‹ Leçons cliniques sur la syphilisChapitre 11 sur 263 · Voy. p. 18 (observation de M. Clerc · texte numérisé non relu

Voy. p. 18 (observation de M. Clerc

comme la jeune veuve dont je vous ai raconté l'iiisloire ; c'est le sein qui reçoit l'infection et en présente les premiers indices.

Une sage-femme accouche une femme syphilitique affectée d'accidents secondaires à la vulve; c'est à la main qu'elle prend la -contagion.

Une nourrice (et ici les exemples pourraient se compter par ■centaines) allaite un enfant syphilitique; c'est au sein qu'elle est atteinte; c'est sur le mamelon que se déclarent les manifestations initiales de la maladie.

Puis viennent enfin les faits de syphilis expérimentale, qui confirment pleinement ces données de l'observation clinique. Dans les six expériences que je vous ai citées, les inoculations ont été pratiquées sur des sièges divers : au bras, à la cuisse, à la nuque, sur le dos, etc. Eh bien, c'est au bras, à la cuisse, à la nuque. ?ur le dos, que se sont développés les premiers accidents.

Et dans tous les cas, dans tous (notez-le bien), toujours et invariablement les premiers phénomènes apparents de l'infection se sont produits là où s'est introduit le virus, là seulement et non ailleurs.

IV et Y. — En dernier lieu. Messieurs, nous avons vu que, chez l'homme, l'accident de contagion ou d'inoculation, après s'être produit, restait un certain temps isolé, solitaire, à l'état de manifestation uniquede la maladie; puis, qu'après ce temps seulement, des déterminations morbides d'un caractère [différent venaient s'ajoutei- à lui et continuer sous une autre forme l'évolution de la di a thèse.

Or, en est-il de môme chez la femme?

Oui, encore; oui, de par l'observation clinique et de par Texpérimentation.

Pour l'observation clinique, voici ce qu'elle apprend. Lorsqu'une femme, qui vient de contracter la syphilis et qui (M1 ressent les premières atteintes, |se présente immcdiatcmeni à un médecin et se soumet à une surveillance assidue, ce que Ton constate invariahlemcnl est ceci :

i" Sur nn iioinl (|nelcbnquc. à la vulve le plus souvent, une ou

phisiciirs petites lésions, circonscrites en général, érosives ou ulcéreuses ;

2" Dans la région ganglionnaire afférente à ces lésions, une ou plusieurs glandes engorgées, constituant ce que je vous décrirai plus lard sous le nom d'adénopathie symptomatiquc ou primitive.

Et rien autre! Rien autre, car si, à ce moment, vous soumettez cette malade à l'examen le plus complet, à l'investigation la plus minutieuse, vous trouverez tous ses organes, toutes ses fonctions dans un état d'intégrité absolue. Vainement à cette époque vous inspecterez la peau et les muqueuses; vainement vous explorerez les régions où la syphilis développe ses manifestations les plus habituelles et les plus précoces; vainement vous interrogerez les systèmes qu'elle affecte le plus communément. De tout cet inventaire il ne sortira rien, et vous resterez en face d'une lésion locale constituant, quant à présent, l'expression unique de la maladie.

Et, si vous répétez cet examen à plusieurs reprises, pendant la seconde, la troisième, la quatrième, la cinquième semaine suivante, toujours et invariablement il vous fournira le même résultat : une lésion en un point; mais ailleurs rien, absolument rien.

Ce n'est que plus tardivement, vers la sixième semaine environ, que les choses changent de face. Alors seulement à cette lésion locale (ou pour mieux dire d'apparence locale, je vous expliquerai plus lard ce correctif) s'ajoutent d'autres accidents. Des manifestations nouvelles se produisent sur divers points, en dehors de la sphère où s'étaient circonscrits les premiers phénomènes; des expressions morbides aussi multiples que variées surgissent de toutes parts; il semble que la maladie, primitivement restreinte au point où s'était exercée la contagion, prenne à ce moment une force d'expansion subite pour se généraliser dans tout l'organisme.

Telle se présente, Messieurs, la syphilis chez la femme, lorsqu'on peut en suivre ah ovo le développement complet. — Et ne croyez pas que l'occasion de constater celle évolution intégrale soit exceptionnelle, comme on l'a dit. Elle est commune dans la clientèle privée, où les malades réclament de bonne heure les soins

du médecin. Plus rare dans la pratique nosocomiale, elle s'y présente néanmoins de temps à autre; et ici même, dans cet kôpital où cependant les femmes n'arrivent qu'à regret et le plus tard possible, elle ne fait pas défaut.

