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DIFFERENCES AVEC LA COXALGIE

Si cela ressemblait à quelque chose de coxo-fémoral, ce serait au plougeon de la luxation congénitale, avec cette différence toutefois que, dans cette dernière, l'inclinaison latérale du tronc s'accompagne de projection de l'épaule en arrière, du ventre en avant.

Au reste, une question m'a suffi pour éliminer tout de suite ce soupçon : l'enfant, âgée de cinq ans, a marché à quinze mois, sans aucune anomalie, et depuis deux mois seulement elle boite.

L'inclinaison du tronc en avant est encore contraire à l'hypothèse de la fausse claudication, par oscillations du tronc seul, observée dans certaines paralysies des muscles fessiers et sacrolombaires. La démarche du sujet habillé ressemblant alors assez à celle d'une luxation congénitale. Mais voici maintenant l'enfant déshabillée, et les reliefs musculaires nous apparaissent partout normaux, car l'inspection ne suffit pas pour déceler une légère atrophie tricipitale, appréciable à la palpation.

La « claudication salutante » que je vous ai priés de regarder en tentant de vous la décrire, n'est pas celle de la coxalgie : c'est, au contraire, celle de la sacro-coxalgie, c'est-à-dire de la tuberculose sacro-iliaque. Il nous reste donc à démontrer : 1° qu'il n'y a pas de signes de coxalgie; 2° qu'il y a des signes de sacrocoxalgie.

L'enfant étant déshabillée et ayant fait quelques tours dans l'amphilhéâtre, je lui dis de s'arrêter : et elle se hanche presque indifféremment sur le membre droit ou sur le gauche. En y regardant de près, vous remarquez une tendance légère à appuyer davantage à droite, mais c'est peu de chose : le talon ne se détache pas du sol, le genou ne se fléchit pas, le tronc s'incline à peine. Or, il est sûr que tout cela aurait lieu pour une coxalgie arrivée au degré de claudication où en est notre malade.

Cette constatation, cependant, est indirecte : passons à l'examen direct de la région.

Il n'y a pas de signes de coxalgie : en effet, l'empâtement et l'adénopathie sont nuls dans le pli de l'aine ; la douleur à la pression est nulle sur la tête fémorale en avant et en arrière, sur le grand trochanter ; l'amplitude est égale des deux côtés pour

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