TYPE CONTINU
lidiennes qu'on observe dans les fièvres de tout genre. Tantôt, et plus fréquemment, il présente de temps à autre des exacerbations ou des rémissions plus ou moins accentuées, toujours assez irrégulières comme apparition. Dans le premier cas, la fièvre peut être dite continue simple; dans le second, elle mériterait presque le nom de continue rémittente ou continue paroxystique.
Cette fièvre syphilitique de forme continue est beaucoup moins fréquente que le type précédent. Elle ne laisse pas cependant d'être encore assez commune.
Elle comporte un ensemble de symptômes que nous étudierons plus loin en détail. Pour l'instant je me bornerai à vous dire que, comme allure, comme physionomie générale, le type morbide dont elle se rapproche le plus est la fièvre continue simple ou fièvre synoque, avec laquelle elle est souvent confondue et dont il est même assez difficile de la distinguer en certains cas.
Ce qu'elle offre assurément de plus remarquable est relatif à sa durée. Cette durée est variable en des limites très larges. Ainsi tantôt elle ne dépasse pas quelques jours (trois, quatre, cinq jours); — tantôt elle atteint un septénaire; — tantôt elle excède deux et jusqu'à trois septénaires; — enfin, chez quelques malades j'ai vu la fièvre syphilitique continue se prolonger, avec des rémissions ou des intermissions irrégulières, jusqu'à quatre, cinq, six, sept et huit semaines. Ce dernier fait est rare, j'en conviens, Messieurs; mais il est très remarquable, et je le signale à toute votre attention.
11 se peut donc — notez bien cela, je vous prie, car c'est là un point qui n'est pas assez connu — il se peut donc que, du fait seul de la syphilis, un malade reste alité et féhricitanl pendant plusieurs semaines, tout comme s'il était sous le coup d'un état aigu de longue durée, d'une pyrexie, d'un rhumatisme, d'une fièvre typhoïde. Il se peut donc que la syphilis, maladie qu'on a l'habitude de représenter comme essentiellement apyrétique, détermine des états îêhvWes, prolongés, prolongés jusqu'au point d'égaler ou même de dépasser la durée moyenne des affections le plus franchement pyrétiques.
J'étonnerai certes nombre de mes confrères, je rencontrerai certes beaucoup d'incrédules en venant affirmer, comme je le
GOO FIÈVRE SYPHILITIQUE.
fais ici, que de la vérole peuvent procéder certains états fébriles d'une durée comparable à celle d'une phlegmasie importante ou d'une pyrexie vraie. Le fait cependant est constant. Je ne l'énonce qu'après l'avoir observé maintes et maintes fois, qu'après en avoir rendu témoins et mes élèves et les personnes qui me font Fhonneur de suivre mes visites. A l'appui de cette assertion, d'ailleurs, je vais vousprésenter, Messieurs, les quelques tableaux suivants, recueillis sur des malades affectés de fièvre syphilitique, et affectés de cette fièvre en dehors de tout état morbide incident, de toute complication étrangère.
Voici d'abord un cas dans lequel une fièvre syphilitique bien franche, bien légitime, persista deux septénaires, avec une élévation assez considérable de la température, qui pendant six jours atteignit ou dépassa même -40 degrés.
TEMPÉnATUP.E '.
Malin.
Soir.
jour
Syphilis secondaire (3« ou 4« mois). — Sy-
philide érythéniato-papuleuse. — Syphiliibs
vulvaires papulo-crosivcs. — Céphalée.
— Arthralgies. — Névralgie faciale iioi--
turne. — Pleurodynie. — .4Jgidités pé-
riphériques, etc. — Fièwe continue.
Me
Apyrcxic.
Second exemple. — Ici, la fièvre ne dure pas moins de 22 jours.
(Huit jours de fièvre TEMPÉRATunE.
intense avant l'en- ^ ^ — >, tréc à l'hôpilal) . Malin. Soir.