ÉPOQUE D'APPARITION
Nos précédentes conférences, Messieurs, ont été consacrées à décrire les lésions du système tégumentaire. De ces lésions je rapprocherai immédiatement les affections secondaires de l'œil, dont quelques-unes affectent avec les syphilides cutanées des analogies assez frappantes pour mériter presque le nom de syphilides oculaires.
Ces affections secondaires de l'œil ne diffèrent pas sensiblement d'un sexe à l'autre; cela me permettra d'être bref sur leur compte.
Volontiers je les diviserais en deux groupes, si cette division ne reposait pas sur une base tout artificielle. Un premier groupe comprendrait celles de ces lésions qui ont été anciennement connues, qui sont connues de tous, et sur lesquelles il ne saurait plus s'élever aujourd'hui que des discussions de détail. Dans un second groupe je rangerais celles qui n'ont été étudiées que depuis la découverte d'Helmoltz, qui n'ont guère été décrites jusqu'ici que par les ophthalmologistes, qui ne sont pas encore de notion commune, et dont la symptomatologie reste entourée de certaines incertitudes, de certaines obscurités. Plus importantes et plus graves, ces dernières devront surtout arrêter notre attention dans l'exposé qui va suivre.
Les déterminations morbides que peut éveiller la syphilis secondaire sur l'organe de la vision intéressent surtout l'iris, la choroïde, la papille optique et la rétine. Parfois elles ne portent exclusivement que sur une seule des parties constituantes de l'œil ; parfois aussi elles en affectent plusieurs simultanément.
Ce sont, au point de vue chronologique, des lésions secondaires. C'est dire qu'elles se produisent habituellement dans les premières années de la maladie. Il est rare qu'on les observe avant le cinquième ou le sixième mois. Plus communément elles apparaissent au delà de ce terme, soit dans le semestre suivant, soit dans la deuxième, la troisième, la quatrième année. Quelques-unes d'entre elles, enfin, celles notamment qui intéressent les membranes profondes de l'œil, peuvent être encore plus tardives, soit que le traitement spécifique en ait différé la manifestation, soit même
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en dehors de loulc influence Ihérapeutique. C'est ainsi qu'on a vu des lésions choroïdiennes ou rétiniennes, de l'ordre de celles que nous allons décrire, n'apparaître parfois qu'aune période plus ou moins avancée de la diathèse, en pleine période tertiaire chronologiquement.
La plus fréquente de ces lésions est sans contredit Virilis; et celle-ci est également de toutes la plus précoce. On la voit paifois se développer dès le quatrième, le cinquième ou le sixième mois de la maladie. Plus ha'oituellement, c'est un symptôme du second semestre de la première année ou même du cours de la seconde. Au delà de ce terme, elle devient de plus en plus rare.
Pour être la plus fréquente des ophthalmies secondaires, elle n'est pas pour cela très commune, tant s'en faut. Il n'est par exemple, au point de vue de la fréquence, aucune assimilation à établir entre elle et certaines autres manifestations secondaires, telles que la roséole, la papule muqueuse, les adénopathies, etc. Ces derniers symptômes font partie presque obligatoire du cortège banal de la vérole. L'iritis, au contraire, n'y figure qu'accidonlellement, de temps à autre. Ici, dans cet hôpital, nous n'en observons guère par an plus d'une douzaine de cas sur un nombre considérable de malades. Sur les sujets qui se traitent régulièremcnl et longtemps, l'iritis elles accidents oculaires de tout genre sont bien plus rares encore ; je mets en fait qu'on ne les observe guèr(\ dans de telles conditions, plus de trois ou quatre fois sur une centaine de malades, approximativement.
L'iritis syphililiquc, sauf de très rares exceptions, n'aiïecto jamais qu'un œil à son début. Le plus habituellement elle reste mono-ocuhiirc. 11 n'est pas rare néanmoins qu'elle devienne double.
Comme lésions, comme symptômes, comme dangers, elle présente une analogie incontestable et incontestée avec les autres iritis de nature non spécifique (irilis commune, irilis rhumatismale, arthritique, etc.). En certains cas même on n'est autorisé à