Voy. leçon VII de la l^e série
112 CURABILITÉ HABITUELLE DE LA PARALYSIE POTTIQUE
A. l'admission, les deux membres supérieurs ne pouvaient être détachés du plan du lit ; le bras étant fixé, l'avant-bras pouvait être fléchi, mais avec difficulté, surtout à gauche ; les deux membres inférieurs étaient moins pris, quoique, même au lit, les mouvements fussent à peu près nuls à droite ; la jambe gauche pouvait être soulevée volontairement. Les réflexes rotuliens étaient exagérées. La sensibilité était normale.
Du côté du cou, outre la raideur déjà signalée, nous avons trouvé la nuque gonflée de haut en bas, avec effacement de la fossette sous-occipitale. Par la pression localisée nous avons éveillé une douleur qui nous a fait localiser le mal sur la 3" ou la 4" cervicale. Par le toucher pharyngien, que toujours il faut pratiquer chez ces malades, nous n'avons constaté aucun abcès.
Peu à peu la paralysie a diminué sous nos yeux, d'abord dans les membj'es inférieurs, puis dans les supérieurs, et aujourd'hui presque tous les mouvements se font avec une assez grande facilité, sans hésitation, le sujet étant couché ou assis : car, bien entendu, je n'ai pas cherché à le mettre debout. Les réflexes rotuliens sont toujours exagérés ; il n'y a pas de trépidation épileptoïde.
Pour obtenir cette rétrocession, je n'ai pas eu à recourir au bistouri. Mais cela ne veut pas dire que je n'ai rien fait; le malade est depuis son entrée soumis à l'extension continue, avec deux poids aux pieds et un à la tête. Car si le déplacement osseux n'est pas la cause de la compression lente, la déviation rachidienne diminue cependant un peu la capacité du canal médullaire ; de plus, l'extension est le meilleur moyen d'éviter ces déplacements brusques, cause de mort subite, dont le mal cervical est malheureusement coutumier; en outre, immobilisant bien le rachis, elle favorise la diminution des fongosités qui sont l'agent de la compression. A la région cervicale, l'extension est, à mon avis, supérieure à l'immobilisation dans l'appareil plâtré. Celle-ci, au contraire, lui sera préférée pour le mal de Pott dorsal moyen; mais non pour le mal dorsal supérieur, où les corsets ne donnent que des résulta;ts médiocres.
Donc, nous avons au total cherché à limiter la déviation osseuse