‹ Leçons cliniques de chirurgie infantileChapitre 70 sur 317 · LES SACRO-COXALGIES PARTIELLES · texte numérisé non relu

LES SACRO-COXALGIES PARTIELLES

tionnels qui, comme en cas de mal de Pott, vous conduisent à palper la fosse iliaque. Mais plus souvent ils sont franchement intra-pelviens, au-dessous du détroit supérieur, et sont alors très souvent méconnus s'ils ne sont pas recherchés systématiquement par le toucher rectal; et quand vous constatez un abcès fessier inférieur, cet examen seul vous permet de déterminer, par la présence ou l'absence d'une tuméfaction intra-pelvienne concomitante, s'il est exclusivement et primitivement fessier, ou sïl vient du bassin, à travers la grande échancrure sciatique. Chez notre malade, la date rapprochée du début rendait peu probable la découverte d'un abcès pelvien latent : mais ce serait mal connaître les collections ossifluentes froides que de ne pas être toujours en méfiance d'une surprise de ce genre.

Quoi qu'il en soit, nous sommes aujourd'hui sûrs qu'il n'y a d'abcès nulle part, ni hors du bassin, ni dans le bassin : ce n'est donc pas le moment de vous en tracer un tableau clinique, lequel se confond, d'ailleurs, avec celui des abcès du mal de Pott lombaire inférieur. Retenez seulement que, de ces abcès, de leur ouverture possible à la peau ou dans un des viscères creux du voisinage, dépend avant tout le pronostic de la sacro-coxalgie. Et sachez que les lésions du haut du sacrum, avec atteinte de la dernière lombaire, comme c'est ici le cas, sont à cet égard assez sévères. La suppuration y est fréquente et volontiers grave, comme dans le mal de Pott lombaire, dont nous étudions, en somme, une variété. Et le pronostic, à ce point de vue, est bien plus sérieux que pour les sacro-coxalgies inférieures, et surtout que pour les sacro-coxalgies partielles, dont Pierre Delbet et son élève Naz nous ont écrit l'histoire.

Car, dans cette symphyse, les lésions ont parfois tendance à ne pas trop s'étendre autour du point initialement atteint, et cela d'autant plus que celui-ci est plus inférieur. D'oià des formes atténuées, frustes, qui ne se traduisent guère que par une sciatique persistante et par conséquent suspecte, puis plus tard, par un abcès fessier. Alors, il est utile d'opérer de bonne heure et, loin des amas spongieux qui, dans le haut des surfaces auriculaires, fournissent un champ étendu à l'ensemencement bacil-

126 PRONOSTIC DE LA SACRO-GOX Al.G lE

laire, on a des chances réelles d'obtenir un succès rapide en dépassant largement le mal.

Ces cas tout à fait favorables sont rares chez l'enfant, oii la plupart du temps le pronostic doit être rapproché de celui du mal de Pott lombaire, comme chez notre malade actuelle. A ce point de vue, la gravité est, en principe, grande, s'il survient des abcès pelviens, malheureusement fréquents. Dans l'espèce, l'acuité relative dans l'évolution symptomatique est assez inquiétante; il y a toutefois quelques éléments rassurants, car si la mère est morte phtisique , le père et trois frères et sœurs sont bien portants; la malade elle-même a joui jusqu'à ces. derniers temps d'une bonne santé, et en ce moment même son état général est assez bon.

Nous apprendrons vite si le repos complet met fm aux souffrances et si la crainte d'une suppuration précoce, toujours grave, peut être écartée. Nous aurons ensuite à compter, comme toujours, avec les complications tuberculeuses intercurrentes, impossibles à prévoir; mais en cela, rien de propre à la sacro-coxalgie.

Supposons que l'enfant survive, comme c'est très probable, si elle est bien soignée; à quels troubles fonctionnels sera-t-elle exposée de par l'ankylose sacro-iliaque, et probablement lombosacrée, à laquelle elle ne saurait échapper?

Deux choses sont à considérer, le membre inférieur et le bassin.

On a décrit, au cours de la sacro-coxalgie, des attitudes vicieuses rappelant celles de la coxalgie : en réalité, quand il n'y a pas envahissement secondaire de la coxo-fémorale par continuité osseuse ou par suppuration de la gaine du psoas, ces attitudes sont rares, et en tout cas légères.

On peut observer, par contracture musculaire réflexe, un peu de flexion et d'abduction; mais comme il n'y a rien de malade dans la hanche, c'est facile à redresser et à maintenir redressé. Quant à l'influence d'une ankylose sacro-iliaque sur la marche, on peut la considérer comme nulle.

Mais il s'agit d'une fille, et je parle dans l'amphithéâtre où M. Pinard me donne l'hospitalité : ai-je donc besoin de vous apprendre que, pour les accouchements à venir, une ostéo-

Page 1