EXEMPLE DE PARAPLÉGIE SPASMODIQUE
volontairement. Le relèvement de la pointe des pieds ne provoque pas do trépidation épileptoïde. Les réllexes rotuliens sont très brusques, mais ils ont peu d'amplitude. Il n'y a pas de troubles trophiques; les muscles
Fio. Gi.
■ DislribuLion de raucslliésic l'ulanée cl des zones spusmogèncs et spasuiu-frciialriccs chez Bciihc G...
FiG. G3. — Rotrécissemeul eonceiilriquc des cliamps visuels de Bertlic G.
paralysés ne sont pas atrophiés; leurs réactions électriques sont normales. La miction et la défécation s'exécutent régulièrement. Les membres supérieurs ont conservé leur molilité.
DES PARAPLÉGIES HYSTÉRIQUES.
Je VOUS signalerai en passant deux particularités assez imprévues : la première, c'est que, bien que notre malade ait eu à plusieurs reprises des contractures spontanées, elle n'a pas de diathèse de contracture, c'est-à-dire qu'il est impossible de provoquer chez elle, par la traction des membres, la percussion des muscles, la suggestion à l'état de veille, etc., des rigidités musculaires; la seconde, c'est que ses contractures spontanées persistent pendant le sommeil hypnotique ou tout au moins dans la phase somnam-
FiG. 64. — Dislri',utioii de l'ancslhésic culanéc dans un cas de paraplégie provoquée par une myélite aiguë.
bulique du sommeil hypnotique; elles ne cessent que clans l'état léthargique.
Néanmoins le diagnostic de parajjlêgîe liystérique s'impose. Les antécédents de la malade le rendent déjà très vraisemblable; l'étude du début de l'affection et l'analyse de ses symptômes actuels lui donnent un caractère de certitude presque absolue.
Le début de l'affection est tout à fait caractéristique, d'abord parce que les accidents permanents qui succèdent à des attaques convulsives hystériques sont ordinairement de la môme nature
que ces attaques; ensuite parce que les paraplégies qui s'accompagnent, dès les premiers jours, de contracture intense sont presque toujours des paraplégies hystériques. Dans les paraplégies organiques dépendant de lésions inflammatoires ou dégénératives de la moelle épinière, la contracture est habituellement un phénomène secondaire qui s'installe lentement et n'atteint son maximum d'intensité qu'après plusieurs semaines d'évolution progressive. D'autre part, il existe dans la distribution des troubles sensrtifs
Fjf.. (].■;. ~ DistriljuUon de l'ancsthésie cutanée dans un cas de paraplégie consécutive à une myélite par compression.
et moteurs une discordance qui ne saurait s'expliquer par une lésion médullaire. Quand un foyer de myélite interrompt la continuité de la moelle épinière, il peut, assurément, déterminer à la fois la perte de la motricité et de la sensibilité des parties sousjacentes. Mais, dans ces cas, l'ancsthésie se superpose à la paralysie; elle affecte, elle aussi, le type paraplégique (fig. 64 et 65); tandis que chez notre malade nous constatons wwq 'paraplégie du mouvement et une hémiplégie de la sensibilité. Pour expliquer ces symptômes par des altérations matérielles des centres nerveux, il faudrait
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admettre l'existence d'une lésion capsulaire causant l'tiémianesthésie et d'une lésion médullaire, indépendante de la première, tenant sous sa dépendance la paralysie des membres inférieurs, ce qui serait tout à fait invraisemblable.
Passons à l'examen d'un autre malade qui nous offre un bel exemple de paraplégie hystérique flaccide.
Obs. II. — Paraplégie hystérique chez un alcoolique. — Jean Mar. .. est un garçon de vingt et un ans, pâle, cliétif, débile.
Nù d'un père alcoolique et violent, il a fait lui-même depuis qu'il est pubère des excès de toutes sortes. Il a cependant été assez heureux pour ne pas contracter la syphilis.
Il est paraplégique depuis huit mois. Mais avant de tomber tout à fait ■ malade, il a eu des accidents qui méritent d'être signalés.
Il y a un an qu'il a commencé à éprouver dans la région lombaire une douleur sourde, profonde, continue, qui devenait aiguë et lancinante quand il se fatiguait.
Un mois après le début de cette douleur, il se rendit avec des amis à une foire. Il se livra toute la journée à des libations copieuses et la nuit à des excès vénériens. Le lendemain matin, quand il voulut se lever, il tomba; ses jambes étaient flasques, inertes, paralysées. Il resta trois jours alité, puis la paralysie disparut, et Mar... reprit sa vie de débauches.
Quelques semaines plus tard, il eut une sorte d'ictus apoplecliforme avec perle de connaissance.
Il resta deux jours au lit, incapable de mouvoir ses jambes. Le troisième jour il était guéri.
La paraplégie pour laquelle il est entré dans le service a débute brusquement, il y a huit mois, dans les circonstances suivantes :
Un soir, en sortant du café où il avait bu outre mesure, Mar... tomba évanoui sur la voie publique. La perte de connaissance a duré trois quarts d'heure environ. Elle a été accompagnée de mouvements convulsifs et suivie d'une agitation délirante assez vive. On a transporté le malade à l'hôpital et, dés le lendemain, on a constaté qu'il était complètement paralysé des deux membres inférieurs.
Cette paralysie s'est à peine modifiée. Mar... peut difficilement soulever ses jambes au-dessus du lit; il est absolument incapable de se tenir debout. Le sens musculaire ou, pour mieux dire, la notion de position des membres paralysés est abolie. Le malade ne se rend pas compte, les yeux fermés, de la position que l'on donne à ses jambes. Il n'y a pas de contracture. Les réflexes rotidiens sont normaux ou très légèrement exagérés. Les réactions électriques des muscles sont intégralement conservées. Les fonctions des