Enlin, s'il fallait à ces résultats de l'observation clinique le contrôle de l'expérimentation, nous le trouverions encore dans ces mêmes faits dont je vous ai parlé tant de fois et auxquels nous revenons sans cesse comme à notre critérium par excellence. Que s'est-il produit en effet dans les six cas où des femmes ont été inoculées? Exactement les mêmes phénomènes que dans les inoculations faites sur l'homme, exactement les mêmes phénomènes que vient de nous offrir la clinique, à savoir : développement au point où le virus a pénétré d'une lésion qui reste locale en apparence, et qui pendant un certain temps constitue toute la maladie; — puis, au delà, explosion d'accidents divers, se produisant en dehors de la région inoculée et semblant attester la dissémination de la matière spécifique dans tout l'organisme.

La clinique donc et l'expérimentation se prêtent, ici encore, un mutuel appui pour témoigner que la si/philis procède chez la femme comme chez V homme, et que les conditions sexuelles n^eu modifient en rien révolution.

« Mais, nous objectcra-L-on, il s'en faut de beaucoup que les faitsd'observation journalière se prêtent aux règles qui précèdent. Il s'en faut de beaucoup que l'on constate chez toutes les femmes svphilitiques celte succession régulière d'accidents, cette évolution méthodique et compassée. La maladie affecte parfois une biea autre liberté d'allure. C'est d'abord l'accident local d'infection qui fait très 'souvent défaut; — c'est ensuite le stade intermédiaire entre l'accident initial et les symptômes consécutifs qui est le plus, souvent impossible à saisir dans l'évolution pathologique; — très fommunémcnt aussi les premières manifestations qui marquent le début de la dinthèse sont de l'ordre de celles que vous considérez comme secondaires. Nombre de véroles débutent ainsi d'emblée par des déterminations multiples et générales, sans

suivre la filière niélhodique que vous prétendez leur assigner, El, en somme, si quelques syphilis procèdent, comme vous le dites, il en est d'autres qui s'écartent de ce type, pour affecter une évolution toute différente. »

11 est incontestable, en effet. Messieurs, que nombre de cas de syphilis, chez la femme spécialement, semblent se soustraire aux lois que je viens de vous tracer; et cela, nous sommes ici mieux placés que d'autres pour le savoir. Il ne se passe guère de mois, en effet, où des malades, entrant dans nos salles pour des accidents de vérole secondaire, ne prétendent que « ce sont bien là les premiers phénomènes dont "elles se sont, aperçues, les premières manifestations de leur maladie». Vainement les pressons-nous de questions pour leur faire dire qu'avant ces accidents elles en ont eu d'autres, que l'origine de leur mal remonte à une époque plus éloignée; que quelques semaines, quelques mois plus tôt, elles ont été affectées de boutons à la vulve, de lésions isolées quelconques, siégeant çà ou là, etc. Nos instances sont vaines, et imperturbablement ces femmes nous répondent que c'est bien là « leur première maladie », qu'elles ne se sont jamais « aperçues de rien auparavant », qu'elles n'ont contracté la contagion que peu de temps avant leur entrée à l'hôpital, et qu'en définitive ce qu'elles ont actuellement est bien « le seul et unique mal » qu'elles aient jamais éprouvé. De sorte que, si nous acceptions leur dire, il nous audrait croire : que la syphilis n'a pas ou peut ne pas avoir d'accident local de contagion; — qu'elle peut débuter d'emblée par des manifestations générales; — que son mode d'éclosionet d'évolution initiale est essentiellement variable et capricieux, puisque, s'annonçant chez tel sujet par une lésion locale qui sert de prélude à des déterminations ultérieures, elle s'épanouit du premier eoup chez tel autre par des symptômes d'un stade plus avancé.

C'est à de telles conclusions qu'ont été conduits certains médecins par des faits de ce genre. Et ce sont de tels faits qu'ils nous opposent en formulant contre nous l'objection que je discute actuellement.

Or, Messieurs, ces faits démontrent-ils réellement ce qu'ils paraissent démontrer? Ont-ils la signification qu'on leur prête? Devons-nous les accepter tels qu'ils se présentent, tels qu'ils nous

sont offerts par nos malades? Sommes-nous autorisés surtout à en déduire des conséquences doctrinales que nous puissions mettre en balance avec les résultats bien autrement certains d'observalions plus complètes et d'expériences irréfragables?

