez-vous les faire sortir presque toujours au dixième ou au douzième jour, le premier pansement ayant été fait au huitième. C'est à cela, joint à Thospitalisation en crèche, qu'il faut attribuer la bénignité des suites opératoires ; mais les fréquentes et brusques poussées de congestion pulmonaire, les quelques attaques de diarrhée verte sont là pour nous prouver dans quelle direction nous devons, pour avoir de bons résultats, exercer notre surveillance et prendre nos précautions.
Pour terminer, j'ai à vous expliquer quelles sont les difficultés opératoires auxquelles vous devez vous attendre.
D'abord, chez le nourrisson, la couche adipeuse à traverser est épaisse, avant d'arriver à l'aponévrose du grand oblique, et celleci est, par contre, mince, souple, facile à méconnaître pour un opérateur non averti ; et en faisant opérer mes élèves avec mon aide, j'ai constaté bien des fois avec quelle facilité ils eussent perdu du temps avant de parvenir au sac, si je ne les eusse remis dans le droit chemin.
Les hernies pour lesquelles nous intervenons à cet âge sont presque toujours grosses : aussi la recherche du sac est-elle facile, d'autant mieux que souvent pendant l'opération il contient l'intestin hernie. Mais déjà cela peut rendre délicate l'incision du sac, très mince; et de plus l'anneau est large, le nourrisson endormi respire avec de fortes poussées abdominales, ce qui peut gêner pour réduire l'anse. Là est, par l'exposition au dehors de l'intestin manipulé, le motif pour lequel la péritonite vient peser assez lourdement sur les statistiques faites de pièces et de morceaux, tandis qu'elle disparait entre les mains d'un opérateur
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exercé. Et celui-ci aura soin, le plus souvent possible, de réduire l'intestin à travers le sac, avant d'inciser cette enveloppe, puis de le maintenir dans le ventre en faisant appuyer sur Fanneau avec un tampon.
Cette manœuvre ne réussit guère quand il s'agit du gros intestin, du csecum principalement, et surtout elle est irréalisable lorsque les côlons lombaires ont commencé à glisser, ce qui est rare, mais possible. Je ne pense d'ailleurs pas que cette complication anatomique empêche de mener à bien l'opération et, chez l'enfant en bas âge, prédispose à la récidive. Lorsque, chez un sujet ordinaire, je vois l'appendice au-dessous du csecum, j'ai coutume de le réséquer: chez le nourrisson, soucieux d'aller vite, je ne le fais pas.
Mais ce désir de rapidité doit-il nous inciter à une dissection incomplète du sac? Malgré certains opposants, je ne le pense pas. Le sac est mince, facile à déchirer: aussi Frôlich (de Nancy) a-t-il conseillé de ne pas le disséquer, de se borner à suturer le collet et de s'en rapporter, pour le reste, à la tendance naturelle dutrajetpéritonéo-vaginal vers l'occlusion spontanée chez l'enfant du premier âge. Deux cas suivis par Frôlich pendant huit mois n'ont pas réussi, en 1897, à me démontrer la supériorité du procédé : car le sac n'est pas si difficile à cliver qu'on le dit; en peu de coups d'ongles, je le dissèque toujours jusqu'au contact de la vessie; en une dizaine de minutes, je le répète, l'opération est terminée, pansement compris. En 1897, ma statistique (dressée sur les enfants au-dessous de deux ans, pour êti'e parallèle à celle de Frôlich), portait sur 117 cas avec 3 décès. Elle m'a paru assez bonne pour ni encourager et depuis 1897, pour des enfants de dix-huit mois et au-dessous, j'ai 155 cas avec 2 décès; de dix-huit mois à deux ans, mortalité nulle.
Rien de spécial sur le manuel opératoire : que la hernie soit testiculaire ou funiculaire, j'agis selon le procédé que j'ai déjà décrit à plusieurs reprises*. De même pour refaire la paroi, et chez les tout petits je n'ai jamais observé de récidive, quoique