ASTHÉNIE NERVEUSE
ne souffre pas et je ne dors pas, moi qui suis habituellement grande dormeuse; c'est là ce qui me surprend. »
III. — Asthénie nerveuse. —Un troisième ordre d'accidents se rattache à un état spécial du système nerveux que je ne puis qualifier autrement que d'asthénie nerveuse.
Ces accidents, Messieurs, vous les connaissez déjà, en partie du moins, par ce qui précède. Ce sont, comme je vous l'ai dit en décrivant ce que nous avons appelé l'asthénie secondaire, des phénomènes de dépression, d'atonie, se produisant vers les principaux appareils : faiblesse générale, sentiment de courbature continue ; — alanguissement insolite de toutes les fonctions de la vie animale et splanchnique ; — asthénie circulatoire (cœur battant sans force; pouls mou, petit, dépressible; étourdissements, vertiges, tendance à la lipothymie, défaillances, etc.) ; — asthénie digestive (inappétence, digestions lentes et difficiles, parfois même vomissements; constipation tenant sans doute à l'inertie intestinale); — asthénie des fonctions nerveuses : diminution des forces musculaires; engourdissement, obtusion de la sensibilité; paresse des sens; quelquefois même fatigue, hébétude definteUigence ; — troubles variés du grand sympathique (sueurs générales ou locales, refroidissements partiels, algidités, etc.); — activité amoindrie de toutes les forces présidant à la nutrition, à l'assimilation, à la réparation organique; d'où l'anémie, l'amaigrissement, l'alopécie, et cent autres phénomènes de vitalité défaillante qui nous sont souvent offerts par nos malades.
Eh bien. Messieurs, il est évident que tous ces troubles, disséminés sur les divers systèmes vivants et s'y produisant en définitive sous la même forme, doivent avoir un lien commun, un centre organique commun. Et ce n'est pas faire une hypothèse physiologique bien aventureuse, vous en conviendrez avec moi, que de les rattacher tous à un état morbide du système nerveux, c'est-àdire de ce système central dont tous les autres systèmes soutirent leur incitation individuelle. Nul doute, en conséquence, que tous ces phénomènes d'asthénie locale ne relèvent d'une influence d'ensemble exercée sur les centres nerveux par la diathèse.