Non, mille fois non, répondrons-nous, et cela pour des raisons que vous avez déjà pressenties.

Non, tout d'abord, parce que de tels faits n'ont pas de valeur scientifique réelle. Sur quoi reposent-ils au total? Sur de simples allégations de malades. Une femme se présente avec tel ou tel accident et déclare « n'avoir rien eu » au préalable; son dire fera-t-il foi? Tout est là. Mais cette femme, à la croire même sincère, ne peut-elle pas se tromper? N'a-t-elle pu méconnaître ou laisser inaperçu quelque phénomène antérieur, surtout si ce phénomène (comme c'est le cas ici) n'a peut-être eu qu'une importance minime? Est-elle donc compétente à juger une question clinique? Son témoignage est-il suffisant à asseoir une doctrine, cl fait-on de la science avec des propos de malades?

Non, en second lieu, nous n'acceptons pas les faits qu'on nous oppose, parce qu'ils sont souvent surpris en flagrant délit d'inexactitude et ramenés sous la loi commune, lorsqu'on vient à les analyser en détail. Exemple : journellement nous recevons ici des malades qui, affectées de lésions manifestement consécutives, prétendent n'avoir jamais présenté au préalable le moindre symptôme d'infection, le moindre phénomène suspect; puis, quand nous soumettons ces femmes à un examen scrupuleux, nous découvrons parfois sur elles des témoignages non équivoques d'accidents antérieurs, tels qu'une cicatrice, une macule, une induration persistante, une adénopathie significative, etc.

Non, enfin et surtout, nous n'acceptons pas les faits qu'on invoque contre nous, parce qu'ils sont absolument condamnés par l'observation clinique et par l'expérimentation tout à la fois; — par l'observation clinique, qui nous montre la syphilis, dans tous les cas où elle a pu être surprise ab ovo, suivant toujours et invariablement ces phases successives et cette évolution méthodique que je vous ai signalées; — par l'expérimentation, dont les données rigoureuses s'élèvent au-dessus de toute discussion et doivent être consultées en dernier ressort i)our fixer les incerti-

tildes de notre science. ReporLons-nous encore aux observations de syphilis expérimentale. En esl-il une seule qui nous montre la maladie commençant par des accidents généraux, par une éruption cutanée, par un exanthème des muqueuses, par une céphalée, par une o-omme, par une exostose, etc.? Non, pas une, pas une seule! Cela est péremptoire, cela juge et clôt le débat.

Que sont donc les cas dans lesquels on a vu, dit-on, la syphilis débuter par des accidents généraux? Que sont les exceptions qu'on nous oppose et sur lesquelles on a voulu édifier la doctrine de la syphilis cVemblée? A n'en plus douter, ce ne sont là. Messieurs, que desfaits mal observés, incomplets, tronqués, décapités — passezmoi l'expression, — des faits dont l'exorde a passé inaperçu, dont l'histoire initiale, pour une raison ou pour une autre, est restée méconnue. Laissons-les pour ce qu'ils valent; il n'y a pas lieu d'en tenir compte.

Pour nous, en conséquence, comme pour tous ceux qui sont amis de la science exacte, la doctrine de la syphilis d'emblée est non avenue ; c'est Là une erreur condamnée. Ce que nous enseignent en effet, sans parler de l'observation clinique, les faits expérimentaux que nous pouvons invoquer comme un critérium infaillible, c'est que toujours et invariablement la syphilis reconnaît comme symptôme de début un accident local de contagion, accident auquel ne font que succéder les manifestations générales. Yoilà, Messieurs, ce qui est certain, voilà ce qui est définitivement acquis à la science aujourd'hui. Et c'est là, dois-je ajouter, car il y aurait véritablement injustice à l'oublier ici, c'est là ce qii'a répété si souvent un maître dont j'aurai quelquefois à discuter et môme à combattre respectueusement certaines opinions, mais dont je serai bien heureux d'affirmer énergiquement les doctrines chaque fois qu'elles seront en harmonie avec ce que nous ont appris les progrès de la science; c'est là ce que disait M. Ricord dans son langage imaee •

« La syphilis no pénètre jamais dans l'économie sans effraction. Elle n'envahit jamais l'organisme sans faire son trou quelque part; elle a toujours une porte df entrée. Ce trou, cette porte d'entrée, c'est l'accident de conl,agion, cet accident qui prélude à

tous les aulrcs, qui en est toujours séparé par un intervalle plus ou moins long, et qui sert en quelque sorte d'exorde indispensable à la maladie. »

Résumons-nous, Messieurs, car la route que nous avons parcourue est déjà assez longue.

