‹ Leçons cliniques sur la syphilisChapitre 245 sur 263 · D'AVENIR · texte numérisé non relu

D'AVENIR

PKIUODE TEHTIA.IRE.

Alaxic locomotrice. — Exostosc du fémur.

— Exostose du tibia.

Ataxie locomotrice. — Atrophie papillairc.

Céphalée violente. — Paralysie éphémère de la face et d'un bras, du côté gauche.

— Hémiplégie complète. — Guérison par le traitement .spécifique. — Récidive. — Mort.

Atrophie papillaire. — Rétinite pigmentaire. — Cécité absolue.

Exostoscs multiples.— Gommes. — Énorme carie du frontal. — Cachexie. — Mort.

Cinquante-deux ans après le début de l'infection, carie spécifique du maxillaire inférieur. — Cinquante-cinq ans après le début de l'infection, énorme tumeur gommeuse delacuisse. — Guérison très rapide par l'iodure de potassium.

Que penser de tels faits, Messieurs? Ces quelques exemples — auxquels j'en pourrais joindre tant et tant d'autres — ne suftvsent-ils pas à démontrer que la vérole la plus bénigne originairement reste siisceptiUe de se traduire à un jour donné par les accidents les plus graves ? C'est là ce dont m'a pleinement convaincu mon observation personnelle; et telle est la vérité, que, pour vous épargner de durs mécomptes, je voudrais laisser gravée dans vos esprits.

De tout ce qui précède il résulte ceci, au total : c'est que, un cas de syphilis récente, primitive ou secondaire, se présentant à notre observation, nous n'avons pas les moyens d'en mesurer la gravité future, de présager ce qu'il contient en germe pour l'avenir.

Pour ma part, si l'on me demandait ce que je pense d'une syphilis qui vient de naître, je m'empresserais tout d'abord de décliner un rôle de prophète pour lequel je ne me reconnais aucune compétence; puis, avec les plus expresses réserves et m'en tenant aux termes les plus généraux, je dirais simplement : « La syphilis, en tout état de cause, est une affection sérieuse, exigeant pour un temps très long un traitement méthodique et une surveillance

assidue. Si le malade a un bon fonds de sanlé, s'il observe une bonne hygiène, et surtout s'il consent à se traiter d'une façon suffisante, il a toutes chances (fixons même un chiffre approximatif, si vous l'exigez), il a quatre-vingt-quinze chances sur cent pour n'éprouver de la diathèse aucun accident grave, soit dans le présent, soit dans l'avenir. Inversement, s'il est de nature faible, délicate, de constitution lymphatique et appauvrie, si son hygiène est défectueuse, et surtout s'il se traite mal ou s'il ne se traite pas, il y a probabilité pour que la diathèse le malmène assez rudement et aboutisse, dans un avenir plus ou moins éloigné, à quelque lésion importante. Puis encore, ajouterai-je, en dehors de toutes les prévisions rationnelles, reste la part de Uinconnu. Tout est possible en effet avec la vérole, laquelle parfois se montre légère ou grave, suivant des conditions qui nous échappent absolument. »

Cependant, si le pronostic d'avenir de la syphilis ne peut jamais être déterminé d'une façon absolue, il ne reste pas moins subordonné pour une large part — je m'empresse de le reconnaître — à certains facteurs, tels que les suivants :

1° Les influences thérapeut iques ;

2° L'état de santé générale;

3° Les conditions d'hygiène, etc.

Ces divers facteurs, de l'ordre de ceux qui tombent sous nos sens et dont le médecin a toute compétence pour se rendre compte, exercent assurément sur la diathèse une action qui en modifie le pronostic. Quel en est, ou plutôt quel peut en être le degré d'influence, c'est là ce qu'il nous faut rechercher actuellement.

I. — î^ul doute, en premier lieu, que le pronostic général delà syphilis ne soit subordonné, pour l'énorme majorité des cas, au traitement suivi. Lorsque, dans notre prochaine réunion, je vous ferai le parallèle de la vérole traitée et de la vérole non traitée, je vous montrerai sans peine combien les dangers inhérents à la diathèse peuvent être atténués, amoindris, conjurés par l'intervention de l'art et surtout parl'inlervention de l'art dans les prc-

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