ACCIDENTS NERVEUX DE LA PÉRIODE SECONDAIRE
pement de tous les accidents nerveux. Rappelez-vous, Messieurs, le mot de M. Ricord : « la vérole est un branle-bas dans l'économie. » Eh bien, ici, en l'espèce, on pourrait très justement dire : la vérole est pour la femme un branle-bas dans le système nerveux.
A ce propos, Messieurs, laissez-moi placer une remarque.
L'action perturbatrice qu'exerce la syphilis sur le système nerveux appartient surtout, appartient presque exclusivement à la période secondaire. C'est la vérole jeune qui ébranle, qui excite de la sorte ce système. La vérole vieillie, tertiaire, le laisse bien plus calme, bien plus indifférent. Il semblerait — mais ceci, bien entendu, n'est qu'une façon de parler — il semblerait, disje, que dans les premiers mois, dans la première ou tout au plus dans les premières années de l'infection, le système nerveux se révolte contre le poison syphilitique, et que plus tard, au contraire, s'habituant à lui en quelque sorte, il le tolère mieux. Quoi qu'il en soit, un fait clinique bien constant, indéniable, est celui-ci : la vérole, chez la femme du moins, est essentiellement nerveuse dans sa période secondaire, et elle l'est bien plus dans cette période qu'à tout autre âge, bien plus notamment que dans un stade éloigné du début de l'infection.
Ce premier point établi, entrons actuellement dans le détail des accidents nerveux de la période secondaire.
Je ne m'astreindrai pas, Messieurs, pour l'énuraération et l'étude de ces accidents, au plan classique qui consisterait à les envisager successivement au quadruple point de vue de la motilité, de la sensibilité, de l'intelligence et de la vie organique. Une telle méthode d'exposition réaliserait sans doute l'avantage d'introduire dans cette analyse un ordre strictement méthodique; mais il comporterait en revanche un inconvénient sérieux, celui de placer sur la même ligne des phénomènes dont les uns sont très habituels et les autres très rares, c'es4-à-dire de conférer, d'une façon au moins apparente, une importance égale à des troubles morbides qui sont loin d'avoir la môme fréquence et partant le même intérêt. Je suivrai un plan tout différent, un plan clinique, si je puis le qualifier ainsi, et je grouperai les phénomènes qui
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