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ADÉNOPATHIES SECONDAIRES

venait expliquer. Mon collègue et ami le docteur Péan me disait récemment avoir fait la même remarque. Or, frappé de cette double observation, je me demande si de tels abcès ne pourraient reconnaître pour origine des adénopathies rétro-pharyngiennes analogues à celles que je viens de vous décrire. Ce n'est là qu'une hypothèse, sans doute, et je vous la donne pour ce qu'elle vaut ; mais cette hypothèse paraît légitimée par les suppurations ganglionnaires que produit assez fréquemment la syphilis dans les régions voisines du pharynx. Il serait donc possible que la vérole entrât pour une part dans l'étiologie encore bien obscure des abcès rétro-pharyngiens.

DfX-NEUVIÈME LEÇON.

Sommaire. — Les ophlhalmies secondaires sont multiples et variées de forme. — Tantôt elles se localisent sur une seule membrane, tantôt elles affectent plusieurs de ces membranes simultanément ou successivement. — Ce sont, pour la plupart, des lésions secondaires; quelques-unes cepéndant, celles surtout qui intéi'essent le fond de l'œil, ne se montrent qu'à des périodes plus ou moins avancées de la diathèse.

I. Iritis. — Pour être la plus fréquente des ophtlialmies secondaires, l'iritis ne constitue pas cependant une manifestation commune. — C'est la plus précoce de toutes ces ophlbalmies. — Caractères cliniques. — Analogies de l'iritis syphilitique avec les iritis vulgaires, au triple point de vue des lésions, des symptômes et des dangers possibles de terminaison. — La plupart des caractères cliniques de cette ophthalmie se retrouvent dans les iritis de toute nature. Il en est trois cependant qui lui impriment un cachet tant soit peu spécial, à savoir : 1° Teneur subaiguë de l'affection. — Début froid, insidieux. — .411ure moins inflammatoire que celle des iritis vulgaires. — 2° Indolence relative, quelquefois même absolue. — Se méfier en pratique des iritis indolentes, aphlegmasiques, qui laissent les malades presque indifférents. — 3° Papules iriennes, sorte de syphilide papuleuse développée sur l'iris. — Description de ces papules. — Leur analogie avec les papules cutanées. — Leur coïncidence fréquente avec des syphilides cutanées de même genre. — Si elles ne sont pas absolument pathognomoniques, elles ne constituent pas moins un indice précieux qui presque à coup sîir atteste la spécificité de l'iritis. — Quatrième caractère pouvant parfois servir utilement le diagnostic : Association fréquente de l'iritis avec d'autres phlegma'iies oculaires (choroïdite, rétinite, kératite, etc.).

Traitement : Atropine et mercure. — Nécessité d'administrer ici le mercure largâ manu pour en obtenir une action efficace et rapide. — L'iritis syphilitique n'étant souvent que le prélude d'autres accidents oculaires, nécessité d'insister, après guérison, sur la médication spécifique.

II. KÉRATITES. — Localisations rares. — La kératite secondaire ne se produit jamais primitivement ou isolément; c'est toujours une lésion associée à d'autres lésions oculaires. — Deux formes : 1° kératite diffuse; — 2» kératite ponctuée. — Caractéristique de ces deux formes. — Évolution, terminaison.

m. Opiithalmies profondes. — Plus complexes comme caractères cliniques, — Rarement simples ; le plus souvent associées à d'autres phlegmasies oculaires ou intéressant plusieurs membranes du fond do l'œil.

l" Choroïdite. — Importance excessive se rattachant à l'étude de cette lésion, qui

peut aboutir à des troubles sérieux, voirc à une cécité absolue. — Symptômes.

— Troubles fonctionnels; amblyoïiie lente, mais progressive; mouches volantes; brouillard devant les yeux, brouillard de forme quelque peu spéciale (toile d'araignée), etc. — Signes oplitlialnioscopiques : 1° trouble et flocons du corps vitré;

— 2° apparence nuageuse de la papille; — 3° parfois, exsudais choroïdiens. — Le trouble le plus caractéristique, ici, est le trouble des milieux profonds de l'œil. A quelle raison organique attribuer ce trouble? — Trois cas de choroidite exsudative constituant sur le fond de l'œil une véritable sijphilide clioroïdienne circinée. — Évolution. — Régression possible et guérison. — Aggravation progressive des accidents; complications fréquentes. — Pronostic toujours sérieux, et même pronostic des plus graves si l'affection n'est pas traitée. — Tout un ensemble de raisons contribue à rendre la choroidite particulièrement redoutable : apparence môme de bénignité, marche lente, améliorations spontanées, tendance aux complications, notamment aux complications rétiniennes.

2° Névrite optique. — Rare comme lésion isolée. — Mono-oculaire ou plus rarement double. — Caractères. — Troubles fonctionnels : amblyopie, photophobic. photopsie, etc. — Signes ophthalnioscopiques. — Le plus important de ces signes réside dans l'effacement du contour de la papille.

3° Rétinite. — Plus fréquente et plus importante. — Quelquefois isolée, plus souvent associée à d'autres lésions oculaires. — Début habituellement lent, quelquefois cependant rapide et même subit. — Troubles fonctionnels : amblyopie progressive, photophobie, photopsie singulière, cécité partielle des couleurs, etc. — Signes ophthalmoscopiques : Exsudais rétiniens, constituant le signe pathognomoniquc de la maladie. — Ces cxsudats sont de deux ordres : 1° Glacis séreux prœ-rétinien, sorte d'infiltration œdémateuse et translucide de la réline (réliiiile séreuse); — 2° exsudats opaques et solides {rétinite exsudative proprement dite). — Apoplexies rétiniennes.

Évolution. — Marche lente. — Stades de rémission, exaccrbations successives, complications. — Pronostic. — Contrairement à ce qu'on pourrait croire, la rétinite est, de toutes les ophlhalmies profondes de la syphilis, celle qui guérit le plus facilement.

IV Tendance singulière des ophthalmies syphilitiques à se compliquer réciproquement, à se combiner, à se succéder. — Celte multiplicité de localisations morbides constitue même en l'espèce un signe diagnostique important.

De ces types complexes, le plus essentiel à connaître est la choroïdo-rétinite . — Signes divers traduisant renvahisscment progressif de la rétine. — Infiltration couséculive de cette membrane par des dépôts pigmentaires. — Rétinite pigmenlaire. — Variété de rétinite pigmcntaire à forme circinée. — Exemple clinique. — Évolution lente de cette affection. — Pronostic des plus graves.

Diagnostic. — Les opiilhalmies profondes de la syphilis ont-elles des signes intrinsèques qui en attestent la spécificité? — Certains caractères permettent, sinoa d'en affirmer l'origine spécifique, du moins de la soupçonner. — Quels sont ces ca ractères?

Ces ophthalmies profondes, de pronostic si redoutable, ne se produisent pas lou jours dans le cours de syphilis à manifestations graves, non susceptibles de pass inaperçues. — Intérêt pratique qui se rattache à cette rcmarqiie. — Ces lésions d'ailleurs ne sont graves, en somme, qu'en raison du siège môme qu'elles affectent.

Traitement. — Nécessité urgente d'un traitement des plus énergiques. — Insuccès des inéthiides douces, des traitements antisyphilitiques usuels. — Le traitement par les frictions est ici la véritable, la seule ressource.

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