‹ Leçons cliniques sur l'hystérie et l'hypnotismeChapitre 71 sur 175 · APPLICATIONS PRATIQUES · texte numérisé non relu

APPLICATIONS PRATIQUES

les douleurs de l'aura hystérogène surviennent, l'aura ovarienne les suit de près, et finalement les convulsions hystériques se produisent.

Lorsque l'excitation provocatrice de l'attaque est représentée par la compression de l'une quelconque des zones spasmogènes des membres, du thorax ou de la tête, il n'y a pas d'aura psychique, mais l'excitation des points spasmogènes est suivie de l'aura ovarienne. Pour se rendre bien compte de la succession des phénomènes dans les expériences de ce genre, il faut choisir des zones modérément excitables et exercer sur elles une pression légère et soutenue. La malade éprouve alors, au niveau même de la zone comprimée, une douleur profonde, constrictive. Puis elle sent que la boule ovarienne « se décroche » et commence son ascension à travers l'abdomen et le thorax. Il n'y a pas, en général, d'irradiations intermédiaires entre la douleur locale de la zone excitée et la sensation de boule ovarienne. Les convulsions commencent, comme dans les attaques spontanées, quand la boule est arrivée à la gorge.

Les attaques provoquées par l'excitation de la région ovarienne ne sont précédées ni par une aura psychique ni par une aura hystérogène. La malade éprouve tout de suite la sensation de la boule hystérique qui s'élève et l'étrangle.

En résumé, les prodromes complets des attaques hystériques spontanées se composant de trois phases successives, on peut provoquer l'explosion des convulsions en donnant artificiellement naissance aux sensations qui caractérisent l'une ou l'autre de ces phases prodromiques. Dans ces cas, les phénomènes pathologiques évoluent suivant l'ordre régulier de leur succession naturelle dans les prodromes des attaques spontanées, à partir de la phase qui a été artificiellement provoquée; l'excitation expérimentale n'a pas d'effets rétroactifs.

La connaissance des zones spasmogènes et spasmo-frénatrices a une grande importance pratique.

J'ai des raisons sérieuses de penser que, dans un bon nombre de cas, les attaques violentes et prolongées des petites hystériques sont entretenues par l'excitation involontaire et inconsciente des zones spasmogènes de ces malades. Les personnes qui les entourent s'empressent autour d'elles, et, avec les meilleures intentions

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(lu monde, s'efforcent de les maintenir aussi énergiquement que possible. Que là malade ait plusieurs zones excitables, et ce sera un hasard heureux si l'une d'elles n'est pas comprimée par ces aides trop dévoués, et si cette compression ne provoque pas des reprises incessantes des convulsions.

Les liens résistants, les camisoles de force, qu'on se croit trop souvent obligé d'employer, ont quelquefois le même effet.

Nous avons eu récemment dans le service un exemple frappant de cette influence fâcheuse de l'excitation involontaire des zones spasmogènes sur la prolongation indéfinie des attaques convulsives. Il nous a été fourni par la nommée Pauline T..., sur laquelle je vous ai montré, il y a quelques instants, des zones cutanées d'une si remarquable excitabilité. La première fois qu'on la conduisit à l'hôpital, ce fut à la suite d'une attaque convulsive qui avait duré douze heures consécutives. Les attaques qu'elle eut les jours suivants dans le service se prolongèrent aussi fort longtemps. Les efforts qu'on faisait pour maintenir la malade semblaient augmenter la violence des convulsions au lieu de les calmer. Sur ces entrefaites, nous découvrîmes ses zones cutanées des membres. Ordre fut donné de ne plus chercher à la maintenir de force, si elle venait à avoir des attaques nouvelles, et de se contenter de l'empêcher de tomber de son lit, en ayant bien soin de ne comprimer aucun des points excitables des membres. Depuis cette époque, elle a eu des attaques très nombreuses, mais jamais les convulsions n'ont duré plus de quelques minutes.

La possibilité de provoquer ou d'arrêter à volonté les attaques convulsives peut fournir au médecin les moyens de rendre aux malades de réels services.

Les cas où il y a avantage à provoquer des attaques ne sont pas rares.

Quelquefois les phénomènes de l'aura spontanée se prolongent et donnent lieu à des souffrances pénibles. Il suffit de provoquer artificiellement l'attaque pour faire cesser les angoisses et les douleurs qui dépendent de l'aura.

D'autres fois les attaques convulsives des hystériques sont suivies de certains accidents persistants, tels que contracture ou paralysie des membres, chorée saltatoire, spasmes rythmiques, etc., qui peuvent disparaître à la suite d'une nouvelle attaque spontanée ou provoquée.

Knfin, il est des cas dans lesquels la provocation possible

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