‹ Leçons cliniques sur la syphilisChapitre 209 sur 263 · SYSTÈME RESPIRATOIRE · texte numérisé non relu

SYSTÈME RESPIRATOIRE

l'avortement. — Elle le provoque quelquefois comme pliénomènc isole, en dehors de toute manifestation actuelle.

Aoortements vmlliples. — La syphilis est parfois l'occasion d'une série d'avortcments. — Exemple. — Les cas de ce genre sont-ils rares? — Comment il dépend de l'art de corriger cette tendance à l'avortement. — Influence toute-puissante du traitement spécifique sur la terminaison de la grossesse. — Conséquence pratique.

Les femmes syphilitiques sont-elles exposées plus que d'autres aux dangers de la puerpéralité? — Métrorrhagies puerpérales. — Hydramnios. — Suites de couches. — influence de l'accouchement sur les accidents locaux et généraux de la diathèse. — 11 n'est pas rare que la terminaison de la grossesse marque un temps d'arrêt dans l'évolution de la diathèse et coïncide avec un véritable retour à la santé.

Il me reste aujourd'hui, Messieurs, pour compléter la symptomatologie de la syphilis secondaire, à étudier l'influence qu'exerce la diathèse sur les fonctions de respiration, de circulation, de digestion, comme aussi, puisque nous nous occupons spécialement de la femme, de menstruation et de gestation. Vaste programme encore inexploré sur beaucoup de points, comportant des questions du plus haut intérêt pratique, et digne à tous égards de la plus sérieuse attention.

De tous les systèmes que nous allons passer en revue, c'est celui de la respiration qui est le plus épargné par la diathèse dans le cours de la période secondaire. A son propos, «en effet, je n'ai à vous signaler qu'un seul trouble morbide, consistant en des sensations passagères d'étouffement, de dyspnée, qu'accusent parfois certaines malades.

Celte dyspnée se produit par accès intermittents, lesquels n'ont rien de fixe dans leur apparition, n'affectent jamais qu'une intensité médiocre, et n'offrent qu'une durée éphémère. J'ai cru remarquer en certains cas (peu fréquents, \\ est vrai) que ces accès se manifestaient de préférence vers le soir.

11 est presque inutile de dire que cette dyspnée secondaire est un symptôme sans lésion, sine materiâ. Vainement vous en cher-

SYSTÈME CIRCULATOIRK.

cheriez l'explication dansquelque altération pulmonaire, cardiaque ou autre. La percussion et l'auscultation ne vous révéleraient rien que d'absolument physiologique etnormal dans les organes Ihoi-aciques.

On a pu trouver parfois la raison de cette dyspnée, soit dans l'état chloro-anémique des malades, soit dans une gêne mécanique apportée à la libre expansion du thorax par une douleur quelconque (pleurodynie, sternalgie, épigastralgie, ostéalgie, périostite ou périostose costale, etc.). Mais le plus souvent les troubles respiratoires en question ne peuvent être expliqués par aucune de ces causes. Conséquemment ils doivent être considérés comme des phénomènes purement dynamiques , ayant leur origine probable dans le système nerveux.

Plus nombreux et plus intéressants sont les troubles qui afTectcut la circula lion dans la période secondaire. Ces troubles. Messieurs, vous sont déjà connus, pour la plupart au moins, par ce que j'ai eu l'occasion de vous dire relativement à lachloro-anémie diatlicsique, à la fièvre, aux algidités, etc. Quelques-uns seulement me restent à vous signaler d'une façon spéciale.

Il est assez commun que les femmes syphilitiques, à la période secondaire de la dialhèse, se plaignent de battements de cœur, de palpilalioiis.

Ici comme ailleurs ces palpitations consistent en ceci: accélération momentanée des battements du muscle cardiaque; — sensation d'un choc d'une intensité insolite sur la paroi thoracique antérieure ; — malaise sui gencris^ à angoisse précordiale, avec étouffemenl, besoin d'air, dyspnée, etc.

Ces palpitations sont cssenliellemeni inlermillentes et irrégulières dans leur apparition. Elles se produisent parcrises, par rttTcs qui durent de quelques secondes à quelques minutes, et se répèleni plus ou moins fréquemment. Tantôt ces accès sont provoques par

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