DIX-SEPTIÈME LEÇON
lADURATIOXS SECOi\DAIRES ; TRARfSFORIWATlOIVS
DU CHAIVCRE.
Sommaire. — I. Indurations secondaires. — Certaines syphilides muqueuses s'indurent à l'instar du cliancre, c'est-à-dire se doublent à leur base d'un exsudât néoplasique, lequel, par l'ensemble de ses attributs, rappelle plus ou moins complètement l'exsudat néoplasique du chancre, l'induration chancreuse. — Exemples cliniques. — Caractères de ces indurations secondaires. — Comme symptomatologie objective, elles sont absolument identiques à l'induration chancreuse.
Siège. — Oîi se produisent le plus habituellement ces indurations secondaires?
Comment des lésions secondaires, doublées d'indurations de ce genre, peuvent, en certaines conditions, simuler le chancre induré. — Erreurs faciles, erreurs presque nécessaires, résultant de cette simple particularité symptomatologique. — Conséquence doctrinale qui dérive de telles erreurs : possibilité pour la vérole de se doubler, de se tripler à bref délai sur le même organisme. — Nombre d'observations de chancres indurés doubles, de véroles doubles, sont imputables à ces indurations secondaires, donnant le change pour des chancres infectants de récidive.
Préjugé commun rattachant à l'induration un sens qu'elle ne comporte pas. — L'induration est-elle nécessairement le témoignage d'une infection récente et primitive; toute lésion indurée est-elle un chancre? — Réfutation. — 1° En tant que signe clinique, l'induration peut être simulée par des lésions vulgaires, non spécifiques;— 2° L'induration est, en syphilis, une lésion commune à des manifestations variées et à des âges divers de la maladie.
Piésumé, conclusions.
II. Transformations du chancre. — Importance majeure qui se rattachait autrefois à cet ordre de phénomènes. — Aujourd'iiui, la transformation du chancre n'est plus qu'un détail de symptomatologie, un incident éventuel, de valeur minime. — Pourquoi?
Comment s'opère cette transformation ? — Deux modes. — I. Mode anciennement connu: transformation en papule muqueuse in siiîf. — Phénomènes qui caractérisent ce premier mode. — II. Second mode, non décrit : transformation ;w absorption, par fusionnement du chancre avec des lésions secondaires.
Intérêt doctrinal qui se rattache à ces transformations du chancre. — Il n'est pas toujours possible de reconnaître le chancre transformé, sous son masque de lésion secondaire. — Partant, le chancre transformé risque d'être confondu avec
•i5-l • INDURATIONS SECONDAIRES.
une lésion secondaire. — Conséquence d'une telle erreur : la sypiiilis semble débuter par une papule, par une lésion de l'ordre de celles que nous avons appelées consécutives.— Doctrine de la plaque muqueuse primitive.— Interprétation à donner aux faits produits en faveur de cette doctrine. — Discussion, réfutation. Quels caractères constituent essentiellement le chancre?
J'ai réservé jusqu'à présent, Messieurs, dans l'histoire des sypliilides muqueuses, deux sujets importants que je dois aborder aujourd'hui. Ce qui m'a fait en différer l'étude, c'est que tous deux comportent des débats doctrinaux qui ne pouvaient trouver place au milieu des questions essentiellement cliniques et pratiques auxquelles ont été consacrées nos dernières réunions.
L'un de ces sujets a trait auxindimiliotis secondaires, et l'autre à ce qu'on appelle la transformation du chancre.
C'est chez la femme surtout. Messieurs, qu'on observe les induralions secondaires. Nous devons donc à ce titre les étudier ici avec un soin particulier.
Cliniquement, le phénomène dont je vais vous entretenir est des plus simples. Le voici :
Il arrive parfois que certaines des syphilides muqueuses précédemment décrites s'indurent à l'instar du chancre, c'est-à-dire se doublent à leur base d'un exsudât néoplasique, lequel par ses attributs, ses caractères, sa façon d'être, rappelle plus ou moins complètement l'cxsudat néoplasique du chancre, le néoplasme induré de l'accident primitif. De telle sorte qu'au toucher ces syphilides fournissent la même sensation que le chancre; qu'elles sont i^idurées comme lui. On croirait, en explorant leur base, leur assise, avoir sous le doigt la base, l'assise, l'induration spécifique du chancre.
Tel est, dans toute sa simplicité, le fait clinique de l'induration secondaire.
Cela posé, venons aux détails. — Mais, avant d'aller plus loin, établissons tout d'abord l'authenticité du fait par quelques exem-