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LÉSIONS CIRCONSCRITES

La laryngite hyperplasique s'accompagne de troubles fonctionnels plus accentués et plus durables que ceux du simple érythème, à savoir : troubles vocaux (modifications variables de la voix comme intensité, comme timbre, comme diapason, comme souplesse, etc. ; dysphonie ; enrouement, raucité, étouffement de la voix ; finalement aphonie) * ; — toux légère ; — expectoration mijiiuie, — Du reste, peu ou pas de douleurs ; pas de gêne de déglutition; pas de difficulté bien manifeste de respiration.

Cette forme de laryngite est bien autrement persistante que celle dont nous avons parlé tout d'abord. Elle demande toujours, même dans les cas simples, un temps assez long pour se résoudre, plusieurs mois en moyenne. — La thérapeutique qui lui est applicable consiste, d'une part, dans l'administration du traitement spécifique; — d'autre part, dans une médication topique et une hygiène spéciale (repos absolu de la voix; — proscription du tabac et des alcooliques; — bains de vapeur; ■ — pulvérisations ; — humagc de vapeurs minéralisées, tel qu'on le pratique dans certaines stations thermales; — attouchements à la teinture d'iode, à la solution de nitrate d'argent, de sulfate de cuivre, de sulfate de zinc, etc.).

Plus rares que les lésions étendues ou générales sont les lésions bien isolées, bien circonscrites, de la muqueuse laryngée. Ces dernières se présentent sous des Tonnes assez variées. Ce sont :

4° Soi t des <ac/ies hyperémiques de petite étendue, se distinguant de la muqueuse saine par leur coloration d'un rouge vif, animé, purpurin. — Vous voyez un exemple de ces taches sur la pièce que voici, empruntée à la belle collection de M.Fauvel. Les cordes vocales, supérieures et inférieures, y apparaissent tachetées çh et là de suffusions rouges, de plaques carminées, qui se détachent nettement des parties environnantes'. — C'est là ce qu'on a appelé la roséole dit, larynx. Dénomination bien ambitieuse — n'est-

1. Ces modifications variées de la voix, dans la pcriotle secondaire de la syphilis, ont été très bien étudiées par M. le docteur Ferras (travail cité).

2. Cette même lésion a été si^aalée depuis lors par divers auteurs, notamment par MM. Gougucnheim, Wiiistler, etc. — Voyez la figure 10 de la planche qui accompagne la thèse inaugurale de M. le docteur noucliercau.

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il pas vrai? — pour celte petite lésion, et qui n'a pas même le mérite de la traduire fidèlement. Convenez qu'il faut singulièrement forcer l'analogie pour voir dans cette injection circonscrite de la muqueuse laryngienne le correspondant de la roséole cutanée.

2° Soit de petites plaques grises, opalines ou blanchâtres {syphilide opaline laryngée); — lésion très rare, dont je n'ai guère vu que quelques cas, pour ma part;

3° Soit des érosions ou des exulcérations circonscrites, rougeâtres, plates, dépolies comme aspect, analogues comme physionomie générale aux syphilides érosives ou exulcéreiisesde la bouche ou de la gorge. C'est à cette forme de lésions qu'on pourrait donner le nom de syphilide érosive du larynx^.

4° Soit de petites élevures isolées, arrondies de contour, sessiles de base, érosives de surface, comparables à des papules-. — Cette dernière variété de lésions est excessivement rare, quoi qu'on ail pu dire. J'affirme, pour l'avoir cherchée bien des fois inutilement, que la véritable papule laryngée ne se rencontre qu'à litre de manifestation tout à fait exceptionnelle ^ Telle est également l'opinion de mes collègues et amis MM. Isambert et Duplay.

5° Soit enfin de véritables ulcérations. — Celles-ci, plus communes et plus importantes surtout que toutes les formes qui précèdent, ne s'observent guère qu'à une phase assez avancée de la maladie. Le plus habituellement même, elles ne se produisent qu'à la période tertiaire. Je ne fais donc que vous les signaler pour aujourd'hui, me réservant de vous en parler plus lard avec les longs développements qu'elles comportent.

1. M. Poyct (travail cité) fait celle remarque, que les érosions simples du larynx, lésions exclusivement secondaires, n'ont pas de prédilection marquée pour telle on telle partie de l'organe; elles se produisent un peu partout, aussi bien sur les cordes vocales (inférieures ou supérieures) que sur l'épiglotle et les cartilages arjtcnoïdes. Elles difTèrcnt en cela, d'après cet observateur, des ulcérations véritables, lésions tertiaires, lesquelles ont une préférence très marquée pour l'épiglotte.

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