Je vous ai montré que chez l'homme l'éclosion et l'évolution de la syphilis sont assujetties à certaines lois primordiales, lois que vous connaissez actuellement.

J'ai recherché si, chez la femme, l'infection syphilitique primitive reste soumise aux mêmes lois; et un parallèle rigoureusement institué vous a convaincus, je l'espère, qu'il existe d'un sexe à l'autre, sur ce point, parité de 'phénomènes et identilé d'évolution. L'analogie pathologique faisait prévoir ce résultat; la clinique et l'expérimentation le confirment.

Donc, chez la femme comme chez l'homme, l'éclosion et le développement de la syphilis procèdent d'une façon méthodique et composent, si je puis ainsi parler, une sorte de drame qui se divise en une série d'actes et entf actes successifs, de la façon suivante :

Premier acte : Contamination. Le virus pénètre par un procédé quelconque dans l'organisme.

Premier entr'acte : Repos aptparent de V organisme, incubation. — Rien d'appréciable ne trahit encore l'infection.

Second acte : Production au point où a pénétré le virus, en ce point même et non ailleurs, d'une lésion àïic primitive, laquelle constitue à ce moment l'expression unique de la maladie.

Second entr'acte : Nouveau repos apparent de V organisme^. — La lésion primitive continue à rester le seul phénomène par lequel s'accuse la maladie.

Troisième acte: Explosion de symptômes multiples et disséminés, en dehors du siège oii s'est exercée la contagion (symplônies dils consécutifs, ou constitutionnels, ou généraux). — Période de généralisation apparente de la maladie.

I. C'csl à celle période que certains auteurs ont donne le nom de seconde incubation.

Cela posé, Messieurs, une dernière question nous reste à discuter.

La syphilis affecte-t-elle invariablement et dans tous les cas possibles la marche que nous venons d'indiquer? N'existe-t-il aucune exception aux lois qui précèdent?

Eh bien, oui, Messieurs, il existe à ces lois quelques exceptions. Mais ces exceptions sont peu nombreuses. Il en est deux au plus, ou plutôt il en est de deux ordres. Et, de plus, ces exceptions ne se produisent pas au hasard; elles sont prévues, déterminées; elles appartiennent à ce genre d'exceptions qui n'infirment pas la règle, comme vous allez le voir.

L'une est certaine, positive; l'autre n'existe encore qu'à l'état d'hypothèse rationnelle et probable.

La première est relative aux cas de syphilis héréditaire. Vous savez que la syphilis jouit du triste privilège de se transmettre par hérédité. C'est là un fait bien connu, dont nous n'avons ici que de trop nombreux exemples. Or, chez ces malheureux petits êtres qui héritent de la vérole de leurs ascendants la syphilis ne procède pas comme elle procède alors qu'elle est acquise par contamination personnelle. Elle ne débute pas par un accident local, pour arriver ensuite à cet ordre de phénomènes que nous avons appelés constitutionnels. Tout au contraire, elle débute d'emblée par ce dernier ordre de phénomènes. Ainsi, ce que l'on remarque tout d'abord chez ces enfants, ce sont des éruptions, des syphilides muqueuses, du coryza, des lésions osseuses ou viscérales, etc. Et cela se conçoit. Car ces enfants n'ont pas la syphilis par le fait d'une contagion; ils la reçoivent de leurs parents par hérédité, comme un germe morbide quelconque, comme une ressemblance physique ou morale; ils la reçoivent de leurs ascendants à la période où ceux-ci l'ont actuellement; ils la prennent d'eux toute faite, si je puis ainsi dire, à la période des manifestations généralisées. Ce sont donc des manifestations de cet ordre qu'ils présentent tout d'abord, sans recommencer la diathèse, sans remonter le cours de la maladie jusqu'à ses phases initiales, jusqu'à son accident primitif, lequel est, par essence, un accident de contagion.

