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ANATOMIE NORMALE DE L'APOPHYSE

La tache spongieuse subit ce même déplacement de haut en bas, mais, en même temps, elle se rétrécit, sa lame corticale s'épaissit et se déprime, comme attirée par une rétraction des parties profondes; d'où une fossette criblée, mais compacte et à petits trous, qui est située contre la moitié supérieure du bord postérieur du conduit osseux, en arrière d'une petite saillie, l'épine de Henle, peu à peu dessinée, à mesure que la fossette se creuse.

A partir du moment où cet état est constitué, c'est-à-dire environ à partir de l'âge de deux ans, il n'y a plus, entre l'adulte et l'enfant, que des différences de délail, aussi bien en anatomie normale qu'en anatomie pathologique, en clinique qu'en médecine opératoire. Jusque-là, au contraire, la mastoïdite des nourrissons mérite, à tous ces égards, une étude spéciale.

D'abord, vous avez peut-être été frappés de la rapidité et de la facilité avec laquelle, chez nos deux enfants, les lésions rétroauriculaires ont évolué : en huit jours, l'otorrhée, la réaction fébrile et douloureuse étant médiocres, un gros abcès sous-cutané s'est constitué. Or si, chez l'enfant du deuxième âge, peut-être plus volontiers que chez l'adulte, la réaction mastoïdienne d'une otite aiguë est précoce et à peu près constante, la plupart du temps elle devance de plus loin la mastoïdite proprement dite, quand celle-ci se produit; et la formation de l'abcès sous-périosté est précédée d'une période douloureuse assez vive, parfois très vive, pendant que se laisse franchir par le pus une corticale qui n'est plus mince et largement perforée.

Vous avez sans doute conclu de vous-mêmes que là se trouvent réalisées les conditions les plus favorables à l'existence d'une mastoïdite sans otorrhée, le pus ayant plus de facilité à envahir l'aditus et l'antre qu'à perforer le tympan. Gela est vérifié par l'observation quotidienne : cette variété clinique est bien plus fréquente, d'après mon expérience, chez le nourrisson que chez l'enfant plus âgé. Mais, de cela, vous retiendrez que l'absence d'otorrhée ne sera probablement pas de grande valeur pour établir, en clinique, une distinction entre la périostite et la mastoïdite.

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