‹ Leçons cliniques sur l'hystérie et l'hypnotismeChapitre 26 sur 175 · ANESTTIÉSIES HYSTÉRIQUES DE L'OUÏE ET DE LA VUE · texte numérisé non relu

ANESTTIÉSIES HYSTÉRIQUES DE L'OUÏE ET DE LA VUE

SOMMAIRE

L Anesthésie hystérique de l'audition. Caractères cliniques de la surdité hystérique complète et incomplète. Mensuration de l'acuité auditive. Expérience de Rinne et sa signification.

IL Rapport de la sensibilité tactile de l'oreille externe et du tympan avec la perte de la sensibilité auditi^e; indépendance de Tanesthésie sensitive et de l'anesthésie sensorielle.

III. Anesthésie hystérique de la vision. Amaurose et amblyopie hystériques. Éléments

constitutifs de l'amblyopie : 1» troubles des perceptions chromatiques; 2» modifications dans l'étendue et la forme du champ visuel; 3* affaiblissement de l'acuité visuelle; 4° polyopie monoculaire.

IV. Problème de physiologie pathologique soulevé par l'étude de l'amblyopie hystérique.

Indépendance probable des centres perceptifs des sensations visuelles pour la vision monoculaire et pour la vision binoculaire.

Messieurs,

Les anesthésies de l'ouïe et de la vue sont au moins aussi fréquentes, dans l'hystérie, que celles du goïit et de l'odorat. Leur étude, ébauchée par Briquet \ a fait l'objet, dans ces dernières années, de recherches importantes. MM. Gharcot ^ Landolt \ Parinaud\ etc., ont analysé, avec une patience et une habileté tout à fait remarquables, les différentes formes cliniques de l'anesthésie hystérique de la vision. MM. Gellé \ Walton ", Licht'witz ^ se sont

1 Briquet, Traité clinique et thérapeutique de l'hystérie. Paris, 1B59, p. 291.

- Gharcot, Leçons sur les maladies du système nerveux, passim. — Des troubles de la vision chez les hystériques {Progrès médical, 1878, p. 37),

^ F. Landolt, De l'amblyopie hystérique {Archives de physiologie, 1875, p,624).

* H. Parinaud, De la polyopie inonoculaire dans Vhystérie et les affections du système nerveux {Annales d'ocidistique, mai, juin, 1878), — Anesthésie de la rétine {Annales d'oculistique, juillet, août, 1886),

s Gellé, Précis des inaladies de l'oreille. Paris, 1885.

6 Walton, Deafness in hysterical hemianesthesia. Brain, voLV, 1883, p. 4.58.

■^ Lichtwitz, Les anesthésies hystériques des mu([ueuses et des organes des sens, etc. Th.doct., Bordeaux, 1887.

92 ANESTHESIE AUDITJVE.

surtout attachés à déterminer les caractères de l'anosthésie de l'audition. Je m'efforcerai de vous faire connaître, dans la leçon d'aujourd'hui, les principaux résultats auxquels sont arrivés ces observateurs.

La surdité hystérique peut être complète, absolue. Le plus souvent alors elle débute brusquement, persiste sans modifications notables pendant quelques jours ou quelques semaines, et guérit tout à coup sans laisser de traces. Mais cette forme de paralysie absolue de l'audition est fort rare. Dans la grande majorité des cas, la surdité hystérique est incomplète. Elle n'existe que d'un côté, et, même du côté atteint, l'ouïe est simplement affaiblie.

Les malades qui sont affectés de cet affaiblissement unilatéral des perceptions auditives n'éprouvent en général aucune sensation subjective de bourdonnements ou de sifflements. Ils se rendent parfaitement compte de l'orientation des bruits qu'ils entendent et, pour reconnaître leur surdité, il faut la rechercher méthodiquement.

A cet effet, il convient de pratiquer au moins deux expériences successives destinées : la première, à mesurer le degré de l'hypoesthésie de l'ouïe; la seconde, à démontrer que cette hypoesthésie ne dépend pas de lésions banales de l'oreille externe ou du tympan.

Pour mesurer le degré de l'acuité auditive, il suffit en général de faire écouter au malade le bruit d'une montre qu'on place d'abord très loin de son oreille et qu'on rapproche lentement jusqu'à ce que le tic-tac en soit nettement perçu. La distance à laquelle ce bruit commence à être distinctement entendu indique, avec une précision très suffisante pour les besoins de la clinique, le degré de la dureté de l'oreille.

Ce premier point étant acquis, il convient de rechercher si la diminution de l'intensité des perceptions auditives est la conséquence d'une paralysie des organes centraux de l'audition ou si elle résulte d'une lésion banale du conduit auditif externe, du tympan ou de l'oreille moyenne. Parmi les procédés qui permettent de faire ce diagnostic différentiel, le plus commode est celui qui est connu des otologistes sous le nom (Vexpérience de Rinne.

Page 1