La seconde exccplion est tout aussi spéciale. Je l'ai qualifiée d'hypothétique \ parce que les faits qui la concernent ne sont pas encore ahsolument et péremptoirement démontrés. On a dit qu'un enfant procréé syphilitique par un père syphilitique peut communiquer la syphilis à sa mère pendant son séjour dans Vulérus. Entendons-nous bien sur ce point délicat. Voici, je suppose, un homme syphilitique qui a épousé une femme saine. Cette femme devient enceinte, et son enfant est syphilitique, comme on en aura la preuve plus tard. Eh bien, cet enfant, ce fœtus peut, dit-on, réagir sur sa mère in utero, et lui communiquer la maladie qu'il tient héréditairement de son père. C'est là du moins ce qu'ont prétendu, ce que prétendent encore certains auteurs; et il faut reconnaître, en vérité, que ce mode de transmission n'a rien de contraire aux lois physiologiques de la contagion, ni d'irrationnel en soi. Je suis tout disposé à l'admettre, pour ma part, car j'ai par devers- moi un certain nombre de faits qui ne me paraissent pas susceptibles d'une interprétation différente.

Or, pour en revenir à ce qui nous intéresse actuellement, dans les cas de ce genre la syphilis débuterait sur la mère, non pas par un accident local, par un chancre, mais bien d'emblée par des accidents généraux. C'est là ce qui ressort des faits cités à l'appui de ce mode de transmission.

Et rien encore d'extraordinaire à cela. Messieurs; car ce qui se produirait dans ces conditions, ce serait non pas une contagion à proprement parler, une contagion semblable à celle de l'acte vénérien, mais bien une transmission s'opéranl de l'enfant à la mère par les échanges placentaires, transmission tout à fait identique à celle qui s'opère plus habituellement de la mère au fœtus. Et, par suite, de môme que chez l'enfant héritant de la syphilis maternelle ce sont des accidents généraux qui inaugurent la diathèse, de même chez la mère recevant in utero la syphilis de son enfant,

I. J'.ii cru no pas devoir iiiodincr ici le texte de ma première édition. Mais je serais aiijininriiiii l)ioii anlreinent affinnalif sur l'auHu-nlicitô de cette syphilis par courcfUion. Ll, en elFcl, depuis que j'ai écrit ce qu'on vient de lire, il m'a clé donne d'observer un grand nombre de faits i|ni ne me laissent plus de doutes sur la transmission possible de la syphilis du fœius i\ \n mère in ulero. Ma conviction s'est faite avec l'expérience, je puis le dire. Au reste, j'ai eu roccasion de m'expliqucr sur ce point dans une publication récente à la<|uelle je me permets de renvoyer le lecteur {Syphilis et mariage, Leçons professées à l'hôpital Saint-Louis, Paris, 1879).

ce seraient des accidenls de cet ordre qui marqueraient le début de la maladie.

Mais, je vous le répète, ce mode de transmission est encore à l'étude; et, partant, je ne puis vous donner que sous toutes réserves cette dérogation aux lois communes d'évolution que je vous ai formulées.

Telles sont, en défmive, Messieurs, les seules exceptions que souffrent ces lois. Elles sont relatives toutes deux, comme vous l'avez vu, à des cas tout spéciaux. A ce titre donc, elles n'infirment en rien les lois précédentes, lesquelles, s'appliquant à la contagion commune, subsistent dans leur intégrité la plus absolue.

Un dernier mot. N'allez pas. Messieurs, prendre pour un système, considérer comme une théorie plus ou moins hypothétique l'ensemble des propositions que je viens de développer devant vous, relativement à la genèse et à l'évolution de la syphilis. Remarquez, je vous en prie, que, dans toute cette conférence, ce sont des faits d'expérimentation dont je vous ai entretenus et auxquels j'ai toujours subordonné la clinique. Les lois que j'en a déduites n'en sont que la traduction, l'expression condensée. Or, ces faits sont incontestables, incontestés; ils ne sauraient être interprétés de façons différentes. Les conséquences qui en dérivent sont donc inattaquables; je ne crains pas de démenti pour elles, et je vous les donne, sans arrière-pensée, comme des vérités acquises, absolument démontrées.

Chez la femme, comme chez l'homme. Messieurs, la lésion première qui trahit la présence de la syphilis dans l'économie a reçu le norn de chancre. C'est du chancre, en conséquence, que je vous entretiendrai dans notre prochaine réunion.

Page 1